4/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

27 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

3ième étape : Ça déménage
maison Ar..ge
Courant de l’après-midi du 14 avril 2009, Cher Fils et moi devenons propriétaires conjoints d’une maison dont il est convenu que nous laissons la jouissance à son ex propriétaire jusque fin juin.
Dans la soirée de ce même 14 avril, Cher Fils, qui est son propre patron et donc un patron exploiteur qui s’oblige à travailler 24 heures/24, 7 jours/7, 365 jours par an (sauf les années bissextiles où il travaille une journée supplémentaire), Cher Fils, un blasphème ambulant pour les économistes, en cette période de crise, avec un carnet de commande rempli (saturé) pour l’année entière, Cher Fils me prévient :
« Si je dois vous véhiculer Roxane et toi jusqu’à la maison d’Ar..ge il faut prévoir ton déménagement au plus tard le 22 ou le 23 juin sinon mon planning de travail ne me laissera plus d’opportunité avant la deuxième quinzaine de juillet. »
Outre le fait avéré qu’il n’est absolument pas envisageable de voyager avec Roxane en empruntant les transports en commun, il y a également autre chose que je veux éviter dans la mesure du possible, c’est vivre avec elle un autre 14 juillet à M-les-C.
Le chemin de croix du gars Jésus Christ, c’est un parcours idyllique semé de pétales de roses comparé à une période de 14 juillet vécue à M-les-C. en compagnie de Roxane.
feu artifice Qu’elles soient provoquées par l’orage ou de simples pétards, les déflagrations traumatisent Roxane. Un traumatisme qui se traduit par une terreur indicible. Or la municipalité de M-les-C. offre son feu d’artifice à proximité de mon appartement et les enfants de la résidence où j’habite se font une joie de faire claquer des pétards dès les premiers jours des vacances scolaires.
Inutile de chercher à faire faire une promenade hygiénique à ma chienne quand le tonnerre gronde ou quand les fusées du feu d’artifice claquent. Paniquée, elle se terre dans le plus petit recoin possible avec, sans doute, l’illusion que plus elle se tasse sur elle-même moins le danger a de possibilité de l’atteindre.
Pour toutes ces raisons, je veux donc déménager au plus tard le lundi suivant le dernier week-end de juin, c’est-à-dire le 22.
Je suis du genre prudent. Afin d’éviter tout problème de disponibilités des entreprises spécialisées en déménagements quant à la date souhaitée pour la prestation, je procède à des demandes de devis dès les premiers jours de mai.
Comme seulement 3 heures de trajet effectué avec un véhicule motorisé séparent mes actuel et futur lieu de domicile, il m’a semblé évident qu’une journée suffirait pour effectuer le déménagement. C’est dire ma stupéfaction quand toutes les entreprises sollicitées pour un devis me récitent le même credo :
« On arrive le matin aux environs de 08 heures/ 08 heures 30.
- Au vu de ce qui est à emporter, normalement, sur le coup de midi/treize heures au plus tard, tout est chargé.
- Le camion arrivera à destination dans la soirée et le lendemain le déchargement se fera à partir de 08 heures »

Bon, d’accord, je sais que les 35 heures créent des obligations aux employeurs mais là, dans ce cas précis, est il normal que tant d’heures soient inexploitées ? N’est ce pas aberrant ?
Parce que, logiquement, pour peu qu’il parte sitôt chargé, le camion doit arriver à destination au milieu de l’après-midi. Alors pourquoi l’immobiliser pendant au moins 16 longues heures sans raison précise ?
Effarée par ce qui me semble être une incohérence flagrante, je tente bien d’obtenir quelques explications à propos de ce planning fantaisiste. Le regard condescendant des « spécialistes » me dissuade très vite d’insister et, plutôt que regimber inutilement, je m’emploie à prévoir mon emploi du temps (Pas la peine de hurler à cause de la redondance ; elle est volontaire) pour meubler ma disponibilité pendant cet après-midi à passer dans un appartement vidé de tous ses meubles. Je vais tout simplement procéder à une grande opération de nettoyage pour que tout soit clean lorsque les nouveaux propriétaires prendront possession des lieux.
On remarquera, au passage, mon caractère … optimiste puisque, début mai, je n’ai toujours pas trouvé acquéreurs pour mon appartement.
Cher Fils se moque bien que les entreprises de déménagement perdent leur temps et donc leur argent en pratiquant un planning aussi loufoque mais peste d’importance car l’absurdité de ce programme provoque un effet boomerang qui a pour résultat de lui faire perdre son temps à lui aussi même s’il a toujours la possibilité de travailler sur son ordinateur portable pendant tout le long après-midi que nous allons devoir attendre.
marre Il peste aussi parce que le déchargement programmé le lendemain à 08 heures va nous contraindre à prendre la route au plus tard à 4 heures 30 ; ignorant si Roxane, dont le passé nous est inconnu, a déjà parcouru de longues distances en voiture, il préfère envisager des arrêts obligés et j’ai beau lui certifier que Roxane se tiendra coite pendant le trajet, il ne se sent pas plus tranquillisé pour autant.
Encore une preuve de mon incurable optimisme car pour peu qu’un orage se déclenche lorsque nous serons sur la route et le parcours risque de prendre des allures de film catastrophe avec une Roxane rendue hystérique par la peur.
Autant dire qu’il juge inutile même de se coucher, lui qui ne rejoint jamais son lit avant deux ou trois heures du matin (oui, ben pas la peine de ricaner que j’ai prétendu plus haut qu’il travaillait 24 heures/24. Sachez que, lorsque Cher Fils roupille, son cerveau continue à bosser. Et vlan !), et il ne décolère pas même quand je lui transmets l’invitation à souper de gentils voisins qui nous évitent ainsi un programme resto après une collation sandwichs obligée le midi.
À partir de ce jour de fin mai où l’entreprise de déménagement dont j’ai accepté le devis me livre des cartons, ma vie prend une allure fébrile.
Ce ne sont pas seulement les affaires personnelles que j’ai accumulées pendant 26 ans qu’il m’appartient d’emballer (les livres, CD et babioles demandent autant de cartons à eux seuls que mes vêtements et le linge de maison) mais également les livres comptables archivés sur une vingtaine d’années des deux précédentes sociétés de Cher Fils, les livres et classeurs comptables archivés sur une douzaine d’années et en cours de l’actuelle société de Cher Fils plus trois cartons uniquement pour ses BD et encore plus pour nos K7.
Les pièces rétrécissent à vue d’œil au fur et à mesure que j’empile, se transforment en labyrinthes lorsque les forces me manquent pour soulever les cartons.
Il faut dire que l’espace était déjà compté avec tout ce que Cher Fils a stocké de son côté dans mon F3 faute de place dans son studio (surtout des livres et du matériel informatique) et qu’il emballera pendant le week-end précédant le jour du déménagement.
Je ne regrette pas d’avoir choisi le service optimal proposé par l’entreprise de déménagement laquelle aura la charge d’enlever sur des portants les vêtements déjà sur cintres ainsi que l’emballage de la vaisselle et de tous les objets fragiles.
Je ne vous dis pas le nombre d’objets que j’ai gardés, bien rangés, pendant ces 26 ans (au début parce que ‘on ne sait jamais ; ça peut toujours servir’ ; ensuite parce qu’ils ont été oubliés) et que je vais jeter dans les poubelles maintenant parce que je recouvre une éphémère lucidité.
Pour varier les plaisirs, quand je ne remplis pas les cartons, je m’affaire à procéder à toutes les démarches obligées que provoque un déménagement : modifier des assurances, en contracter de nouvelles, veiller à faire suivre le courrier,…
Pour ajouter du piment, il convient également de transférer le siège social de Cher Fils.
Comme je tiens sa comptabilité, l’adresse de mon appartement était utilisée comme adresse de siège social de son entreprise pour des raison de commodité. Il convient maintenant de transférer l’adresse du siège social de son entreprise à son adresse personnelle au Mans.
cartons Je barbote donc frénétiquement entre cartons et paperasses.
Par chance, il fait un superbe temps estival le 22 au matin lorsque tous les cartons, remplis, fermés, scotchés, au garde à vous en rangs serrés, attendent les déménageurs.
Courant de la semaine passée, j’ai fait mes adieux à mes ami(e)s du parc (qui perdent avec moi une inépuisable source de rumeurs infondées), à ma toubib (dont j’ai été la première cliente pas du tout effrayée de livrer mon corps et ses misères à cette femme terrrrrrrrrrrrrriblement jeune, terrrrrrrrrrrrrrrrrrrriblement inconnue que j’abordais alors qu’elle……….. passait la serpillière sur le carrelage de son cabinet de consultation), à mon ophtalmo qui a participé activement à mes journées d’angoisse après mon opération de la cataracte (au fait, ça va beaucoup mieux ; je dirai même que tout est rentré dans l’ordre. Merci de vous en inquiéter), au gardien de la résidence que j’aurais volontiers emmené dans mes bagages (le gardien, pas la résidence ; arrêtez de vous perdre sans cesse dans mes énumérations) avec femme et enfant si le loto de la Loterie Nationale qui donne ses chances à tout le monde sauf à moi n’avait pour habitude de me faire gagner, 2 à 3 fois l’an, environ 5,80 euros pour 6,00 misés.
Nous attendons les déménageurs de pied ferme.
J’ai choisi une entreprise dont m’ont dit le plus grand bien des ex-voisins - toujours et plus que jamais amis - qui ont fait appel à ses services lorsqu’ils sont partis habiter en Haute Normandie il y a maintenant deux ans et où (pour ceux que ça intéresserait), depuis deux ans, ils s’occupent principalement à nourrir les moineaux et écureuils locaux.
Je ne regrette pas d’avoir suivi leur conseil lorsque je vois s’activer déménageur Chef et ses trois acolytes avec autant de célérité que d’efficacité - et vice versa.
camion déménage À midi tapante, mes 26 dernières années d’existence sont arrimées dans le camion et, comme je suis la cliente - et donc celle qui paye la facture - négligeant Cher Fils, c’est auprès de moi que déménageur Chef s’enquiert :
« Et maintenant , comment prévoyez-vous la suite du programme ? »
Question qui me surprend car il me semble évident que son entreprise lui a donné des directives.
Néanmoins, je lui réponds qu’il m’a été clairement expliqué par sa direction que le déchargement est prévu pour le lendemain à partir de 08 heures et que nous mêmes partirons dans la nuit afin d’être sur place au moment de leur arrivée.
Chef me dévisage d’un air ébahi et croasse :
« C’est ce que vous a dit le patron ? »
Je confirme et lui - réussissant la performance de continuer à me dévisager - tout en affectant l’air de quelqu’un qui contemple une demeurée - mais sans se départir d’un certain respect – tonne en direction de son équipe :
« C’est bien ça les patrons ! Y’en a pas un pour avoir un peu de jugeote !
- Non mais, vous vous rendez compte, les gars, qu’on est sensé se croiser les bras jusqu’à demain matin alors qu’on est à tout juste 250 km du lieu où on doit faire le déchargement ! »

choeur Rugissement, vrombissement, glapissement, grincement, hululement, du chœur des déménageurs :
« Ça n’a aucun sens ! On va pas rester à glander comme des cons, quand même ? En partant maintenant, on y est dans 3 heures maximum, on décharge et on est de retour ce soir. Ça serait vraiment trop crétin de suivre le programme du boss alors que si la dame est d’accord on peut tout terminer dans la journée. »
Fort de cet appui, Chef sollicite : « Qu’est ce que vous en dites ? Vous aussi, ça vous fera gagner du temps, hein ? »
Il a pris soin, cette fois de s’adresser tout autant à moi qu’à Cher Fils mais ce dernier, d’un tempérament pourtant peu rancunier d’habitude, fait mine de se désintéresser totalement de la discussion en guise de rétorsion pour avoir été ostensiblement ignoré jusqu’alors.
Bien évidemment, j’ai envie d’abonder dans le sens de déménageur Chef mais deux points me chiffonnent que je m’empresse d’exprimer :
« Même si je suis d’accord avec le principe, j’émets deux réserves avant de prendre une décision.
- En effet, comme nous ne devions partir que dans la nuit, nous sommes invités à souper par des voisins qui habitent l’étage au-dessous et s’ils ont fait des achats ou des préparatifs, il est hors de question que nous leur fassions faux bond. Je vais donc aller les voir immédiatement pour savoir à quoi m’en tenir.
- Ensuite, comme je devais attendre tout un après-midi dans un appartement vide, j’avais prévu de procéder à un grand nettoyage ce qui me sera impossible si je pars de suite. Alors, je veux que vous me laissiez le temps de passer l’aspirateur afin de ne pas offrir la vision de lieux inhospitaliers aux futurs propriétaires. »

