5/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.
Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et
4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?
de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

Nous sommes arrivés le 22 juin en fin d’après-midi dans cette maison sarthoise d’Ar..ge que nous avons achetée conjointement, Cher Fils et moi.
Aussitôt, nous avons entrepris de vider les cartons qui nous ont pris tant de temps à remplir.
Le partage des lieux s’est imposé d’office à lui comme à moi.
Il habite un studio au Mans et n’a besoin que du rez-de-chaussée entièrement dallé qui se subdivise en un garage, un très grand sous-sol destiné à son activité commerciale, une pièce d’habitation et une entrée commune de belle importance.
Ma chienne Roxane et moi aurons la jouissance de l’étage où je me réserve une des trois chambres à usage de bureau.
Moi, d’origine campagnarde, moi qui courais pieds nus du temps de ma jeunesse, vais-je me réhabituer à la vie rurale après avoir connu l’existence trépidante de la région parisienne pendant presque un demi-siècle 
Premières impressions au jour le jour tout en continuant à vider les cartons (avec la participation active de Cher Fils ce
Mardi 
juin).
La douceur de l’air qui me caresse comme un voile velouté associée au soleil qui continue à régner brillamment dans un ciel céruléen, voilà un cocktail qui me met de bonne humeur dès le réveil en dépit de mes mollets qui se rebellent dès que je les sollicite.
C’est que j’en ai effectué des descentes et des montées d’escalier entre le rez-de-chaussée et l’étage, hier. Et ce n’est pas fini alors autant les mettre au pas tout de suite.
Mettre des mollets au pas… J’espère que vous appréciez.
Ça ne vous arrache même pas un sourire ? M’en fiche ; je suis certaine que les culs-de-jatte qui me liront goûteront la plaisanterie.
Cher Fils arrive un peu avant midi et bien qu’il ne me les demande pas (ce qu’il pourrait bien s’abstenir de faire), je lui expose mes priorités : en un, procéder à l’installation d’Harry et dans la suite logique, la table destinée au repassage tout à côté.
Ah oui, avant que vous ne vous posiez des questions sur votre/ma santé mentale à propos de Harry, il vous faut savoir que je suis une de ces douces dingues persuadée que les objets ont une âme. Conséquence de ce que certains jugeront comme un gentil délire, j’octroie un nom à presque toutes les machines qui acceptent de me servir et Harry est mon lave-linge.
Et si son installation est une priorité ce n’est pas tant que je sois folle dingue des tâches ménagères mais faudra bien s’y consacrer à un moment donné et autant mettre immédiatement à l’épreuve les talents de plombier de fiston.
La deuxième des priorités que je confie/impose à Cher Fils : ressusciter mon MacMachin chéri quand bien même le pôvre est orphelin d’Internet pour une Internité (c’est idiot, je vous l’accorde, mais, moi, ça m’amuse) qui va durer au moins… 15 jours ?
Enfin, ultime priorité…
Quoi ! Vous trouvez qu’il y a beaucoup de priorités ? Moi je me trouve très raisonnable. Mon Hercule de Cher Fils ne proteste pas, lui. Alors, de quoi vous vous mêlez ?
Donc, ultime priorité, disais-je avant que vous ne m’interrompiez, qu’il branche Sainte-Claire. (Pour votre gouverne, c’est la sainte patronne de la télévision, bande d’ignares). Voilà la dernière de mes exigences. Avouez que mes requêtes sont modérées.
Cher Fils en convient d’ailleurs qui se sent capable de satisfaire mes désirs sans pour autant être pénalisé pour réaliser ses propres rangements et aménagements et s’il est quelque peu étonné que je privilégie Harry à mon Mac adoré dans la liste de mes priorités (sans être une souillon, j’avoue préférer de loin les activités cérébrales aux tâches ménagères), connaissant les humeurs féminines et leurs susceptibilités imprévisibles, il se garde bien de le montrer.
Il se garde d’autant plus de tout commentaire que jamais de sa vie, jusqu’alors, il n’a branché une prise d’alimentation d’eau sur un lave-linge et c’est effarant de constater à quel point une manutention, apparemment simple, prend des allures affreusement menaçantes quand on ne l’a jamais pratiquée.
Mais Cher Fils n’a jamais renâclé devant un défi et m’assure qu’il se collettera avec Sire Harry mais seulement après le repas du midi. Non pas que la peur de l’échec l’incite à remettre à plus tard le moment de la confrontation avec la machine. Il doit seulement s’activer également à des rangements qu’il souhaite ne pas différer et son activité professionnelle va le renvoyer dans la région parisienne dès demain pour un retour qui n’est pas prévu avant samedi prochain.
« Tu veux l’essayer maintenant ? » Me demande t-il un peu plus tard dans l’après-midi après avoir, l’espère t-il, déjoué les pièges des tuyauteries qui donnent à Harry des allures de dialysé au teint anémié.
Je décèle un soupçon d’inquiétude dans sa voix ; soupçon qui se confirme quand je lui dis qu’il n’y a pas de meilleur moment, à mon avis, pour procéder à un essai et qu’il fait demi tour en direction de la porte tout en appelant :
« Viens avec moi, Roxane.
- Si tout doit sauter, autant éviter le cumul de victimes. »
C’est qu’il est sérieux le bougre !
Autant pour l’amour filial !
Je ne le répèterai jamais assez ; je suis une incorrigible optimiste et, après avoir déposé quelques vêtements dans le tambour sans ressentir le moindre petit battement de cœur manifestant une quelconque appréhension, j’appuie sur le bouton qui lance le programme de lavage.
J’ai eu raison d’accorder plus de confiance à Cher Fils qu’il ne s’en est octroyé lui même. Il est meilleur plombier qu’il ne le supposait.