    (Pour être franche, ça c’est la version littéraire ; en réalité, je ne cause pas aussi bien que ça)

Mes voisins me rassurent qui n’ont pas encore fait leurs courses et me prêtent fort obligeamment leur aspirateur puisque le mien roupille comme un bienheureux dans le camion des déménageurs.
L’aspirateur de mes voisins ne se formalise pas de se voir ainsi prêtée à une inconnue et c’est avec une remarquable diligence qu’il suce, aspire, digère tout ce que je présente à sa voracité.
Un peu plus tard, un bisou sur la joue de mon gardien de résidence et nous voilà partis.
Roxane est angélique pendant tout le trajet tandis que Cher Fils et moi discutons de l’aménagement de notre future demeure et nous arrivons devant la maison en même temps que les déménageurs lesquels, quoique amputés de deux des leurs, déchargent, transportent cartons et mobilier, ré assemblent les armoires, avec toujours autant de célérité, et (apparemment) sans rien casser, dans la joie et la bonne humeur.
À dix-sept heures, la facture réglée, ils nous quittent et nous prenons possession de NOTRE maison.
cartonsss Que croyez-vous que nous faisons ensuite jusque tard dans la soirée ? Et bien nous nous activons à vider les cartons, bien sûr.
Puis après une rapide collation, Cher Fils qui ne pourra dormir dans sa chambre au rez-de-chaussée que lorsque j’aurai acheté la literie indispensable (sommier et matelas), regagne son studio, Roxane se laisse choir sur sa couverture posée près du canapé dans le séjour, et moi je dirige mes jambes flageolantes en direction de mon lit.

———
Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
feu d’artifice : http://fr.bestgraph.com/gifs/
cri “Y’en a marre” : http://misstic9.centerblog.net/
piles de cartons : http://mumuland.centerblog.net/
camion déménagement : http://www.gifsmaniac.com/
chœur déménageurs : http://www.sur-la-toile.com/

3/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

22 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

2ième étape : Immobilier bilieux
vin fete skieur
Faut vraiment être stupide pour signer un compromis de vente un 13 décembre.
Un 13 décembre, les français ne pensent qu’à un tiercé gagnant : les agapes familiales obligées de Noël, celles non moins obligées du Jour de l’An auxquelles ils se sentent obligés de sacrifier avec des amis, et leurs sacro-saintes obligatoires vacances d’hiver.
Les conseillers financiers des organismes de crédit n’échappent pas à la règle qui vous accordent généreusement un premier rendez-vous à partir du 10 janvier.
Faut vraiment être de parfaits crétins pour signer un compromis de vente un 13 décembre ; Chers Fils et moi sommes de stupides crétins qui signons un compromis de vente le 13 décembre 2008.
Eulalie, « agente » immobilière et responsable du compromis de vente qui nous engage, Cher Fils et moi, à acheter une maison, se fait un devoir de se rappeler à mon bon souvenir sous prétexte de me présenter ses vœux de bonne année. Elle ne manque pas de me signaler qu’avec un premier rendez-vous seu… eu… eu… eu… eu… eulement à partir du 10 janvier, il ne nous restera plus que 17 jours pour monter nos dossiers et obtenir les réponses des organismes de crédit.
Comme vœux, j’ai déjà eu mieux. Même ceux de mon député et du maire de ma commune, uniquement dictés par l’intérêt que représente une électrice potentielle, sont plus agréables à recevoir.
Foin de la prodigalité ! Je n’ai pris contact qu’avec trois organismes de crédit.
D’abord parce que le temps nous manque pour en rencontrer plus. Ensuite parce que ces établissements là boulottent le papier avec une voracité phénoménale. À peine leur ai-je fourni la copie du document, du justificatif demandés, ils réclament la copie d’un autre document, d’un autre justificatif.
C’est insupportable.
Insupportable pour l’amoureuse des arbres que je suis. La fabrication de papier est l’une des conséquences de la déforestation.
e-mail Insupportable parce que chaque copie demandée peut être envoyée par e-mail mais prend un temps considérable pour l’obtenir en scannant le document.
Insupportable parce que j’ai l’impression de vivre une version paperassière du tonneau des Danaïdes.
Je suis bien obligée de supporter l’insupportable.
Et puis, coup de grâce qui n’a rien de gracieux, voilà t’y pas que ces fichus organismes de crédit usent de chantage pour seulement étudier ma demande de prêt relais ! Ils exigent la preuve que j’ai bien mis mon appartement en vente et cette preuve je ne peux l’obtenir qu’en signant un contrat d’exclusivité avec une agence immobilière.
Un contrat d’exclusivité c’est trois mois de perte de liberté. Horreur ! Moi qui n’ai même pas supporté l’exclusivité qu’imposent les liens du mariage !
Bon. Quand y a pas moyen d’esquiver, autant se faire une raison. Et, asticotée sans trêve par Eulalie qui menace déjà de sonner l’hallali, j’ai intérêt à faire preuve de raison : « La propriétaire s’impatiente. Je vais devoir chercher d’autres acquéreurs pour sa maison. »Traduction sous-entendue : « Si vous ne vous magnez pas le train, j’annule le compromis de vente, vous pouvez faire une croix sur la maison, et vous devrez quand même me payer ma commission de 12.000 euros. »
Que de hargne ! Le délai requis pour obtenir une réponse des organismes de crédit n’est jamais dépassé que de 4 petits jours.
Je signe donc le contrat d’exclusivité avec l’une des agences, la plus proche de chez moi, l’illustre 100TU smiley rit xx qui a fait une estimation plutôt coquette de mon appartement le mois de juillet précédent.
L’organisme de crédit est satisfait qui m’accorde le prêt relais et, dans la foulée, accorde à Cher Fils l’emprunt sollicité. Moi, je vais disposer de 90 jours pour regretter d’avoir choisi cette agence.
En trois mois l’illustre agence immobilière 100TU smiley rit xx fait visiter mon appartement à 4 ? 5 ? chercheurs d’un bien à acheter.
Et qu’est ce qu’ils disent aux visiteurs pour leur donner envie d’acquérir le bien présenté, les agents immobiliers de 100TU smiley rit xx ?
« Ici vous avez le séjour.
- Là vous avez la cuisine.
- Cette porte donne sur les wc… »

Y’ a pas à dire, ils ont dû faire de sacrées études dans les écoles commerciales les plus réputées pour émettre des arguments de vente aussi percutants.
Je reçois des comptes-rendus de visite… 3 semaines après (La Poste achemine le courrier de plus en plus lentement) et si le style laconique était primé, 100TU smiley rit xx aurait la médaille de l’excellence.
Je vous laisse juges : Compte-rendu de visite du ../3/2009 : trop cher.
Pas la peine de vous citer les autres, ce serait du plagiat.
« Vous en demandez trop ! » Critiquent les agents d’élite de cette agence d’élite qui oublient un peu vite que ce sont eux qui ont fait l’estimation de mon bien.
« Il faut revoir votre prix de vente à la baisse sinon vous n’avez aucune chance de trouver acquéreur. » Sermonnent les agents d’élite de cette agence d’élite qui considéreraient comme un crime de lèse-majesté de rogner sur leur commission.
arcades C’est finalement une modeste agence immobilière, conseillée par mon ami Le Chat, appelée à la rescousse (c’est l’agence qui est appelée à la rescousse, pas mon ami. Eh, faut suivre les copains !) dès que l’exclusivité est arrivée à son terme qui trouvera des acquéreurs dans le mois qui suit.

    (Bon, d’accord le style de ma phrase est un peu lourdingue. Mais je n’ai jamais prétendu au prix Fémina non plus. Et vous pouvez vous dispenser de commenter que, de toute façon, il ne m’aurait pas été attribué.)

Il faut dire que le rythme des visites est nettement plus intensif et les acquéreurs autrement dynamisés par un agent immobilier pétillant comme du Vin de Champagne.
À ce moment de cette narration, palpitante, je sais, soyez sympas et en dépit de votre envie dévorante de connaître la suite de mes aventures immobilières, accordez-moi le droit à un interlude pour vous parler de mon ami Le Chat qui a son importance dans ma vie et dans ce récit.
D’abord, il vous faut savoir que Le Chat n’est pas un chat mais un homme.
Un homme sain tout autant physiquement que moralement.
Un homme d’autant plus plaisant qu’il ignore être séduisant. Séduisant physiquement, sans être un Apollon, à cause de sa prestance et de sa physionomie avenante qui lui confèrent un aspect des plus agréables. Séduisant moralement parce qu’il a le sens de l’humour, de la répartie, de la beauté, parce qu’il est curieux de tout et surtout des autres sans a priori et sans jugement, parce qu’il sait écouter et ne conseiller que lorsqu’il est sollicité, parce qu’il est serviable sans être béni oui-oui, parce qu’il sait surprendre par un trait caustique jamais méchant et toujours drôle.
Je n’ai jamais eu d’ami appartenant au sexe masculin avant de connaître Le Chat (il faut dire que, jusqu’à une date encore proche, les hommes ne m’intéressaient pas en tant qu’amis) et j’ai bien de la chance que cet homme là m’ait accordé son amitié.
Pendant les presque 4 mois pendant lesquels j’ai espéré des acquéreurs pour mon appartement dans un contexte ultra défavorable (la crise financière terrorisait les acheteurs, les vagues de licenciements les refroidissaient, les nouvelles de récession les rebutaient), 4 mois trop longs, 4 mois trop courts, pendant lesquels j’ai vécu des moments de doute, des moments d’espoir, plus souvent encore des moments de découragement, Cher Fils ne m’était d’aucune aide. Non pas par indifférence mais trop occupé par un planning de travail terriblement intensif.
C’est mon ami Le Chat qui m’a prêté une oreille compatissante, qui m’a soutenue moralement, qui m’a insufflé l’énergie dont j’avais besoin pour ne pas sombrer dans un état dépressif engendré par les incertitudes.
On parle d’ange gardien. Avec un ami comme mon ami Le Chat, un ange gardien est totalement obsolète.
Mais que j’en revienne à ma saga immobilière ou plutôt que je revienne à ce passage où je vous disais : « L’organisme de crédit est satisfait qui m’accorde le prêt relais et, dans la foulée, accorde à Cher Fils l’emprunt sollicité. »
C’est qu’on était rudement contents, Cher Fils et moi !
Le hic, c’est qu’on n’a pas été contents longtemps.
smiley pleuresmiley pleure
Oui, da, l’organisme de crédit lui accordait l’emprunt sollicité (- et c’était une sacrée victoire quand on sait la méfiance des banquiers vis-à-vis des artisans, des indépendants, de tous ceux qui ne leur offrent pas des garanties palpables -) MAIS l’assureur de l’organisme de crédit refusait d’assurer Cher Fils au prétexte qu’il a UN antécédent médical suspicieux.
Pour tout vous dire, un tout bête neuroblastome olfactif opéré en l’an 2000 qui l’a obligé à accepter l’hospitalité d’un lit… d’hôpital (justement) pendant 3 jours. Épisode de sa vie qu’il avait totalement oublié, c’est vous dire l’absence de toute séquelle.
Pour résumer, c’est très exactement comme si un assureur refusait toute protection à un footballeur professionnel en exercice qui se serait tordu la cheville quand il était gamin.
L’ironie de l’histoire, c’est que l’organisme de crédit nous certifie que l’emprunt est bel et bien accordé mais que Cher Fils ne peut en bénéficier sans la caution d’un assureur.
Pendant ce temps, Eulalie continue à me harceler allègrement pour fixer la date de signature chez le notaire de la vendeuse :
- les crédits nous ont été accordés
- la déontologie veut que la signature devant notaire ait lieu dans les trois mois suivant l’acceptation du compromis de vente
- nous avons donc obligation de fixer ce rendez-vous avant la fin du mois de mars.
- Et il n’existe aucune raison pour le retarder… N’est ce pas ?
Ce « N’est ce pas ?» qui se veut frivole résonne contre mon tympan comme un marteau sur une enclume tant il contient des tonnes de doutes inexprimés.
Son impatience est d’autant plus exacerbée que motivée par la perspective d’empocher 12.000 euros.
Il va de soi que je me garde bien de lui avouer les problèmes auxquels nous nous heurtons.
J’invoque les obligations professionnelles de Cher Fils pour demander un rendez-vous chez le notaire soit après 19 heures, soit le samedi - sachant très bien que ni l’un ni l’autre ne sont envisageables - ou les premiers jours d’avril puisque son planning ne lui permet pas de se libérer plus rapidement.
Eulalie renâcle, Eulalie râle, Eulalie tempête, mais Eulalie n’a plus beaucoup de moyens de pression à ce stade. Quelques jours de retard pour un rendez-vous chez le notaire ne justifieraient pas l’annulation d’un compromis de vente. Surtout quand la vendeuse a sollicité de rester sur les lieux jusque fin juin. ouf vieille ! Je parviens à gagner un peu de temps
Grâce soit rendue à ma courtière d’assurances qui se décarcasse pour obtenir une assurance de substitution, qui se démène pour convaincre l’organisme de crédit d’accepter cette compagnie d’assurances désavantagée par deux handicaps majeurs. Elle est totalement méconnue et affligée d’un nom à consonance fantaisiste.
Nous voilà sauvés.
Le hic bis, c’est qu’il faut recommencer toute la procédure de demande de crédit, avec presque les mêmes délais. Conséquence : il serait vain d’espérer percevoir le montant de nos emprunts avant le 07 avril.
Le hic ter (que je pourrais tout aussi bien écrire ictère), c’est qu’un virement émis le 07 avril par l’organisme prêteur a fort peu de chance d’être crédité avant le 10 avril sur le compte bancaire de mon notaire.
Il est donc de la première importance que la signature chez le notaire de la vendeuse soit fixée après le week-end de Pâques. Et entre la fin mars qui obsède Eulalie et le week-end de Pâques qui se situe presque à mi avril cette année, la marge est considérable.
Qu’est ce que je vais bien pouvoir raconter à Eulalie ? Comment faire passer la pilule ?
C’est mon clerc de notaire qui vient à ma rescousse et joue les entremetteuses avec son confrère de la Sarthe pour décider un rendez-vous l’après-midi du 14 avril, lendemain du lundi férié de Pâques. Plus tard, ce n’est pas possible ; la vendeuse a pour projet de partir en vacances le 15 avril.
Eulalie est bâillonnée. Eulalie est neutralisée.
Vous croyez qu’on arrive à la fin de l’histoire ?
Que nenni mes jolis.
Y’a toujours des rebondissements. Les aventures de Michel Strogoff ou Indiana Jones, à côté, c’est gnan gnan et compagnie.
Vous n’allez pas le croire et pourtant c’est authentique.
Le mercredi 08 avril, mon clerc de notaire m’informe avoir envoyé un fax à l’organisme de crédit (j’ai peut être oublié de vous dire que ces gens là, comme bien des organismes - que je ne citerai pas vous laissant le plaisir de les découvrir - ne répondent jamais au téléphone) pour demander le virement correspondant aux montants des prêts qui nous ont été accordés. Pour toute réponse elle a reçu, en retour, un fax du service financier ainsi rédigé : « Le dossier n’est pas conforme. »
Pour du laconisme… Z’ont dû suivre les mêmes cours dans les mêmes écoles de communications que l’agence 100TUsmiley rit xx.
Allez donc savoir les raisons qui motivent cette réponse puisqu’il est impossible de les joindre par téléphone ! Puisqu’ils ne répondent même pas aux fax qui sollicitent une explication !
J’envoie illico un mail à la commerciale qui a traité notre dossier pour l’appeler au secours. Elle a la chance de parvenir à joindre son service financier…. l’après-midi du 09 avril.
Traduction du fax envoyé par le service financier : la personne qui suit notre dossier chez eux est en vacances et des pièces manquent au dossier ; des attestations que nous devions produire, datées et signées et les justificatifs d’assurance.
Si elles manquent, c’est forcément parce que nous ne les avons pas envoyées. Inutile de chercher à les persuader que ces documents ont bel et bien été envoyés puisque je ne peux en apporter la preuve (et pour cause, ils refusent les envois en recommandés). Inutile de chercher à les convaincre que ces documents ont peut être été simplement mal classés. Ils ne figurent pas au dossier donc le virement ne peut être effectué.
Ô rage, ô désespoir, ô fatalité ennemie, n’aurai-je donc tant trimé que pour cette ultime avanie ?
sous pression
Gentille commerciale me dit avoir des rendez-vous le lendemain matin - qu’elle ne peut remettre à une date ultérieure - mais se propose de passer dès le début d’après midi au service financier (à 30 km de son lieu de travail), de m’apporter les documents à signer puis de les remmener au service financier avec les justificatifs d’assurance (40 km aller et retour), de prendre le chèque que lui remettra le service financier pour le porter à mon étude notariale (25 km), pour enfin repartir à son lieu de travail (15 km).
Slalomer parmi les véhicules sur les routes saturées de la région parisienne un vendredi après-midi, veille d’un week-end de Pâques, représente un exploit digne du livre des records. Super women gentille commerciale accomplit cet exploit.
Son périple commencé vers les 13 heures l’amènera à plus de 18 heures 30 devant l’Étude notariale dont elle trouve,bien évidemment, la porte close.
Comme il a été convenu entre elle et mon clerc de notaire pour ce genre de situation, elle glisse donc le chèque dans la boîte à lettres. Il va y rester jusqu’au mardi matin puisque le lundi de Pâques est férié.
Le mardi 14 avril à 09 h 30, (j’ai patienté 30 minutes histoire de ne pas avoir l’air de jouer les pointeuses patronales), j’appelle mon clerc de notaire pour m’assurer que le chèque a bien été récupéré dans la boîte à lettres.
NON. Elle ne l’a pas encore ; le notaire est en vacances, sa secrétaire, détentrice des clés de la boîte à lettres pendant son absence n’est pas encore arrivée.
Elle n’est toujours pas arrivée à 10 h 15 ni à 11 heures 10, ni à 11 heures 55 me répond la standardiste (je n’ose plus déranger le clerc de notaire).
Je n’ose pas déranger mon clerc de notaire mais n’hésite pas à me lamenter auprès de la standardiste qui m’accorde une oreille d’autant plus complaisante que les appels téléphoniques ne se bousculent pas et que je lui offre une distraction bien venue pour faire passer le temps :
« L’absence de la secrétaire va avoir des conséquences très très très ennuyeuses.
- Pour ne pas avoir pu récupérer un chèque dans la boîte à lettres, nous allons devoir reporter la signature chez le notaire du Mans à une date ultérieure qui sera forcément lointaine car la propriétaire de la maison d’Ar..ge part en vacances dès demain.
- Elle doit bien avoir un téléphone portable, cette secrétaire. Tout le monde a un téléphone portable de nos jours (même moi qui était résolument contre, c’est dire). Est-ce qu’il n’est pas possible… »

(C’est à moi, cette voix pleurnicharde ?)
L’exclamation de la standardiste guillotine ma logorrhée :
« Mais j’ai un jeu de clés, moi ! La secrétaire m’en a confié un pour le cas où elle serait empêchée de venir. Je vais aller vous le chercher votre chèque ».
Le chèque atterrit sur le bureau de ma clerc de notaire sur le coup de midi et… Les banques étant fermées pour cause de casse-graine, le transfert de fond est fait dès 14 heures et je peux rassurer Cher Fils que j’ai tenu régulièrement informé de cette accumulation de péripéties.
Lorsqu’ils se réuniront cet après-midi du 14 avril, le notaire de la vendeuse, la vendeuse, et la commerciale de l’agence intermédiaire de vente ignorent et continueront à ignorer que le rendez-vous a failli ne pas avoir lieu.

———–
Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
Fête arrosée : http://www.icone-gif.com/
le skieur : http://www.clipart-fr.com/
e-mail : http://www.atelier-duotang.com/
sous pression : http://kd2r.centerblog.net/