Trouver le meilleur emplacement pour la table qui fera office de table de repassage est un jeu d’enfant.
C’est aux environs de vingt-deux heures, quand la faim, ne reculant devant aucun moyen coërcitif, nous tord l’estomac pour nous contraindre à interrompre nos occupations, que Cher Fils m’offre un MacMachin rendu à la vie en guise d’apéritif.
Oh, certes, c’est un MacMachin quelque peu handicapé physiquement puisqu’il lui manque des fonctions essentielles :
-
• l’imprimante qui a épuisé toutes ses cartouches et aura besoin d’un meuble pour s’installer commodément
• mon logiciel comptable
• Internet et sa toile magique
• le courrier électronique qui me relie à tous ceux que j’aime - et aussi à ceux avec lesquels je « n’intimise pas » comme par exemple les clients et fournisseurs de Cher Fils.
Mais un MacMachin privé de ses fonctions vitales vaut mieux que pas de Mac du tout. C’est un peu comme un ami convalescent pour lequel je me sens prête à déployer des trésors de patience jusqu’à ce qu’il retrouve tout son dynamisme.
Une fois le repas terminé, Cher Fils prend le cas de Miss télé Sainte-Claire en considération tandis que je m’affaire à laver la vaisselle.
Je m’apprête à essuyer une dernière cuillère lorsqu’il me hèle :
« Bon, la télévision est branchée mais, si tu veux bien, tu te chargeras de la syntoniser et je m’occuperai du magnétoscope pendant le week-end prochain parce qu’il se fait tard et j’ai encore des cours à préparer pour la formation qui commence demain. »
J’en tombe bien d’accord avec lui ; d’autant que minuit pointe le bout de son nez et qu’il doit prendre la route très tôt demain matin.
En refermant le portillon, après qu’il a regagné la rue avec sa voiture, je constate que les trottoirs sont ornés de sacs poubelles uniformément transparents devant les maisons voisines.
Voilà qui tombe à propos car je vais pouvoir débarrasser le sous-sol de quatre gros sacs poubelles en polyéthylène noir de chacun 50 litres dans lesquels nous avons entassé des renforts en polystyrène utilisés pour caler des matériels dans les cartons, bandes de scotch d’emballage, bouteilles plastiques et canettes, résidus de produits alimentaires,…
Cette dernière besogne accomplie, je rentre dans la maison en compagnie de Roxane qui va s’affaler sur sa couverture comme si elle était épuisée pour avoir accompli un travail de Titan.
Comédienne, va !
Mercredi 
juin
Mi décembre, alors que je m’apprêtais à me rendre à Ar..ge pour y visiter la maison élue par Cher Fils, j’avais encore une fois attiré l’attention de « l’agente » immobilière sur l’importance que j’accordais au bien-être de Roxane, ma chienne, laquelle avait besoin, pour se sentir pleinement heureuse, de ses promenades quotidiennes et sans entraves.
Fine mouche, « l’agente » immobilière (rebaptisée Eulalie par mes soins et pour la commodité du récit et - accessoirement - pour préserver son incognito) avait bien compris que, plus que la proximité de commerces et de centres médicaux, les agréments garantis à Roxane détermineraient le succès de sa vente.
Elle avait donc insisté pour me véhiculer jusqu’à un parc ce qui lui permettait de me signaler la proximité d’un cabinet vétérinaire. Et non seulement elle m’avait véhiculée jusqu’au parc mais, n’hésitant pas à sacrifier son brushing et ses escarpins à la pluie qui s’obstinait à nous cracher sa mauvaise humeur hivernale, elle m’avait entraînée dans ses allées pour me montrer le chemin longeant la Sarthe qui serait telllllllllllllllement agréable à parcourir dès l’arrivée des beaux jours.
Seulement, voilà, le trajet qui menait au parc, je l’avais effectué il y avait 6 mois de cela, et je l’avais effectué en voiture. Alors, maintenant, pédibus et même avec un plan de la ville, je n’avais aucune idée du chemin à parcourir pour retrouver ce fichu parc qui devait être tellllllllllllement attrayant sous le soleil de juin qui nous dispensait une agréable tiédeur depuis le début de la semaine.
Or, il me fallait IMPERATIVEMENT trouver un parc, à défaut un square, en dernier recours un pré pour y promener Roxane.
Impérativement parce que ma chienne juge inconvenant de se laisser aller à déféquer ou même faire un simple pipi dans un caniveau et donc encore plus sur le bitume des trottoirs. Seule la verdure lui semble digne d’accueillir ses déjections.
Impérativement parce que ma chienne s’obstine à ne pas comprendre qu’elle a le droit d’uriner et de crotter sur les 375 m2 d’herbe (actuellement anémiée) qui cernent la maison.
- - D’ailleurs, hors ces contingences hygiéniques, force m’est de constater que ma chienne est indubitablement une chienne d’appartement. À mon grand désespoir, ma chienne préfère n’importe quelle pièce de la maison à cet espace herbeux qui a déterminé le choix de la demeure que nous habitons. Un choix dicté par le désir de faire son bonheur. Pire encore, elle manifeste une terreur indicible lorsque je l’exhorte à profiter du jardinet que ce soit pour y folâtrer, y lézarder, ou y faire ses besoins.
Hier matin, stimulée par l’urgence, alors que je petit-déjeunais, je me suis rappelée les champs proches évoqués par la propriétaire de la maison devenue, depuis, l’ex-propriétaire de la maison.
Il fallait, pour s’y rendre, avait elle dit, emprunter quelques rues qui conduisaient à une voie ferrée. Le franchissement de cette voie ferrée était aisé et, une fois qu’elle était traversée, on accédait à des champs après avoir parcouru une petite dizaine de mètres à peine d’un étroit chemin de terre.
Sur le moment, l’idée de franchir une voie ferrée ne m’avait pas séduite et je m’étais empressée d’oublier la suggestion. Hier matin, vu la disette de verdure dont je souffrais, je m’étais sentie plus encline à étudier la suggestion de l’ex propriétaire de la maison.
Il s’était avéré que ces champs ne représentaient peut-être pas un lieu de promenade idéal (si Roxane s’y ébattait avec plaisir dans l’herbe drue qui m’arrivait à mi-mollets, je trébuchais lamentablement entre les mottes de terre qui composaient leur surface) mais au moins étaient ils clos par des buissons touffus.
Comme dit le dicton : faute de gazon on se contente de graminée.
Quoi, vous n’avez jamais entendu parler de ce dicton ?
Ben, c’est normal, je l’ai inventé pour la circonstance. Et si vous tenez absolument à vous en voir servi un labellisé par la sagesse populaire, j’offre celui-ci à votre réflexion : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.
L’instant du p’tit déj. me paraissant le meilleur moment pour prendre de grandes décisions, ce matin je décide que j’ai trop à faire pour partir à la recherche d’un parc. Roxane devra se contenter de batifoler dans les graminées aujourd’hui encore.
Le temps est toujours aussi splendide lorsque je referme le portillon derrière nous aux environs de sept heures (moi qui m’étais promis des grasses matinées, je ne parviens pas à dormir plus tard que six heures alors que jamais je ne me suis jamais couchée aussi tard le soir et hier encore à près de minuit).
Dès que je suis sur le trottoir, quatre anomalies aux mines funèbres me sautent aux yeux : les quatre sacs poubelles en polyéthylène noir que j’y ai déposés la veille au soir.
Un tour d’horizon visuel me confirme que les sacs poubelles transparents qui agrémentaient les portions de trottoir des maisons voisines se sont, eux, volatilisés.
Pourquoi mes sacs poubelles n’ont ils pas disparu, eux aussi ? Pourquoi n’ont ils pas eu les honneurs du camion benne de messieurs les éboueurs ? Mes sacs poubelles seraient ils victimes de racisme ?
Pas de gardien de résidence, ici, pour me renseigner à ce sujet. Quant à interroger le voisinage, autant renoncer à cette idée. Les voisins sont tellement discrets que leurs habitations paraissent inhabitées. Si je veux la réponse à ce mystère, le mieux est encore d’envisager une visite à la Mairie où l’on m’informera, je n’en doute pas, des us et coutumes de la ville d’Ar..ge.
Sitôt dit…
Sitôt ce sera fait… Après la promenade de Roxane.
Fin de matinée, Roxane et moi « badons » donc, qui le nez, qui la truffe, à la brise aussi douce qu’un ruban de soie, jusqu’à la Mairie.
J’abandonne Roxane au niveau de la marche la plus élevée, près de la porte d’accès et, se faisant, en profite pour accorder un satisfecit à Ar..ge.
En effet, jusqu’à présent j’ai toujours pu me faire accompagner de Roxane quel qu’était l’endroit où je me rendais (magasin, Poste, Mairie,…) car j’ai toujours pu attacher la dragonne de sa laisse à proximité.
La dame de l’accueil ne s’empresse pas de m’accueillir, toute occupée qu’elle est à blablater, pépier, glousser, roucouler dans le combiné de son téléphone pour le seul bénéfice d’un interlocuteur manifestement plus… Attrayant ? Séduisant ? Captivant ? Que moi.
Et encore ignore t-elle que je viens troubler sa passionnante causerie pour une sordide histoire de poubelles sinon je crois qu’elle ne se résignerait jamais à mettre fin à son entretien.
Afin de l’amadouer, je commence par, hypocritement, demander mon inscription en tant que future électrice ce qui garantit ma respectabilité citoyenne.
Puis j’en viens à ce qui me préoccupe.
Je lui parle déchets et poubelles ; elle me répond tri sélectif, se lève pour se diriger vers un présentoir qui offre des dépliants à ceux qui veulent bien s’y intéresser, en prend trois ou quatre ici et là et s’en vient me les plaquer dans les mains avec un péremptoire :
« Tout est expliqué la dedans.
- Je vous ai joint également un plan d’Ar..ge et les derniers journaux mensuels de la ville qui vous permettront de faire connaissance avec les activités que nous proposons »
Et pour bien montrer qu’elle ne m’en dira pas plus, elle a un mouvement du menton en direction de la petite file de trois personnes arrivées après moi et qui, faute de sièges, patientent stoïquement en attendant, debout, leur tour.
Sauriez-vous me dire pourquoi, à l’issue de cet entretien, je me sens une âme de colis expédié en Chronopost ?
Pour me consoler de si peu de prévenance, dès mon retour à la maison, je gave le tambour d’Harry, tourne les boutons de réglage, appuie sur le bouton de démarrage, et ne le quitte que lorsque je l’entends ronronner ce qu’il ne manque pas de faire dans la seconde qui suit.
Étendre le linge sur un fil tendu à l’extérieur sur le côté de la maison, le ramasser sec après seulement deux heures d’exposition au soleil et à la brise me ravit, moi qui devais attendre au moins 24 heures même par temps caniculaire pour obtenir le même résultat lorsque je l’étendais dans la salle de bain de mon appartement.
Pendant que la machine s’active je consulte le dépliant qui explique comment on s’adonne aux joies du tri sélectif et à quelles dates on est sensé livrer ses œuvres aux martiens chargés de les ramasser.
Encore est il à supposer que la couleur de leur uniforme n’a pas été choisie pour une ode à Spielberg mais plutôt pour prôner leur appartenance (servitude ?) au mouvement écologique.