2/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

18 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

1ère étape : Achat de la maison ; le choix m’échoit
Sarthe chien berger Val d\'Oise
Je ne sais pas à quoi sont confrontés les gens « normaux » qui achètent une maison (épouse avec mari, concubin et sa concubine, pacsés, fonctionnaires, employés de bureau, vigiles,…), toutes personnes partageant un même lieu de vie ou célibataires, mais, pour Cher Fils qui demeure au Mans et moi en région parisienne, la recherche d’une maison qui nous convienne à tous deux n’est pas simple.
C’est d’autant moins simple qu’il n’est absolument pas envisageable que j’emprunte les transports en commun avec Roxane (ma chienne) ce qui restreint bigrement - pour ne pas dire contrecarre carrément – mes possibilités de visites des maisons proposées à la vente.
Roxane est la plus affectueuse des chiennes et, si j’ignore son passé, j’ai l’expérience de son caractère présent et je peux vous assurer que ce n’est pas le genre de « toutou » qu’on peut trimballer avec soi n’importe où et surtout pas dans les transports en commun.
Roxane, c’est la plus froussarde des chiennes qui se cacherait dans un trou de souris, si elle le pouvait, dès qu’éclate un pétard ou que gronde l’orage.
Roxane, devient totalement hystérique, tire sur sa laisse à m’en décrocher les bras, à s’en étrangler ce qui ne l’empêche pas d’aboyer furieusement après tous les camions qui circulent, les trains qui roulent, les poussettes poussées par des dames qui cheminent, les ballons qui volent, les chiens qui déambulent, les chevaux qui caracolent,…
De manière plus attendrissante, Roxane est totalement perdue et me cherche désespérément même quand je ne suis pas éloignée de plus d’une trentaine de mètres. Faut dire qu’elle voit aussi bien que moi lorsque je ne porte pas de lunettes et, croyez-moi, ça ne nous mène pas loin.
De manière plus touchante, Roxane c’est aussi 19 kg d’affection qui quémande les câlineries et se montre d’une patience prodigieuse avec les enfants et les vieux chiens.
Plus drolatique, Roxane, c’est le genre Rantanplan qui marche en surveillant constamment ses arrières et se cogne à toutes les poubelles qui encombrent les trottoirs.
maison home Quand, au mois de juin de l’année 2008, Cher Fils et moi décidons d’acheter conjointement une maison, il est convenu que, puisque je ne peux voyager, lui, Cher Fils, cherchera la maison susceptible de nous convenir à tous trois (Roxane, lui, et moi) et que j’entreprendrai le voyage obligé pour visiter celles qu’il aura privilégiées uniquement pour aller vérifier l’excellence de son choix.
Il est également entendu qu’il restera alors à l’appartement pour y garder Roxane pendant que j’effectuerai le déplacement en utilisant les transports en commun.
Dès le début du mois de juillet, je commence par faire estimer mon appartement afin que nous puissions déterminer le budget qui nous sera nécessaire. Évaluation indispensable pour solliciter les emprunts essentiels auprès des organismes de crédit.
Début octobre (et oui, trois mois après ma demande d’estimation. Mais quiconque a cherché à faire travailler des français pendant les mois d’été sait qu’il s’agit d’une mission impossible), nous obtenons l’assurance que nos demandes de crédit seront agréées ; moi avec un prêt relais sur la vente de mon appartement, Cher Fils avec un emprunt à la hauteur de nos espérances compte tenu des bénéfices réalisés ces trois dernières années par son entreprise.
Aurais-je omis de vous dire que Cher Fils est un as ? ahah
Les médias commencent bien à évoquer une crise financière qui semble pointer le bout de son nez mais avec une telle tiédeur que, connaissant leur fougue pour exagérer le plus petit événement, leurs propos n’ont réellement rien d’alarmant.
Et puis, j’ai d’autres préoccupations ; il devient urgent que je me fasse opérer l’œil droit de la cataracte si je ne veux pas devenir borgne et j’appréhende l’intervention quand bien même mes amis me répètent qu’il s’agit d’une opération des plus banales.
N’en déplaise à mes amis, je suis persuadée que l’intervention ne sera pas aussi cool qu’ils se complaisent à le croire. Je souffre du syndrome de Gougerot-Sjögren (populairement connu sous le nom de la maladie des yeux secs) et il m’étonnerait que ce fichu syndrome ne complique pas une banale opération.
Ensuite, même si mon hospitalisation ne doit pas excéder 48 heures, il me faut trouver une famille d’accueil pour Roxane.
Depuis que mon ophtalmo a pris rendez-vous pour le 17 novembre, je n’ai plus qu’une envie, me défiler… Et je sais que je ne le ferai pas ; je suis le genre de crétine à toujours affronter les situations, aussi épouvantables soient elles.
Je n’ai pas longtemps à me soucier du sort de Roxane. J’ai la chance d’avoir de merveilleuses copines et l’une d’elle se propose pour me la garder le temps de mon hospitalisation.
Évidemment, Cher Fils déniche la maison idéale l’avant-veille du jour où je dois entrer en clinique et se voit contraint d’engager une véritable entreprise de séduction pour convaincre « l’agente » immobilière de patienter en attendant ma visite qu’il est impossible de prévoir avant les premiers jours de décembre.
Évidemment, si l’intervention chirurgicale se déroule sans anicroche, la suite est beaucoup moins satisfaisante.
Je suis entrée dans la clinique un dimanche en soirée pour éviter de devenir borgne ; je sors aveugle de la clinique un mardi en fin de matinée.
Bon, d’accord, j’exagère et je ne suis pas totalement et définitivement aveugle. Mais je suis quand même fichtrement handicapée par un œil droit victime d’une tension si démesurée qu’elle l’ empêche de visualiser. Ce qui est quand même son travail d’œil, non ?
Et c’est à bon escient que j’emploie l’adjectif démesuré ; la tension est tellement intense qu’elle foudroie et décime tous les tensiomètres qui osent la braver. Une véritable hécatombe. Si on s’obstine, la Sécurité Sociale va m’accuser d’actes terroristes envers le matériel médical.
Impossible de voyager en empruntant les transports en commun dans ces conditions.
Il le faudra bien, pourtant. « L’agente » immobilière - que je vais baptiser Eulalie pour la commodité du récit - s’impatiente et décide que dès la mi-décembre, le charme de Cher Fils ne suffira pas à l’empêcher d’aller courtiser d’autres acquéreurs.
TGV Rendez-vous est donc pris pour le 13 décembre et même sachant que je vais voyager avec le TGV ce qui, pour moi, sera un baptême du ferroviaire, cela ne me rend pas la perspective du déplacement plus sympathique.
Il bruine quand Eulalie m’accueille à la sortie de la gare.
La maison que je dois visiter se situe à Ar..ge, à un quart d’heure (motorisé) de la ville. Comme je n’ai pas de voiture, Eulalie s’est proposée à me véhiculer.
Une maison visitée en hiver, quand elle n’est pas située en région de montagnes, ne peut vous montrer que son aspect le moins engageant.
En dépit de mon œil invalide, celle-ci me plaît, cependant, dès que je la découvre.
Elle est pourtant des plus banales, campée au milieu d’une rue bordée de maisons de part et d’autre, bâtie au milieu d’un jardinet clos par une barrière côté rue et d’un grillage à demi dissimulé par des thuyas plantés dans les propriétés voisines sur les trois autres côtés.
Elle est des plus banales mais son intérieur m’apparaît tout à la fois commode et accueillant. Tout comme se montre accueillante sa propriétaire qui ignore superbement nos semelles de chaussures boueuses et nous salue avec le sourire.
Pour abréger (parce que, soyez honnêtes, vous n’en avez rien à ficher des détails concernant cette maison), au rez du sol, l’entrée avec une chambre à main droite, une porte au fond qui donne accès à une très grande surface et une autre plus spécialement destinée à usage de garage, à gauche de la porte d’entrée, un escalier qui mène à l’étage avec ses trois chambres, la salle de bain, les wc, la cuisine et le salon/séjour.
Très certainement pour suivre les suggestions d’Eulalie, un feu flambe dans la cheminée au mitan du mur du salon/séjour. Un conseil fort avisé ; la note de chaleur occulte la maussaderie de la bruine qui crachote contre les vitres.
Je m’applique à garder un visage neutre, tout en examinant chaque pièce (autant que me le permet ma vue déficiente avec un œil qui grésille comme une ligne de haute tension), me contentant de demander des précisions à la propriétaire sur la réalité d’un tout-à-l’égout, sur le coût de l’entretien de la chaudière à gaz, pratiquement neuve, et du chauffage, sur le montant payé pour la dernière taxe foncière,…
maison Arnage En réalité, je sais que j’ai approuvé le choix de Cher Fils et que, déjà, je prends possession des lieux.
C’est le moment que choisit la propriétaire pour exprimer une requête inattendue.
Si Cher Fils et moi achetons sa maison, nous en deviendrons propriétaire fin mars/début avril au plus tard (Ah bon ! Elle en sait plus que moi sur la question) mais serait il possible que nous lui en laissions la jouissance jusque fin juin ?
Tout en lui prêtant une oreille distraire tandis qu’elle me fournit les raisons de sa demande, j’affecte de réfléchir intensément (j’adore jouer la comédie) à la réponse que je vais lui donner… Et que je connais déjà.
En fait, je jubile.
Rien ne me presse pour habiter cette maison et je ne vois que des avantages à répondre favorablement à la demande de la dame qui, pour achever de me convaincre, est en train de me proposer le paiement d’un loyer.
Ce délai va me laisser du temps pour vendre tranquillement mon appartement .
Toutefois, avant de conclure un marché qui va engager notre avenir à ma chienne et moi, il me reste à vérifier la proximité des commerces, des centres médicaux, et, plus important encore, des potentialités de promenades pour Roxane, critères fondamentaux, ainsi que je l’ai dit à Eulalie, pour asseoir ma décision.
Le verbe dire est en l’occurrence un euphémisme. En réalité j’ai seriné, ressassé, rebattu les oreilles d’Eulalie de mes desiderata concernant Roxane :
« Elle a besoin de liberté, d’espace.
- Je veux pouvoir la promener sans sa laisse et donc dans des chemins loin de toute circulation.
- Je tiens essentiellement à ce qu’elle puisse s’ébattre dans un parc, baguenauder dans des bois.
- Est-ce que vous me garantissez que je trouverai tout cela à Ar..ge. ? »

« Je vous le promets » M’affirme t-elle, tout en regrettant :
«C’est dommage que le temps ne s’y prête pas. Autrement, je vous aurais emmenée faire un tour dans les environs. » Et s’adressant à la propriétaire :
« Vous êtes bien d’accord qu’il n’y a pas beaucoup de chemin à parcourir pour trouver un lieu de promenade ? »
« Oh, il suffit de marcher sur une centaine de mètres en tournant le dos à la maison, de traverser un passage à niveau - mais je vous rassure, il y a très peu de passage de trains - et là, il y a des champs pour qui veut promener son chien. »
Certifie cette dernière.
Fine mouche, Eulalie qui n’a pas manqué de remarquer mon froncement de sourcil à l’évocation d’un passage à niveau propose, c’est le cas de le dire… Sur le champ :
« Mais, j’y pense.
- Il y a, à deux pas d’ici, un ravissant petit parc que je peux vous emmener voir si vous êtes prête à braver le mauvais temps.
- En plus, nous passerons devant le cabinet vétérinaire et vous pourrez constater qu’il est vraiment on ne peut plus proche. »