Les sacs poubelles transparents à utiliser obligatoirement pour y serrer les bouteilles et flacons plastiques… Avec leur bouchon est il précisé (y’a intérêt à faire gaffe à ne pas perdre les bouchons), briques alimentaires, etc., sont livrés par la société chargé du ramassage des déchets « propres ».
Je les suppose transparents pour éviter que de petits malins mal intentionnés ou tout simplement fainéants n’y glissent des objets illicites.
L’interlocutrice que j’obtiens au numéro de téléphone indiqué sur le dépliant me déclare :
« Vous serez livrée de sacs sous 10 jours »
10 jours !?! Et qu’est ce que je fais de mes déchets que je ne peux pas trier pendant tout ce temps ?
Et qu’est ce que je suis sensée faire des déchets « sales » que la société de ramassage se refuse à ramasser : coquilles d’œufs, carcasse de poulet, pots vides de yaourts, mouchoirs utilisés, Sopalin, … ? Pour résumer, tous les déchets inhérents aux besoins de consommation banals d’une consommatrice banale.
Et qu’est ce que je suis sensée faire des 4 sacs poubelles en polyéthylène noir de chacun 50 litres dans lesquels s’entassent des déchets pas du tout écologiques, véritables tentations pour souris, qui reposent sur le sol du sous-sol.
« Il faut les emmener à la déchetterie ; l’adresse figure sur le dépliant où vous avez trouvé notre numéro de téléphone. » Barrit la dame dans mon tympan lequel, sous le choc, vibre un tempo indigné qui a pour effet de me coincer la glotte et me couper le sifflet.
Si bien que c’est à un combiné sourd que je murmure : « Et comment ils font pour se rendre à la déchetterie avec leurs sacs poubelles ceux qui, comme moi, n’ont pas de voiture ? »
En l’occurrence, je peux toujours demander à Cher Fils d’emmener les 4 corps du délit à la déchetterie dès son retour, samedi prochain. Il n’en demeure pas moins que je continuerai à produire des ordures ménagères non recyclables comme toute consommatrice lambda et que je ne peux pas/ne veux pas dépendre de la gentillesse/bonne volonté de Cher Fils pour m’en débarrasser.
Pour achever de me contrarier, Sainte-Claire refuse obstinément de se laisser syntoniser et m’offre le spectacle consternant d’un écran neigeux.
Bien sûr, Sainte-Claire n’est pas indispensable et, le soir, une fois sustentée, la vaisselle lavée et rangée, j’ai toujours la ressource de me laisser bercer par les voix qui sortent de mon transistor tout en reprenant la lecture d’un roman commencé dans une autre vie.
Je m’accorde même le plaisir d’une promenade crépusculaire à travers les rues d’Ar..ge en compagnie de Roxane et m’aperçois qu’après une bonne demi heure d’errance, nous n’avons pas rencontré âme qui vive ; nous avons déambulé dans le silence le plus total !
Je consulte ma montre puis, de retour à la maison, un réveil et également l’horloge qui s’affiche sur l’écran de MacMachin sans parvenir à croire à cette réalité : il n’est jamais que vingt-et-une heures et, Roxane et moi exceptées, aucun être humain ne rodait dans Ar..ge !!!!
À M.les-C., que je sorte à 6, 12, 19, 23 et même à 2 heures, j’étais assurée de toujours rencontrer, croiser, apercevoir, d’autres personnes, de toujours entendre un son qu’il soit musical, plaisant, ou désagréable.
J’ai l’impression d’avoir atterri sur une autre planète.
Jeudi ![]()
juin
Ar..ge a décidé de me réserver un visage accueillant qui m’offre de nouveau une journée ensoleillée dès que j’ouvre les yeux.
Je me garde bien en effet de fermer totalement les volets qui protègent la fenêtre de ma chambre afin de laisser passer l’air du dehors pendant la nuit.
Rien de tel qu’une journée radieuse dès le réveil pour vous mettre de bonne humeur.
Je suis résolue à ne pas rester obnubilée par les quatre sacs poubelles que je stocke contre mon gré, à ne pas me laisser obséder par les ordures ménagères que je continue à accumuler au fil des jours qui passent, à oublier Sainte-Claire dont l’écran s’obstine à me présenter la vision d’un blizzard tout à fait hors de saison.
Je suis bien décidée à jouir de cette journée estivale sans permettre au moindre souci de me tourmenter.
Dans l’heure qui suit, Roxane, qui profite de cette excursion pour m’infliger un épouvantable moment d’effroi comme elle seule sait m’en réserver de temps à autres, bouleverse mes bonnes résolutions.
Rappelez-vous, j’avais loué la présence des buissons touffus sensés clore efficacement les champs où je l’emmène s’ébattre le matin.
Je perds encore une illusion lorsque Roxane s’engouffre entre des arbrisseaux rébarbatifs aussi bardés d’épines qu’un enchevêtrement de fils barbelés.
Une seconde après, j’entends un « plouf » puis un bruit de barbotements effrénés et mon cœur s’affole à l’unisson tandis que d’une voix éraillée par l’épouvante, je braille : « Roxane, ici ! Ta place, Roxane ! »
Tu parles d’un moyen de sauvetage efficace si elle est en train de se noyer dans une mare fangeuse !
Lorsqu’elle finit par réapparaître, après une attente qui n’a jamais duré que le temps d’une éternité, je la prends dans mes bras, je la serre contre moi si trempée, boueuse, répugnante, nauséabonde qu’elle soit, tant je me sens soulagée de la savoir hors de danger.
Les expéditions dans les champs derrière la voie ferrée, c’est terminé ; je me le promets.
Une promesse que je suis certaine de tenir car si bref soit le trajet entre la maison et les champs, il n’en est pas moins rebutant avec tous ces chiens qui nous apostrophent pendant notre passage. Chaque maison ou presque a son chien. Chaque chien se montre agressif et je suis persuadée que leurs aboiements se veulent aussi vindicatifs qu’insultants.
D’ailleurs Roxane ne s’y trompe pas qui rétorque avec, me semble t-il, autant d’énergie que de jubilation.
Ras-le-bol des aboiements de tous les chiens qui nous injurient hargneusement lorsque nous passons devant la clôture (que j’espère assez haute et assez solide pour retenir leur agressivité) de leur maison ; quitte à traquer un voisin dans sa demeure et à lui infliger les pires sévices pour le forcer à parler, je suis décidée à savoir où se trouve le parc entrevu l’hiver dernier.
De retour de cette promenade mouvementée, alors que je m’apprête à ouvrir le portillon qui donne accès à mon jardinet, je suis saluée par une voisine d’un âge identique au mien me semble t-il.
-
(Je m’apercevrai vite que les gens qui peuplent ma rue sont en grande majorité des personnes de ma génération. Autrement dit des camarades de classe de Néfertiti comme ironise Cher Fils)
De manière très avenante, elle se présente -Madame Tricot-, me souhaite la bienvenue et s’empresse de m’expliquer que je viens de déposer mes bagages dans un quartier où les gens entretiennent des relations de bon voisinage mais ne se fréquentent pas. Il va de soi que je peux sonner à sa porte si j’ai besoin de quoi que ce soit mais le copinage n’est pas une denrée que l’on trouve dans le secteur.
On serait, à moins, interloqué tant par le discours (qui m’évoque certaine chanson de Bénabar) que par son ton péremptoire.
Je leur ai quémandé quelque chose aux habitants du quartier ?
J’ai une tête de quêteuse peut-être ?
Moi qui défend farouchement mon indépendance, je suis presque vexée de m’entendre ainsi dicter ma conduite par des gens que je n’ai pas sollicités.
Dissimulant ma contrariété, je tranquillise cette charmante dame et l’assure que cette règle de vie me convient parfaitement mais, avant que de sonner à sa porte, peut-être peut elle me dire, de suite, quel trajet emprunter pour trouver un parc qu’il m’a été donné de visiter en décembre dernier et qui est proche d’une rivière ?
La dame n’en a aucune idée et j’en déduis qu’elle n’est amateur ni de jogging, ni de marche.
Le soir, je tente donc un autre itinéraire pour trouver un lieu de promenade et me rends à l’évidence que je ne suis pas douée pour les découvertes.
Avec moi comme capitaine d’une armada de goélettes (j’aurais pu écrire vaisseaux mais goélettes m’a semblé plus poétique, plus iodé
), les indiens d’Amérique chasseraient encore le bison et ignoreraient toujours les méfaits de l’eau de feu. Pour résumer, ils vivraient encore heureux dans l’ignorance du pire prédateur qui existe au monde : l’homme, blanc de peau et d’âme noire.
Certes, je trouve bien des champs assez éloignés de la route nationale où sévissent les camions que ma chienne considèrent comme des engins menaçants et donc terrifiants. Je trouve bien des champs libres d’accès et suffisamment clos pour déjouer toute possibilité d’évasion, des champs dont l’herbe haute a certes l’aspect de paille mais pas au point de rebuter Roxane, des champs assez vastes pour lui permettre de batifoler tout à loisir. Le seul défaut de ces champs, mais un défaut qui s’avère être un inconvénient majeur, c’est que l’herbe haute est armée d’épis barbus qui, je m’en aperçois bien vite, s’insinuent dans mes chaussettes et se transforment en autant de minuscules mais très irritants porcs-épics végétaux bien plus agressifs que des cactus.
Et voilà encore un endroit que nous éviterons de fréquenter.
Je pense que tout le monde se fiche de savoir que le soir va nous apporter un orage qui, comme chaque orage, quel que soit son intensité, va, bien évidemment, provoquer la peur hystérique de Roxane. Affolement qui a le don de me bouleverser, de me culpabiliser et que je suis obligée de subir avec fatalisme puisque je n’ai pas de solution pour la rassurer et la calmer.
vendredi 
juin
Je vais finir par croire que ces rayons de soleil qui me saluent avec une douce bienveillance dès que j’émerge du sommeil le matin sont une constante de Ar..ge.
Hier soir, avant de me coucher, j’ai, une nouvelle fois consulté le plan d’Ar..ge qui m’a été remis par la fort aimable et piépiante employée de la Mairie avec l’espoir d’y trouver le parc que je cherche. Espoir déçu cette fois encore.
Pourtant, j’en suis certaine, il devrait se trouver là où je le cherche, à peu de distance de la rue que j’habite, parallèle à la rue Nationale (qui se trouve être également la rue principale d’Ar..ge avec ses commerces divers de part et d’autre et, bien évidemment, les agences bancaires qui courtisent les commerçants), accessible après avoir franchi un petit pont de bois.
Je ne suis pas du genre à renoncer dès le premier obstacle (non, non, je n’ai pas oublié les détritus ménagers et les sacs poubelles qui patientent et qui continuent de s’accumuler au rez-de-chaussée de la maison en attendant le retour de Cher Fils ; non, je n’ai pas oublié qu’il me faut trouver une solution pour les ordures ménagères qui ne manqueront pas de s’amonceler ensuite) et tout le temps pendant lequel j’ai préparé puis bu mon infusion (sensée m’aider à dormir et dont le résultat est très aléatoire), tout le temps pendant lequel je me suis préparée pour la nuit (savonnage, récurage, rinçage, bouchonnage, étrillage dentaire, mise en T-shirt - de loin plus confortable qu’une chemise de nuit qui tire-bouchonne sournoisement jusque sous la poitrine pendant qu’on dort ou un pyjama dont une partie du pantalon s’entête à s’insinuer entre les fesses), je me suis creusée la tête pour détecter le moyen qui me permettrait de dénicher ce parc de plus en plus tentant comme tout objet de convoitise qui se dérobe.