Moi, habituée à être promenée par Roxane qu’il pleuve, neige, vente ou grêle, ce n’est pas un petit crachin qui va m’impressionner et sans pitié pour les fragiles escarpins de « l’agente » et son impeccable brushing qu’elle tente de protéger sous un parapluie, je la laisse m’emmener dans le parc évoqué.
pont parc Il me semble bien riquiqui ce parc auquel on accède par un ravissant pont d’inspiration japonaise et dont la rivière Sarthe fait office de frontière à son extrémité.
« Ce que la pluie nous empêche de voir au fond du parc, ce sont deux chemins de terre qui longent le cours d’eau de part et d’autre et je peux vous assurer que vous avez de bons trajets de promenade le long du fleuve. »
Commente Eulalie qui se hâte de rappeler
« Malheureusement, je ne suis pas assez bien chaussée pour vous emmener plus loin et nous sommes également un peu pressées par le temps puisque vous devez repartir par le TGV à … heures et qu’il nous faudra encore remplir les documents pour le compromis de vente si la maison vous intéresse. »
Naïve que je suis, je m’attendais à des documents remplis, des documents qu’il aurait juste suffit de compléter de l’identité des acquéreurs, des documents que j’aurais eu tout loisir de lire (et de me faire éventuellement expliquer) malgré le handicap d’un œil monté sur ressort.
En réalité, lorsque nous arrivons à l’agence, Eulalie étale des formulaires sur son bureau tout en m’invitant à m’asseoir devant elle et commence à les remplir avec moult hésitations tout comme si elle s’essayait pour la première fois à cet exercice.
Quand elle me déclare qu’il lui faut téléphoner à son chef pour l’éclairer sur un point qu’elle ne comprend pas, je commence à m’inquiéter avec d’autant plus de raison qu’un bon quart d’heure lui a été nécessaire pour noter les renseignements basiques nous concernant Cher Fils et moi (identités, adresses, profession, n° de téléphone), qu’il lui faut encore inscrire les modalités financières prévues avec noms et adresses des organismes de crédit contactés et à contacter, etc. et qu’il ne nous reste qu’un peu plus d’une heure avant le départ de mon TGV.
Je lui demande si je peux aller satisfaire un besoin naturel pendant qu’elle téléphone à son chef. Manque de pot (Le petit plaisantin qui a claironné « de chambre » est prié de se retirer), la secrétaire ne trouve pas la clé du lieu réservé à cet acte intime et suppose que sa collègue l’a emmenée avec elle par inadvertance.
Du coup ce besoin qui s’était signalé discrètement à mon attention devient une envie des plus pressantes que je vais m’appliquer à tente d’étouffer pendant l’heure qui suit en serrant les cuisses.
Eulalie a eu son renseignement pendant un entretien téléphonique qui a duré un autre quart d’heure (dont une dizaine de minutes consacrée à échanger des potins avec chef d’agence) et ahane pour terminer son pensum tout en m’annonçant, avec une désinvolture qui me donne envie de lui faire subir une strangulation en bonne et due forme, l’obligation de photocopier en trois exemplaires la vingtaine de pages que comprend le formulaire, pages que je n’aurai plus qu’à parapher et à signer.
Vous croyez que j’ai le temps de relire et de vérifier ce que je signe alors que je suis affligée d’un œil qui s’exerce au trempoling, lancinée par une envie de faire pipi qui m’étrangle, obsédée par la terreur de voir mon TGV partir sans moi ?
Pour me venger - et aussi et surtout parce que ni Cher Fils ni moi ne disposons des fonds nécessaires - je déclare à Eulalie que sa commission ne lui sera payée que le jour où nous signerons l’acte d’achat devant notaire.
Sans rancune et sans doute parce que satisfaite de voir le compromis de vente dûment signé, Eulalie se montre tout à fait disposée à m’emmener à la gare dans sa petite auto.
voiture fusee Tout en effectuant le court trajet à un rythme et avec une virtuosité dignes de Schumi, elle m’annonce d’un ton désinvolte que nous disposons de 45 jours pour obtenir un crédit à partir de la présente date. (Vous avez remarqué comme cette agente se montre désinvolte chaque fois que ça l’arrange ?)
Finalement, elle doit quand même être plus rancunière que je ne le croyais car elle me glisse subrepticement que sa commission (12000 euros) lui resterait acquise si les crédits nous étaient refusés pour des motifs nous incombant qu’elle s’empresse de me détailler : quantité restreinte d’organismes de crédit contactés, refus de leur procurer des justificatifs demandés,….
Je digère l’information en gravissant in extremis et à toute allure les marches aqueuses de l’une des voitures du TGV.
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Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
maison “home” et train :
http://www.123gifs.biz/
as de trèfle : http://www.contact-voyance.com/
rire : http://kriscounette.centerblog.net/
voiture fusée : http://www.gifsanimes.net/

1/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

12 août 2009

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière

Avertissement de l’auteur : à tous ceux qui vont prendre connaissance de ce qui suit.

    - Il est fort à craindre que pendant tout le temps que vous allez consacrer à lire ce préambule (au lieu de vous marrer avec les mémoires pré-postumes de Jacques Lang ou vous instruire avec le « Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis » de Pierre Desproges), et sans doute même après en avoir terminé sa lecture vous vous demandiez quel intérêt il présente pour l’histoire.
    - Ben, que voulez-vous que je vous dise ; faut faire avec… Ou passer à la suite.
    - Mais ne venez pas vous plaindre après si vous ne comprenez rien à ce que je raconte. Déjà que, même en le lisant, vous avez peu de chance de comprendre smiley rigolade

Préambule : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.

ménagère 3 Mon père était un ouvrier fils de paysan. Ma mère, fille de commerçante, était une femme sans emploi (autrement dit une de celles qui, à l’époque, trimait toute la journée, tous les jours de la semaine, toutes les semaines de l’année).
Et que je sois la cadette de leurs trois enfants n’a aucune importance.
Si papa et maman avaient été citadins, il ne fait nul doute qu’ils se seraient fait un devoir de commencer à mettre des sous de côté pour acheter un appartement sitôt franchi le seuil de la Mairie où la loi les avait unis pour le meilleur et pour le pire puis le perron de l’église où Monsieur le curé les avait bénis.
Ils habitaient un village. Ils se sont donc fait une obligation de devenir propriétaire de leur maison.
J’étais jeune fille que ma mère me racontait encore - plus, je m’empresse de le dire, pour s’émerveiller de leur exploit que pour se plaindre - à quel point ils s’étaient privés du superflu et parfois même du nécessaire tant que le dernier versement du prêt consenti par sa propre mère pour l’achat de cette maison n’avait pas été remboursé.
De tous les sacrifices qu’ils s’étaient imposés, celui qui l’avait le plus marqué, c’était la frugalité de leur repas.
« Chaque lundi matin je mettais un lapin à cuire avec des pommes de terre dans la cocotte et à chaque repas, du lundi midi au dimanche soir, on mangeait du lapin avec des pommes de terre en buvant de l’eau du puits autant qu’on le souhaitait.
- Avec un quignon de pain et quelques fruits du jardin, ça faisait l’affaire.
- Notre chance, c’est que ton père était un génie du bricolage. Il rafistolait tous les outils et les engins cassés que les gens lui amenaient à réparer et le seul paiement qu’il acceptait en échange de son travail, c’était un lapin. De l’argent, il n’en voulait pas ; trop orgueilleux pour ça. Et une volaille, ça n’aurait pas duré une semaine.”

Et chaque fois, elle concluait en s’esclaffant :
« Après avoir mangé du lapin à tous les repas pendant des années il aurait été normal que ton père et moi en soyons dégoûtés à jamais ; et bien ce n’est même pas le cas et nous apprécions toujours un bon civet. »
mariés Moi j’ai épousé (contrainte et forcée because Cher Fils conçu dans le péché) l’aîné des sept enfants d’un ex-paysan devenu, après son service militaire, professeur de je ne sais pas quelle matière dans un collège religieux (à moins que ce ne soit un lycée) pour terminer sa carrière comme bureaucrate à tout faire de gens d’église et d’une femme sans emploi c’est-à-dire avec le même genre de vie que celui de ma mère.ménagère 2
Les parents de mon époux avaient beaucoup erré, changeant de lieu d’habitation selon les affectations du papa, tout en restant toutefois implantés sur le territoire breton à l’exception d’une brève incursion dans le Périgord où était né mon mari dans la magnifique, l’incomparable, la splendide ville de Domme.
Quand j’ai épousé le père de Cher fils, j’étais une rebelle avec un tempérament de bohémienne. De son côté, le père de Cher fils était doté d’un esprit marginal. Plus que l’amour, notre conception de la vie “Peace and love” nous a réunis.
Carpe diem et plan de carrière n’ont jamais fait bon ménage. Tour à tour artisans spécialisés dans l’arrosage automatique de parcs et jardins, vendeurs de piscines, commerçants experts en vente et pose de tissus muraux et plafonds tendus, tour à tour vivant en concubinage, puis mariés, puis divorcés pour coexister de nouveau en concubinage, parfois argentés, parfois fauchés, nous avons bourlingué d’appartement acheté puis vendu (à cause d’une faillite) en pavillon puis en maison et de nouveau en appartement loués avant de nous quitter… Sans jamais vraiment nous séparer.
Tout comme s’était fait sentir le moment de nous quitter, s’est fait sentir pour moi le besoin d’une certaine stabilité. J’en avais un peu soupé de la bohème et de ses aléas souvent épiques mais trop rarement rigolos. Après le décès de mes parents, j’ai utilisé la part d’héritage qui me revenait à l’achat d’un appartement.
Oh, c’était un petit pécule et, seule avec un enfant à charge, jamais je n’aurais obtenu les crédits des banques sollicitées si je n’avais été aidée par une conseillère financière experte en fraude.
Vous comprendrez que je préfère ne pas m’étendre sur nos agissements dolosifs. Il importe seulement de savoir qu’ils m’ont permis de devenir propriétaire d’un F3 en région parisienne.
Avec une enfance aussi chaotique, on aurait pu penser que Cher Fils aspirerait à une destinée plus commune avec l’objectif d’une préparation scolaire menant à des diplômes éprouvés susceptibles de donner accès à une profession courante sans pour autant être forcément banale ou dénuée d’agrément .
Au lieu de quoi, Cher Fils après deux ou trois ans d’études dans un lycée qui se prétendait spécialisé en informatique (et où l’élève apprenait l’art aux maîtres) a tourné le dos au professeur de géographie qui s’impatientait de la lenteur de ses réponses à l’oral du bac pour quitter la salle de classe.
informaticien Au lieu de quoi, Cher Fils a commencé sa carrière dans l’informatique en créant deux jeux vidéos qui ont rencontré un succès certain, a fait un service militaire abrégé (par ma faute, mais c’est hors contexte), tenté, en vain, de travailler en qualité d’employé dans des sociétés où il se sentait prisonnier (qu’on lui accorde le statut de cadre pour le retenir ne parvenait pas à le circonvenir), créé une première société pour se faire les dents, une deuxième pensant avoir trouvé sa voie, une troisième, enfin, née de la maturité et qu’il a voulu indépendante de statut et de nom, sans local commercial et sans employé.
Il s’agit d’une entreprise individuelle qui répond aux mêmes critères que ceux d’un commerçant, avec les mêmes obligations, dont la principale activité consiste à dispenser des formations informatiques de 2 à 5 jours qui requièrent des déplacements un peu partout en France, de temps à autres en pays étrangers, mais surtout en région parisienne.
Avec une enfance aussi chaotique que celle qu’il a vécue, on aurait pu penser que Cher Fils chercherait l’équilibre dans une vie familiale avec femme et enfants.
Au lieu de quoi, après six ans d’existence partagée avec une ravissante enfant, il s’est résigné à devoir admettre que, non seulement la vie de couple ne l’enthousiasmait pas, mais qu’en plus il culpabilisait de faire mener à sa jeune compagne l’existence d’une femme de marin au long cours et de lui refuser le mariage (souhaité pour la robe blanche et la cérémonie) avec les poupons qui s’ensuivent.
Nous voilà donc tous deux célibataires et ravis de l’être. Moi, avec la compagnie de ma chienne Roxane, dans mon appartement en région parisienne, lui, au Mans, dans un studio qui ressemble plus, me dit-il, à un atelier où il entrepose du matériel qu’à un logement où l’on vit. D’ailleurs, il y vit si peu que cela n’a guère d’importance.
Depuis qu’il est adulte, Cher Fils me dit qu’il est content de savoir que l’appartement lui reviendra en héritage après ma mort.
À ce stade de mon récit, j’ai envie de laisser s’installer un long interlude.
Je pourrais peut-être d’ailleurs meubler cet entracte avec des pages de publicité que je me ferais payer.
Juste pour vous laisser le temps de vous indigner à loisir.
reproches Quel affreux individu ce fils ! Sa mère, la pauvre femme, mourra un jour ou l’autre, c’est certain. Mais comment un fils peut-il songer à cette disparition pour seulement se réjouir de l’héritage laissé ? N’a t’il donc pas de cœur ?
Bon, allez, arrêtez les trémolos et laissez Cher Fils développer sa pensée et vous l’entendrez dire :
« Je trouve qu’il faut être très courageux ou très inconscient pour acheter un bien immobilier.
- Quand on regarde ou qu’on écoute certaines émissions où il n’est question que d’expropriations à cause de la construction d’une autoroute ou d’une voie ferrée, que d’une usine dispensatrice de pollution ou d’un aérodrome qui s’installent dans un endroit choisi pour sa tranquillité, que de constructions qui révèlent des vices les rendant invivables,… Ça vous ôte toute envie d’accéder à la propriété. »