Et si je n’ai pas crié Eurêka en revissant le bouchon du tube de dentifrice, quand j’ai trouvé la solution à mon problème, c’est uniquement parce que je ne parle pas grec couramment.
Que n’y avais-je pensé plus tôt ? Il suffisait de demander à un commerçant. Qui est mieux placé qu’un commerçant pour connaître sa ville ?
Or, parmi le courrier déposé dans ma boîte à lettres, une lettre de la Sécurité Sociale, dont j’allais désormais dépendre, me confirmait mon adhésion et, entre autres, m’enjoignait de procéder à la mise à jour de ma Carte Vitale par le biais d’une borne mise à disposition des assurés sociaux dans toute pharmacie.
L’avantage d’une officine de pharmacie, c’est que plusieurs personnes y sont employées et que le renseignement que tel(le) ne connaît pas sera su par tel(le) autre.
Et bien non ! Un parc, ils ne connaissaient pas ! À moins que…
« Oh, vous voulez sans doute parler de l’Esplanade du Port ! C’est vrai qu’il y a un beau petit carré de verdure mais ce n’est pas un parc !
- Continuez tout droit vers… et juste après la boulangerie et avant le bar qui fait loto, tournez à main gauche la ruelle qui descend et vous accéderez à l’endroit que vous cherchez. »
Roxane et moi ne longeons pas plus de quatre à cinq façades de maison avant d’arriver à la ruelle qui descend… Entre deux poubelles malodorantes placées en sentinelles. Un détail omis par la pharmacienne laquelle n’a peut-être jamais traîné ses guêtres dans ce passage qui donne plus l’impression de mener à une Cour des Miracles qu’à un attrayant carré de verdure.
Je vais finir par me demander si je deviens paranoïaque ou si l’acharnement des poubelles à me poursuivre dans cette ville écologique est une réalité ?
Le parc de mon souvenir n’est, à l’évidence, qu’un carré de verdure dont la surface n’excède certainement pas les 5 à 600 m2. Un carré de verdure qui serait suffisamment vaste pour favoriser les ébats de ma chienne si ses issues (les issues du parc, évidemment ; soyez sérieux un peu ; avez-vous déjà vu une chienne avec des issues ?) ne laissaient voir de manière bien trop tangible les énormes bahuts qui roulent bruyamment sur la route nationale. (Je suppose qu’il n’est plus besoin de vous expliquer pourquoi ?)
Une fois traversé le parc qui n’est à l’évidence pas un parc - et qui ne pouvait donc figurer à ce titre sur le plan remis par la gracieuse et gloussante employée de Mairie – j’accède effectivement à une petite esplanade. Pour ce qui est du port, j’émets des réserves car je n’y ai vu nul bateau et y en aurait il eu que la place, me semble t’il, ne permet pas une flottille notable.
Par contre, un petit sentier de terre s’ouvrant à ma gauche me lance un coup d’œil engageant avec sa promesse d’une promenade entre des jardins protégés de toute incursion par des grillages et les abords de la rivière qui coule paisiblement.
Roxane est séduite elle aussi qui ne se permet que deux incartades mineures (une invasion dans le seul jardin non protégé par un grillage pour y voler un ballon et, accessoirement, infliger un moment de terreur intense à un couple qui petit-déjeunait et la course poursuite après un chat suivi de la tentative de le déloger de l’arbre dans lequel il s’est juché) pendant tout le temps qu’il nous faut pour arriver à un embranchement qui, loin d’offrir la perspective d’un choix entre deux directions, se présente comme un cul de sac qui nous oblige à rebrousser chemin.
Pas grave, l’aller seul demande une vingtaine de minutes de marche et il est temps de rentrer à la maison pour, de nouveau, solliciter les services d’Harry puis aller faire quelques courses chez l’ED pour trouver de quoi nous sustenter pendant le week-end Cher Fils et moi.
Non, inutile de vous précipiter sur votre téléphone pour appeler la SPA, pour m’accuser d’affamer Roxane.
Mardi dernier, Cher Fils a ramené deux grands sacs de croquettes et j’ai fait ample provision de diverses douceurs pour chien avant le déménagement. Vous savez, vous propriétaires de chiens, ces douceurs que votre cabot adore et que votre vétérinaire abhorre.
Si vous ne connaissez pas ED, consolez-vous, vous ne perdez rien.
C’est exactement le genre de magasin où il est inutile de chercher ce que vous souhaiteriez y trouver. Entre autres, pas le poulet rôti que j’achète chaque semaine et j’espère que la place du marché abrite bien un marché et que ce marché s’installe le samedi sur cette place qui lui est destinée.
ED me ferait presque regretter l’hypermarché Carrefour contre lequel je n’ai cessé de vitupérer depuis qu’il s’est implanté près de mon ex chez moi pour y remplacer Continent qui était un gentil supermarché convivial et bien achalandé.
ED n’a qu’un mérite : me renforcer dans ma résolution d’acheter un vélo qui me permettra d’aller faire mes courses dans le Super U distant de 2 km.
Oui, je me doute bien que ce ne sera pas très rigolo en hiver ou par temps de pluie mais pour la ligne et le galbe des mollets, c’est excellent.
Vous ai-je déjà dit que j’étais dotée d’un inaltérable caractère optimiste ?
Samedi
juin
Hier, de retour de promenade, j’ai de nouveau eu l’occasion de saluer Madame Tricot qui s’est enquise de savoir si j’avais enfin trouvé le parc que je cherchais.