Quand vous avez entendu ce même discours pendant des années, avouez qu’il y a de quoi tomber sur les fesses lorsqu’un jour du mois de juin (ça aurait aussi bien pu être un mois d’avril ou d’octobre mais il se trouve que c’était un mois de juin), Cher Fils me déclare tout benoîtement :
« Et si on achetait une maison ensemble ?
- En cumulant l’apport de la vente de ton appartement avec un emprunt que je solliciterai auprès d’organismes de crédit, on devrait pouvoir acquérir une maison aux environs du Mans. Elles y sont moins chères qu’en région parisienne.
- Une maison sera plus agréable qu’un appartement… Surtout pour ta chienne. Mais pour être honnête, je n’y vois pas que ton intérêt mais aussi le mien parce que même si tu habites cette maison seule avec ta chienne, il y aura toujours possibilité de la choisir avec un garage ou des dépendances pour que je puisse y entreposer tout le matériel qui commence à m’envahir.
- Qu’est ce que tu en penses ? »

Je ne suis pas tombée sur les fesses.
J’étais assise.
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Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
Gifs ménagères et gif mine réprobatrice :
http://petitemimine.centerblog.net/
Informaticien : http://fr.bestgraph.com/

Montigny-les-Cormeilles (Val d’Oise)

7 juin 2009

un quart de siècle et des poussières… Après.
blason Montigny
J’ai découvert Montigny-les-Cormeilles un dimanche de juin 1983 ; la ville semblait somnoler sous les ardeurs ensoleillées de ce jour de Pentecôte.
Je lui ferai mes adieux dans une quinzaine de jours et, dans mes bagages, j’emmènerai la nostalgie d’un lieu où j’ai vécu heureuse.
Oh, bien sûr, toutes ces années n’ont pas été exemptes de soucis mais, quand je me livre à une rétrospective, je comptabilise beaucoup plus de jours attrayants que de moments pénibles ou même seulement moroses.
La résidence où j’ai acheté un appartement s’est montrée accueillante dès les premiers instants avec des personnes qui me saluaient d’un mot aimable lorsque je les rencontrais dans le hall de l’immeuble, des personnes qui arboraient un visage souriant quand je les croisais au hasard d’une allée.
À l’époque où j’ai emménagé, la résidence jouissait d’un certain standing avec des appartements occupés uniquement par des propriétaires qui, soit étaient cadres ou occupaient des postes importants, soit exerçaient en professions libérales.
Depuis, et sans jugement sottement snobinard, mais simplement parce que c’est la réalité, il convient d’admettre que le standing a été remplacé par la diversité avec l’arrivée massive d’acheteurs de toutes classes sociales, de toutes origines. Et c’est très bien ainsi car la diversité crée parfois des frictions mais, plus souvent, elle génère la compréhension avec son aboutissement logique, la tolérance.
Vue appartement Je n’aime pas parler de Montigny comme d’une ville parce que le mot ville, si grande soit l’agglomération, évoque un lieu claquemuré avec des rues bitumées contraintes à suivre des trottoirs bétonnés eux-mêmes astreints à longer les façades en pierre d’immeubles se succédant les uns les autres.
Montigny c’est l’adjonction de deux gros bourgs : le vieux Montigny qui a sans nul doute vu passer les centurions romains et le nouveau Montigny qui a causé la perte des champs d’asperges et de fleurs avec la construction d’ensembles de tours d’une hauteur raisonnable intelligemment séparés par des zones pavillonnaires. Les deux s’ignorent sans pour autant se dédaigner pour la seule raison que leur dissemblance les rend indifférents l’un à l’autre.
Quand je suis arrivée en 1983, le vieux Montigny, appelé à juste titre Le Village, était presque exclusivement habité de propriétaires de maisons héritées de leurs parents qui eux-mêmes les tenaient de leurs parents et ce, depuis des générations. Les abords du Village commençaient toutefois à se gangrener de petits immeubles qui, même se voulant discrets, juraient avec le style des constructions qui avaient connu des siècles d’histoire.
J’habite, il va s’en dire, le nouveau Montigny et je loue le maire qui était déjà en poste à l’époque et dont le départ devance le mien de seulement trois mois, Monsieur Robert Hue, d’avoir, avec le concours de ses conseillers et employés municipaux, fait de cet endroit un lieu aussi agréable à vivre.
Robert Hue
Ainsi, le nouveau Montigny était traversé par une rue toute fonctionnelle qui sinuait entre une rangée d’établissements (brasserie, banque, pharmacie) et une place morne et sans caractère menant à La Poste et la Mairie annexe (la Mairie officielle étant à la place lui revenant de droit dans Le Village).
Robert Hue a transformé la rue fonctionnelle en un parcours voué à la circulation délimité par des bornes et fait aménager la place en un parvis avec des arbustes pour l’agrémenter, un sol au ton chaud qui donne une note de gaîté et des bancs pour en faire un lieu de convivialité.
(Le nouveau maire serait, à mon avis, bien avisé de baptiser cet endroit « Place Robert Hue » ce qui serait une façon élégante de remercier un homme qui a énormément travaillé pour le bien-être de ses administrés.)
Comme de cause à effet, ce parvis lui a donné l’idée d’instaurer un Montigny-plage, à l’image de ce qui était fait pour les parisiens, offrant ainsi quelques jours d’évasion aux enfants ignymontains que le budget limité des parents empêche de partir vers des plages hospitalières.
Puis lui est venue l’idée de recevoir les boutiques d’un marché de Noël afin de créer une animation joyeuse à l’approche des fêtes, puis celle de faire procéder à l’installation d’une patinoire - pendant hivernal de la plage des jours d’été - lors de la période de congés scolaires de fin d’année.

Mais, pour ce qui me concerne,

    • les innovations nées de la volonté du maire de Montigny, Monsieur Robert Hue, qui m’ont le plus ravies sont la plantation d’arbres qui commencent à ombrager les allées piétonnières (et pourtant qu’ils paraissaient malingres et chétifs les pauvres arbrisseaux qui se seraient effondrés sans le soutien de poteaux qui les tenaient contre eux ficelés) et celle de jonquilles qui brillent comme des étoiles dans le vert printanier des plates-bandes.
    Salon Polar • la réalisation qui m’a le plus enchantée a été la construction de la nouvelle bibliothèque sur deux niveaux, l’un réservé aux enfants et l’autre aux adultes.
    Pour qui aime les livres, cette bibliothèque est un lieu magique avec ses immenses baies vitrées qui la baignent d’un flot de lumière, la disposition de ses rayonnages qui favorise l’intimité, sa foison d’ouvrages méticuleusement rangés et aisément accessibles.
    Quant aux bibliothécaires, je ne connais aucun habitué de la bibliothèque qui ne loue leur compétence et leur gentillesse.
    Moi-même qui ne supporte guère les conseils (ce qui tend à prouver ma bêtise car les conseils sont bien la seule chose que l’on vous dispense gratuitement et il en est parfois qui sont salutaires) j’écoute les leurs lorsque l’un ou l’autre des bibliothécaires s’avisent de m’en donner.

Enfin, ce qui parfait le charme de ces sœurs siamoises qu’est Montigny, c’est d’être prises en tenaille par les villes de Beauchamp, Franconville-la-Garenne, et Cormeilles-en-Parisis qui, toutes trois, offrent leur verdure boisée tant aux joggeurs qu’aux paisibles promeneurs et aux personnes comme moi qui n’aiment pas être tenues en laisse par leur chien.
Pourquoi quitter Montigny alors que je lui déclare mon amour ?
Parce que j’ai vécu mes vingt premières années dans une maison individuelle et que j’aspire à vivre mes dernières années dans une maison individuelle.
Or, à moins de gagner le gros lot du super loto, qui a les moyens financiers d’acheter une maison individuelle en région parisienne en l’an de grâce 2009 ?
Ma maison, je l’ai trouvée en province… Bien évidemment.

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J’ai kidnappé sur Internet le blason de Montigny les Cormeilles
et la photo, qui n’était pas en exclusivité, de Monsieur Robert Hue
Quant à l’affiche du Salon du Polar (encore une initiative de M. Robert Hue), elle est l’œuvre de Monsieur Jacques Loustal qui l’a réalisée pour la manifestation de 2002

Royal Pietà

24 avril 2009

Jamais à court d’idée pour faire parler d’elle, Dame Ségolène Royal, ex candidate aux élections présidentielles de 2007 et future candidate aux élections présidentielles de 2012, a inventé un nouveau concept de campagne électorale réservé à son usage personnel : ‘l’excusitude’.
religieuse prie Le 18 avril, prenant prétexte de déclarations de Nicolas Sarkozy faites 3 jours auparavant au cours d’un déjeuner avec des parlementaires : « M. Zapatero n’est peut-être pas intelligent… », elle a soulevé un tollé de protestations de la part des membres du gouvernement et provoqué la confusion des socialistes, en présentant des excuses au nom des français au premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.
L’idée d’utiliser ‘l’excusitude’ n’était pas stupide en soit mais Dame Ségolène aurait été bien avisée de tenir compte du bon sens des adages et, en l’occurrence, de celui qui dit que le mieux est souvent l’ennemi du bien.
Si elle avait fait montre de moins d’impulsivité, elle aurait réfléchi au sens exact de la déclaration de Nicolas Sarkozy lorsqu’il a continué, parlant toujours du premier ministre espagnol : « Cela ne l’a pas empêché de remporter deux fois les élections. »
Après deux années de règne Tsarkoziste, aucun citoyen français qui possède un centime d’euro de jugeote ne peut plus ignorer que lorsque le président veut se montrer injurieux il ne fait guère preuve de subtilité.
Comme tout citoyen français détenteur d’un centime d’euro de jugeote, Dame Ségolène Royal aurait dû traduire : « José Luis Rodriguez Zapatero est peut-être jugé comme quelqu’un qui n’est pas très intelligent mais on se méprend sur son compte. La preuve en est qu’il a remporté deux fois les élections. ».
Elle aurait ainsi évité l’erreur monumentale de récidiver dans le même registre, à si peu d’intervalle, des excuses du même genre que celles présentées, lors de sa visite à Dakar deux semaines auparavant, au peuple sénégalais devant un demi millier de socialistes.
Elle aurait ainsi évité que deux membres du gouvernement cherchent à la faire passer pour folle ce qui est, on en conviendra, un moyen bien pratique pour éliminer une gêneuse.
knout knout Il faut dire aussi qu’elle tend complaisamment les verges pour la battre.