Je ne me suis pas contenté de lui répondre par l’affirmative. Je lui ai dit comment ma mémoire avait gardé un souvenir erroné puisqu’en fait il ne s’agissait pas vraiment d’un parc. Puis je lui ai décrit les lieux avant de lui raconter notre balade et les fredaines de Roxane.
« Oh, l’esplanade du port ! Bien sûr ! Que n’y ai je pensé ! » S’exclame Madame Tricot avant de poursuivre :
« Mais la prochaine fois, au lieu de prendre le chemin sur votre gauche, je vous suggère vivement d’emprunter celui qui est un peu plus loin à droite.
- Vous verrez, la promenade est autrement plus agréable.
- Et si vous êtes bonne marcheuse, vous pouvez aller jusqu’au plan d’eau de La G. qui, lui, est situé près d’un véritable parc. »
Comme le temps est toujours aussi radieux, je décide de suivre le conseil de Madame Tricot (qui, tout comme son époux, s’avèrera de fréquentation certes très occasionnelle mais néanmoins très plaisante).
Bien m’en prend car c’est vraiment un lieu de promenade très agréable avec son large chemin de terre uniformément plan qui suit le fil du fleuve sur un côté et longe, sur son autre côté, tantôt des zones boisées avec de temps à autres des espaces ouverts qui laissent apercevoir des terrains de sport, tantôt des champs dans lesquels gambadent les lapins.
Je n’ai qu’une crainte, c’est que Roxane cherche à attraper les poules d’eau qui jouent les Canadairs kamikazes. Les abords abrupts du fleuve ne sont guère propices à une escalade et, dans l’impossibilité de remonter sur la berge, elle se noierait.
Heureusement, l’endroit est aussi désert qu’une cervelle de jeune délinquant et mes hurlements pour la rappeler chaque fois qu’elle s’approche un peu trop de l’eau à mon gré ne risquent pas de déranger qui que ce soit si ce n’est les canards et les ablettes.
Pour autant, je ne voudrais pas la priver de liberté à cause de mes craintes peut-être irrationnelles mais, même s’il m’a été affirmé - par ceusses-là qui prétendent s’y connaître en comportement animalier - qu’un chien ne plonge jamais dans un endroit dont il n’est pas certain de remonter, je ne suis pas rassurée pour autant.
Je ne suis pas rassurée parce que ma « Rantanplan » de Roxane n’est peut-être pas informée, elle, qu’un chien ne plonge jamais dans un endroit dont il n’est pas sûr de sortir.
Je ne suis pas rassurée parce que, pendant des années, j’ai cru aussi qu’un chat retombait toujours sur ses pattes comme j’ai cru également qu’un animal ne mangeait jamais de la nourriture avariée et que l’expérience m’a appris que ces croyances populaires n’étaient que des fariboles.
Bien évidemment, ma folle de Roxane qui est obnubilée par les poules d’eau et les canards qu’elle ne peut atteindre ne voit pas les lapins qui folâtrent dans les champs.
Je dois avoir un fond maso que je ne me connaissais pas pour aimer autant un animal aussi irritant que cette chienne.
Irritante, elle va l’être encore plus dans quelques instants mais je l’ignore encore au moment où nous arrivons au niveau d’un petit tunnel qui passe sous une route.
Les matins suivants, je découvrirai que cette route, si paisible les samedi et dimanche, est très fréquentée en semaine tant par des voitures que par des camions roulant à vive allure ce qui m’obligera à rebrousser chemin bien avant d’arriver à l’entrée du tunnel car bien évidemment la vue et le bruit de cette circulation auront le don de rendre Roxane hystérique dès qu’elle les percevra.
Pour l’heure, nous passons sous le tunnel, rencontrons un chien et son maître que nous saluons (enfin, pour être précise, Roxane salue le chien et moi le maître), et après quelque pas et un tournant, nous débouchons sur une vaste étendue d’herbe qui longe un vaste plan d’eau avec une (presque) vaste plage de sable sur l’un de ses côtés et… Des canards voguant sur le plan d’eau.
Le voudrais-je que je ne pourrais retenir Roxane. Je n’ai pas le temps de dire ouf que déjà elle a fait plouf.
Les canards en ont vu d’autres et ricancanent en mettant les voiles. Roxane s’obstine à vouloir les attraper. Je peux toujours m’égosiller que je veux la voir immédiatement à sa place. Elle a décidé que sa place était dans l’eau pour y attraper un canard. Au moins un pour leur apprendre à la narguer.
C’est à un moment comme ça que je regrette de nager avec l’aisance d’un quokka.
-
(Je défie quiconque de me soutenir, en me regardant droit dans les yeux, avoir déjà vu nager un quokka)
Quand enfin elle se résigne à regagner la berge, ce n’est pas pour m’obéir mais, je crois bien, tout simplement parce qu’elle finit par prendre en pitié ma voix éraillée.
Le retour à la maison me démontre encore une fois l’injustice de la vie avec une Roxane fringante qui va se prélasser tandis que moi, épuisée, je vais devoir me coltiner la corvée de courses.
Lorsque nous sommes parties nous promener, j’ai vu s’installer le marché et j’ai vérifié que je pourrai y faire l’emplette d’un poulet rôti.
Après avoir donné ses croquettes à Roxane, je lui explique que je vais devoir la laisse seule tout comme hier, quand je suis allée chez ED.
Pendant une bonne dizaine de minutes, je lui rappelle que la veille je suis revenue comme je le lui avais promis et qu’il en sera de même cette fois encore. Je la câline et lui assure qu’elle n’a pas à avoir peur d’être abandonnée.
N’empêche que le regard éploré qu’elle me lance dès que je franchis le portillon me tourneboule l’estomac.