• D’abord avec l’introduction de son discours à Dakar :
« Quelqu’un est venu ici vous dire que ‘l’Homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire. »
Quelqu’un !
Ne se souvenait elle pas de qui il s’agissait ? Cet oubli révélait il des signes annonciateurs d’Alzheimer ?
• Ensuite en sautant sur la première occasion pour présenter de nouveau des excuses au premier ministre espagnol : « Les propos injurieux tenus par Nicolas Sarkozy n’engagent ni la France, ni les français » « Le mépris verbal, les déclarations fanfaronnes et désinvoltes qui se multiplient dans les propos du chef de l’Etat : ça suffit. »

Comment s’étonner

    • que le premier ministre, Brice Hortefeux, la prétende atteinte de “palilalie” (trouble de la parole dont souffrent les personnes qui répètent systématiquement les mêmes mots)
    • que Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP, insinue qu’elle pâtit de problèmes mentaux : « Je le dis de la manière la plus sérieuse… Je pense que Mme Royal a besoin d’une aide psychologique… Quand vous cumulez ce type de comportements, ça veut dire qu’il y a un problème, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, il y a quelque chose qui ne va pas. »

Dame Ségolène serait peut-être bien inspirée de faire profil bas pendant quelques temps.

Toutefois, il se peut qu’elle persiste à utiliser ‘l’excusitude’ en tant que concept de campagne électorale et il reste encore trois ans avant les prochaines présidentielles.
Au nom de la solidarité féminine, je me permets donc de lui suggérer les noms de quelques personnes à qui elle peut présenter des excuses au nom de la France et des français.
pleureuse Pour se mettre en train, elle pourra faire part de ses regrets à Anne-Marie Comparini que Patrick Devedjian, en bon émule de son maître à penser, Nicolas Sarkozy, a qualifiée de « Salope » en juin 2007.
Elle pourra ensuite envoyer des excuses à celles et ceux qui ont été victimes de l’ire de notre vénéré et impulsif président :
• David Martinon, porte parole de l’Élysée à l’époque, et Lesley Stahl, journaliste de CBS, tous deux apostrophés « Quel(le) imbécile ! » lors d’une interview qui a lieu pour l’émission de CBS, 60 Minutes, en octobre 2007
• le quidam qui, pour avoir refusé de serrer la main présidentielle, s’est entendu baptiser « Pauvre con ! » lors du Salon de l’agriculture en février 2008
• tous le journalistes qualifiés de nullards en mars 2009 : « Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale »

Et puis, parce qu’il serait peut-être malavisé de trop maintenir l’attention sur Nicolas Sarkozy à l’approche de 2012 - même pour critiquer son manque de délicatesse -, elle pourra, pourquoi pas, adresser des excuses

    • aux descendants de Vauban auquel Léo Ferré a fait l’affront de dire « Merde » pendant toute une chanson,
    • aux descendants de Talleyrand offensé par Napoléon 1er qui lui a déclaré de manière on ne peut plus odieuse : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie »
    • à sa gracieuse majesté la reine d’Angleterre et stigmatiser ce rustre de Cambronne qui a osé répondre fort discourtoisement « Merde » à une aimable invite de ses sujets.

    barrre yeux

    PS - Je tiens à remercier tout particulièrement Monsieur Hortefeux d’avoir enrichi notre vocabulaire.
    Monsieur Hortefeux, le corps médical, et (peut-être) ceux qui en souffrent mis à part, qui, en effet, peut se vanter d’avoir jamais entendu le mot « palilalie » avant ce mois d’avril 2009 ?
    Personne n’osera plus désormais dire de certaines de nos chères aïeules qu’elles râbachent. De manière plus élégante, nous hocherons la tête et l’air navré confierons qu’elles souffrent de palilalie.

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Les gifs utilisés proviennent des sites suivants :
La dévote : http://www.gifsmaniac.com/
pleureuse : http://endjetsesfolies.centerblog.net/
et la barre de séparation du site :
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PS bis - Histoire de ne pas les oublier :
chien queue n’oubliez pas de cliquer

EDF - Le courant ne passe pas

22 avril 2009

Nous usagers, sommes en droit de nous poser des questions concernant la santé mentale d’une certaine corporation d’agents EDF ; je veux parler de ceux qui se complaisent à couper le courant électrique des pauvres quidam qui ne sont en rien responsables de leurs démêlées avec leurs dirigeants, qui ne peuvent que subir leurs exactions.
fou Car il faut être pour le moins profondément débile pour priver volontairement les gens de courant électrique pendant parfois plusieurs heures de suite.
Ainsi, ce mardi 21 avril, à dix heures et trente minutes, le courant a été coupé volontairement par ces malfaisants dans ma petite commune du Val d’Oise pour n’être rétabli qu’une fois midi passé. Et encore peut on se réjouir car, renseignement pris par téléphone, un message annonçait le rétablissement de l’électricité pour treize heures.
Il faut ne pas avoir deux sous de bon sens pour ne pas imaginer les accidents que peuvent causer ces coupures de courant lorsqu’elles ont lieu dans des immeubles de neuf à douze ou quinze étages.
J’habite le 6ième étage de l’un de ces immeubles et je devais impérativement sortir ma chienne si je voulais éviter un incident urinaire au grand dam de mon revêtement de sol.
Par chance, j’ai toujours une lampe de poche en état de fonctionnement dans un tiroir car je m’imaginais mal descendre 6 étages, tirée par vingt kilos d’impétuosité difficilement retenus par une laisse, dans une cage d’escalier aussi noire que l’âme d’un agent gréviste EDF.
Lors de ma descente, j’ai rencontré, à des niveaux différents, deux mères de famille qui, s’éclairant de la flamme d’un briquet, gravissaient les marches avec de jeunes bambins pendus à leurs basques et l’une d’elle avec un poupon dans les bras.
Imaginez un peu, messieurs les agents EDF grévistes coupeurs de courant, les conséquences d’une chute dans les escaliers obscurs.
ampoule N’allez surtout pas, en toute mauvaise foi, arguer qu’elles n’avaient pas à utiliser un escalier dépourvu de tout éclairage. Étaient elles sensées attendre votre bon vouloir assises sur les marches du perron de l’immeuble, entourées d’enfants affamés ou énervés pendant un temps indéterminé ?
Et avez-vous pensé, messieurs les agents EDF grévistes, à ces personnes handicapées ou malades tributaires des soins d’infirmières retardées par vos actes stupides ? Avez-vous pensé qu’en cette période de vacances scolaires, de jeunes enfants pouvaient se retrouver, seuls, emprisonnés dans des ascenseurs ténébreux ?
Non seulement vous êtes de dangereux « inconscients » messieurs les agents EDF grévistes (et quand je dis ‘inconscients’c’est un doux euphémisme) mais, en plus, vous ne valez guère mieux que les filous.
De quel droit, en effet, vous appropriez-vous l’électricité pour l’utiliser comme moyen de chantage ? L’électricité ne vous appartient pas que je sache ?
Vos confrères kidnappeurs de gaz ne valent d’ailleurs pas mieux que vous qui ne songent même pas que leurs actions inconséquentes peuvent mettre la vie de personnes en péril.
Que se passera t-il le jour où le gaz sera coupé alors qu’une personne étourdie qui faisait chauffer son repas quittera son lieu d’habitation en oubliant de fermer le robinet d’alimentation ?
EDF Comite
Et la grande question est surtout : pourquoi ces agents du gaz ou de l’EDF, au même titre que les cheminots d’ailleurs, se battent ils toujours contre leurs dirigeants au détriment des citoyens lambda ?
Question subsidiaire : quand ils s’octroient, sans scrupule, le droit de priver les gens de courant électriques ont ils seulement une pensée contrite pour ceux qui sont bien souvent plus mal lotis qu’eux ?

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Le fou : http://www.gif-anime.org/
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PS - Histoire de ne pas les oublier :
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Avoir le cul entre deux chaises

13 avril 2009

est une position inconfortable mais certainement moins que d’avoir le fondement installé sur une chaise électrique.
Mgr di Falco En assumant l’exposition dans sa cathédrale de Gap, pendant le week-end de Pâques, d’une sculpture de Peter Fryer représentant le Christ trônant sur une chaise électrique, Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et d’Embrun a pris le risque de se retrouver, lui, le cul entre deux chaises en choquant ses paroissiens et voilà une initiative qui le rend en tout point admirable.
Mais qui donc a été scandalisé par cette œuvre?
Certainement pas la plus grande majorité des chrétiens qui vivent tranquillement leur religion sans se poser de questions existentielles ; ces ouailles qui ne songeraient pas un seul instant à douter de l’existence d’un dieu unique puisqu’on leur a enseigné que c’était la vérité ; ces ouailles décérébrées dès leurs premiers vagissements avec seulement l’aspersion de quelques gouttes d’élixir magique sur les fonts baptismaux ; ces ouailles qui ont fait leur communion parce que c’est la finalité logique d’une éducation religieuse ; ces ouailles qui, parvenues à l’âge adulte, ne fréquentent plus les églises que pour les mariages ou les enterrements ; ces ouailles qui s’accommodent fort bien de leur religion à partir du moment où elle ne les dérange pas.
La vision d’un Christ sur une chaise électrique les a tout juste déconcertés ces chrétiens là qui ont continué à vaquer à leurs occupations terrestres sans plus se soucier du message de Mgr di Falco.
Mgr di F cri doigt accusateur Alors, quels sont ceux qui ont crié haro sur l’auteur de ce qu’ils ont considéré, les uns comme une provocation indécente, les autres comme un blasphème ?
Et bien les vrais croyants, bien sûr.
Les sans concession qui vont à la messe tous les dimanches et qui jeûnent héroïquement pour jouir du plaisir mystique de s’étouffer avec une hostie.
Les purs parce que sans péché grâce à la grande lessive de la confession qui décrasse leur âme en contrepartie de 2 pater et 3 ave… Sans dédaigner l’éventuelle substantielle obole des plus fortunés d’entre eux. (Et oui, tout s’achète, même le pardon divin).
Et qu’est ce qui les a scandalisés dans cette représentation du Christ, nos croyants purs et sans concession ? L’image sans compromis de sa souffrance ? Sa posture abandonnée, symbole même de la désolation ?
NON. Ce qui les a offensés, c’est la substitution de la croix par une chaise électrique.
Parce que - se sont ils indignés - la croix est le symbole même de la foi (sic) !!!
Comment peut on être aussi imbus de religiosité et exhaler une telle balourdise ?
Si la croix est le symbole de la foi, il faut admettre que depuis des générations les chrétiens rendent hommage aux malandrins, aux aigrefins, aux violeurs, aux assassins,… tous personnages peu recommandables qui ont été, selon la justice romaine de l’époque, condamnés à la crucifixion pour châtiment de leurs crimes.
croix Comment peut on se glorifier de sa piété incomparable lorsqu’on oublie le calvaire subi par celui qu’on prétend honorer pour vénérer l’instrument de son supplice ?
Comment peut on se vanter de sa dévotion et ignorer avec une superbe irrévérence l’un des commandements de ce dieu que l’on prétend révérer : « Tu ne feras pas de statue, à l’image des choses qui sont là-haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant elles ».
De plus, tout individu qui a reçu une éducation religieuse chrétienne ne peut ignorer les paroles du Christ lorsque, pour le discréditer, ses adversaires cherchent à le piéger en lui tendant une pièce qui représente César, une pièce sur laquelle il est écrit ‘Tibère, divin César’ et lui demandent fielleusement : « Est-il permis, oui ou non de payer l’impôt à César ? »
Comment peut-on, lorsqu’on se prétend chrétien, négliger la réponse du Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » et s’entêter dans cette impéritie volontaire à respecter le commandement de son dieu ?
Alors ces prétendus croyants purs et sans concession qui se scandalisent de la représentation d’un Christ trônant sur une chaise électrique ne seraient ils, en réalité, que des idolâtres ?

Agnostique respectueuse des prêtres, lamas, imams, rabbins ,… Lorsqu’ils savent être indulgents envers les pauvres humains imparfaits, lorsqu’ils sont plus soucieux de leur sérénité que des preuves de leurs actes de charité, plus à l’écoute de leurs problèmes que dans l’attente de leurs oraisons, je loue l’initiative de Mgr di Falco qui a favorisé l’art plutôt que les menaces de damnation ou les homélies pour combattre l’indifférence de ses paroissiens, pour réveiller leur conscience chrétienne.
Mgr di Falco est peut-être dénigré par certains de ses pairs et par une catégorie de croyants dogmatiques mais je suis certaine qu’il s’est acquis la bienveillance de feu Serge Gainsbourg qui, lors d’une interview parue dans le journal « Libération » en novembre 1981, déclarait fort justement : « Si le Christ était mort sur une chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une petite chaise en or autour du cou. »

Intime conviction ; une ultime connerie ?

3 avril 2009

10 heures, le matin du 12 novembre 2007.
berger santon Encadré par deux gendarmes, Yvan Colonna, 47 ans, pénètre dans la salle de la cour d’assises spécialement formée pour les affaires de terrorisme de Paris afin d’y être jugé après 4 ans de cavale entre mai 1999 et juillet 2003.
Celui qu’on a surnommé le berger de Cargèse est accusé d’avoir assassiné le plus haut représentant de l’État en poste en Corse, le préfet Claude Erignac, le 6 février 1998, alors que ce dernier s’apprêtait à entrer au Kallisté à Ajaccio pour assister à un concert, et d’avoir, cinq mois plus tôt, participé à l’attaque de la gendarmerie de Pietrosella où l’arme du crime a été dérobée.
Le jeudi 13 décembre 2007, un petit mois de procès et cinq heures de délibérations après sous la présidence de Dominique Coujard,les sept juges de cette cour spéciale sans jury populaire condamnent Yvan Colonna à la réclusion criminelle à perpétuité.
Les avocats d’Yvan Colonna font appel de ce jugement.
27 mars 2009, après sept semaines de procès, les neufs magistrats de la cour spéciale d’assise de Paris suivent les réquisitoires de l’avocat général et condamnent Yvan Colonna à la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté incompressible de vingt-deux ans.

Les procès d’Yvan Colonna ont défrayé la chronique et plus personne n’ignore que l’attentat dirigé contre le préfet Claude Erignac a été imputé, très certainement avec raison, à des nationalistes corses.
Au nombre de ces nationalistes, tous arrêtés, tous condamnés à purger une peine de prison, deux enseignants supposés être les inspirateurs, six autres considérés comme exécutants ou ayant participé à des actes préparatoires et enfin, selon certains d’entre eux, celui qui nous intéresse, Yvan Colonna.
À ma connaissance, la traque, le jugement, la condamnation d’Yvan Colonna ont été provoqué par les seuls témoignages de ce groupe de nationalistes lesquels prétendent qu’Yvan Colonna se trouvait parmi eux le soir où Claude Erignac a été assassiné et celui de Pierre Alessandri lequel a accusé Yvan Colonna d’avoir tiré les trois balles dans la nuque qui ont provoqué la mort du préfet.
La fameuse loi du silence dont s’enorgueillissent les corses en prend un vilain méchant coup, non ?
revolver Il va sans dire que l’assassinat de toute personne quelque soit son statut, sa religion ou sa race est abject lorsque cette personne n’est responsable d’aucun crime ou délit. Quant à ces mouvances, qu’elles soient nationalistes, extrémistes, intégristes, elles sont méprisables qui cherchent à imposer leurs certitudes en abusant de la terreur, en usant de bombes, en tuant lâchement des innocents.
Est il utile de préciser que je n’éprouve aucune sympathie pour Yvan Colonna à partir du moment où il se réclame de ce nationalisme corse ?
Mais je suis indignée lorsque la justice d’un pays qui se prétend démocratique condamne sans aucune preuve de sa culpabilité un individu à une peine aussi exceptionnelle que la réclusion perpétuelle avec une période de 22 ans de sûreté incompressible.
Pire encore, non seulement aucune preuve matérielle n’a été apportée mais le flou total règne parmi les déclarations des témoins directs de cet attentat.

    • Ainsi, N. Contart, 56 ans, parce qu’elle passait en voiture à proximité du théâtre Kallisté peu avant 21 heures le soir du 6 février 1998 quand le préfet de Corse Claude Erignac a été tué, a raconté avoir été témoin de ‘l’assassinat’ mais son témoignage n’implique nullement Yvan Colonna. Elle aurait en effet déclaré : « avoir vu deux personnes et cru, sur le moment, qu’un des deux individus aperçus jetait des pétards » et « pensé que c’était un jeune qui s’amusait ».
    • Ainsi, Joseph Arrighi, 83 ans,policier retraité des Renseignements généraux qui a entendu plusieurs détonations qu’il a déclaré avoir pris pour des pétards alors qu’il marchait sur un trottoir proche le soir du 6 février 1998. « Quelques secondes après, j’ai été dépassé par deux hommes que j’ai mal distingués » A t-il relaté pour ensuite poursuivre : « Ils trottinaient. Je me suis dit ‘ils sont pressés d’aller dîner’. Au bout d’un moment, ils ont été rejoints par un troisième homme ‘duquel’un objet métallique est tombé sur le trottoir».

Non seulement aucune preuve n’a été apportée qui désigne de manière indiscutable Yvan Colonna comme étant l’assassin du préfet Erignac mais, au cours du dernier procès,

    • Pierre Alessandri et Alain Ferrandi reviennent sur leurs déclarations et nient toute implication ou présence d’Yvan Colonna le soir de l’attentat,
    • le 25 février dernier, c’est un ami du préfet Erignac, qui disculpe Yvan Colonna. Joseph Colombani, trésorier de l’association organisatrice du concert et directeur de cabinet du président du conseil exécutif de Corse qui a assisté à l’assassinat de son ami Claude Erignac a déclaré «en conscience » qu’Yvan Colonna « n’est pas l’homme qui a achevé Claude Erignac »,
    • un médecin légiste affirme que l’auteur des coups de feu était plus grand que l’accusé.

glaive et balance Yvan Colonna est peut-être coupable. Peut-être mérite t-il sa condamnation. Mais je sais que si j’étais partie civile mêlée à un procès de ce genre, un procès qui s’achève par la condamnation sans preuve d’un homme, je me sentirais particulièrement perturbée. Terriblement frustrée par un jugement que j’estimerais inéquitable, affreusement mal à l’aise de devoir vivre tout le restant de ma vie avec l’appréhension d’avoir été involontairement complice d’une erreur judiciaire.

Simple spectatrice anonyme, mon opinion est que, nonobstant la triste réalité d’un verdict qui offre un martyr aux nationalistes corses, ce qui est une incommensurable stupidité (même le pire des abrutis aurait pu conjecturer du résultat de ce jugement),
mon sentiment est que

    • l’on est en droit de s’étonner que, sans explication, sans justification, jamais aucune reconstitution du crime n’a été autorisée,
    • on est en droit d’être surpris d’apprendre que peu avant le verdict, l’avocat général Yves Jannier a non seulement déclaré : « la culpabilité d’Yvan Colonna pour moi ne fait aucun doute » mais s’est permis d’affirmer alors que rien ne venait corroborer ses certitudes : « Yvan Colonna est celui qui, ce soir-là, a appuyé sur une détente et a tiré trois balles sur le préfet, simplement parce qu’il était le représentant d’un État symbole de liberté »,
    • on est en droit de s’effarer lorsqu’on entend dire sans vergogne que c’est un verdict rendu à partir d’une extrême conviction
    • on est en droit, me semble t-il, de s’inquiéter.

Je suis profane en matière juridique et si ce que je crois avoir compris est erroné, je sollicite l’indulgence des juristes et consorts.
Et ce que je crois avoir compris c’est qu’il existe, en droit, un code qui a pour nom jurisprudence et qui voudrait que telle règle ou telle décision ayant eu force de loi lors d’un jugement s’utilisent comme un acquis pour d’autres jugements.
Partant de ce concept et étant, à mon corps défendant, dotée d’une certaine tendance aux élucubrations, je cauchemarde à l’idée que la décision qui a provoqué la condamnation d’Yvan Colonna fasse jurisprudence.
juge Imaginez, en effet, un prévenu se défendant d’avoir participé à un cambriolage nocturne en alléguant qu’il dormait seul chez lui et qui se verrait condamné parce que l’avocat général aurait argué : « Et bien moi, j’ai l’intime conviction que vous mentez et je demande donc votre condamnation au bagne pour dix ans »
Ou cet autre prévenu qui nierait avoir attaqué un individu six mois auparavant en prétextant qu’il assistait à un match de football aux jour et heure où se serait produit cette agression et qui se verrait également condamné parce que l’avocat général aurait allégué : « Et d’un, vous n’êtes pas en mesure de faire la preuve de votre présence à ce match puisque vous dites avoir jeté le ticket d’accès au stade et de deux, parce que j’ai l’intime conviction que vous êtes coupable, je demande que vous soyez condamné aux galères pour une durée de cinq ans »
En conclusion, ce procès Yvan Colonna me renforce dans mon intime conviction que la justice est peut-être (soi-disant) égale pour tous mais que lorsqu’on se présente en tant qu’accusé devant un tribunal, mieux vaut être accompagné d’un bon avocat grassement rémunéré qu’avec la compagnie de sa seule innocence.

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Les illustrations proviennent des sites suivants :
- le berger : santon du site http://jp59.centerblog.net/
- le revolver : http://www.alactu.com/
- le glaive et la balance (parmi un très riche choix de bijoux à thèmes) :
http://www.egypte-antique.eu/boutiqueThemeSymbolique.aspx
le juge : www.leflog.net/

Dull spleen

9 mars 2009

Il y a de cela quelques jours, las de cet hiver qui n’en finit pas de nous tenir captifs de sa morosité, mon ami Le Chat m’envoyait ces quelques mots expression de sa profonde mélancolie.
Peut-être parce que je partageais son sentiment, ils me sont apparus aussi évocateurs que la poésie de Monsieur Baudelaire et il serait égoïste de ma part de ne pas partager le plaisir éprouvé à les lire.
Voici donc son œuvre que j’ai intitulée “Dull Spleen” pour ne pas plagier Charles clin d\'oeil lunettes

    chat JP “Envie de rien, tout refaire, partir, rester, je ne sais que choisir ; je manque de motivation.
    - Pourtant il fait beau, tout le monde va bien, alors pourquoi chercher midi à quatorze heures.
    - Les beaux jours sont à notre porte, j’hésite à les laisser rentrer !
    - Pourtant il ne faudrait sûrement pas grand-chose pour que cela aille mieux.
    - Il faut que je positive, quitte à me mentir me dire que tout est beau.
    - Mais c’est aussi ce que d’autres tentent de nous faire croire et nous savons qu’ils mentent tous.
    - Alors admettons que les beaux jours arrivent avec leurs chaleurs, leurs couleurs et leurs odeurs,
    - Que nos promenades ne seront que joies et amusements.

    - Surtout ne pas vous inquiéter, je trouverai bien au détour d’un sentier
    - Qu’il y a toujours matière à s’amuser !”

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Le chat a été emprunté au site :
http://bebedoudoune.centerblog.net/