En rentrant du marché, je rencontre Madame et Monsieur Tricot. Madame me présente son époux (un homme tout aussi sympathique que son épouse ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire). Il a un charme supplémentaire à mes yeux ; il est coiffé en catogan. J’adore les hommes coiffés en catogan. Ça leur donne un genre baba-cool qui les rend, à mon goût, très séduisants.
« Ma femme m’a dit que vous promeniez parfois votre chienne de l’autre côté de la voie ferrée, me dit-il.
- Si je peux me permettre, je vous le déconseille fortement. C’est un coin rempli de vipères. Elles adorent se lover sur le ballast et abondent dans les champs proches. »
J’ai la phobie des serpents. J’ai la phobie de tout ce qui est rampant d’ailleurs. Au point de défaillir même si je n’en aperçois qu’une image que ce soit sur papier, sur un écran de télévision, ou sculpté.
Je sens ma peau se hérisser, mon estomac se tordre, la nausée m’étreindre la gorge tandis que je m’exclame :
« Oh, merci de m’avertir. Je déteste ces bestioles à un point que vous ne pouvez imaginer.
- Soyez certains que je ne remettrai jamais les pieds dans ce coin là.
- J’ai tellement la phobie de ces animaux que ne m’approcherai même pas de cent mètres de la voie ferrée. »
« C’est surtout que votre chienne aurait pu se faire piquer ! » Me dit-il sans malice.
Je vis secrètement un grand moment de honte. Les reptiles me révulsent à un point tel que je n’avais même pas pensé au danger couru par Roxane.
Hier soir, Cher Fils qui, pendant toute la semaine dernière a installé ses quartiers dans l’appartement que j’ai quitté à M. les C. (non pas pour que mon F3 ne se sente pas trop brutalement abandonné - Cher Fils n’a pas de ces états d’âme - mais par commodité car la formation qu’il dispensait avait lieu en région parisienne), Cher Fils m’a téléphoné pour me prévenir qu’il ne reprendrait finalement la route qu’aujourd’hui :
« Quand j’ai dit aux déménageurs de ne pas toucher à telle et telle machine, à tel et tel objet, je n’ai pas réalisé la quantité que ça représentait alors je vais dormir et je chargerai tout dans la voiture demain matin. Ça me permettra d’ailleurs de dormir toute une nuit ce qui ne m’est pas arrivé depuis longtemps. »
Ne sachant à quelle heure il est sensé arriver, j’ai acheté de quoi lui préparer un dîner mais comme, à midi et demi, je n’ai toujours aucune nouvelle de lui, je lui téléphone et…… Je le réveille.
Bon, inutile de l’attendre avant le milieu de l’après-midi. J’espère seulement qu’il arrivera suffisamment avant l’heure de fermeture de la déchetterie pour aller nous débarrasser des quatre sacs remplis de déchets qui continuent à squatter la poubelle en plastique accoudée contre l’un des murs sur le côté de la maison tout comme un poivrot est affalé contre le zinc d’un bistrot.
Espoir déçu - mais j’ai tellement l’habitude que mes espoirs soient déçus qu’ils ne sont jamais très consistants ce qui a pour avantage de m’éviter de cruelles désillusions - la voiture de Cher Fils ne pointe le bout de pare-choc avant de sa voiture que bien après dix-neuf heures.
Tout en préparant un frugal repas dans la cuisine (pour sa ligne, pas la mienne ; j’ai perdu tellement de kilos depuis l’arrivée de mon coach (Roxane) que je saute allègrement dans mes jupes et pantalons taille 38) je lui expose mes problèmes avec Sainte-Claire qu’il m’a été impossible de faire fonctionner.
« je n’obtiens qu’un écran neigeux et il n’y a même pas de son.
- Il va falloir que je fasse appel à un électricien pour qu’il la programme. »
« Ah bon ! Me lance t-il cinq minutes après de la salle de séjour/salon où il s’est assis dans LE fauteuil. (Ce n’est pas que ce fauteuil soit particulier ; c’est que je n’en possède qu’un seul)
- Et comme ça ? Est ce que tu entends quelque chose de compréhensible ? Et tu penses que tu pourras te satisfaire des images que l’écran te renvoie ? »
Sainte-Claire a renoncé à son mutisme exaspérant et m’offre la vision d’un documentaire passionnant sur la tonte des moutons qu’elle commente de cette voix lénifiante qui a le don de me mettre en rage. (Parce que, bien sûr, pour achever de me narguer, il a choisi ARTE la chaîne des intellos) (NB - Il est bon de savoir que je considère comme intellos tous ceux qui ne sont pas comme moi des accros de séries policières ou des séries du genre « Desperate Housewives ») .
Je me suis escrimée pendant des centaines de minutes sur les touches verte, bleue, rouge, jaune, de la télécommande. Je me suis énervée en me cassant les ongles sur la touche « Install. ». Je me suis exaspérée de ne jamais obtenir le plus infime résultat laissant présumer une perspective de succès. J’ai résisté au désir impétueux de jeter cette scrongneugneu de télécommande contre la cheminée.
Et maintenant, toute honte bue, il me faut faire face à Cher Fils qui goguenarde :
« T’as failli rendre un électricien heureux.
- Je l’imagine très bien ou plié de rire ou te tendant avec le plus grand sérieux une facture au montant astronomique. »
Dimanche
juin
Rien de spécial ne marquerait ce dimanche qui achève ma première semaine ar..geoise. si ce n’est un grand coup de spleen qui choit sur ma p’tite tête le matin alors que Roxane me promène sur le chemin de halage en bord de Sarthe.
C’est qu’il est tellement désert ce chemin, à 8 heures le matin, avec juste deux ou trois féroces pêcheurs, chacun ayant mis en embuscade une quadruple canne à pêche (le goujon mérite t-il cette attaque féroce ? Je lorgne les cannes à pêche et, phénomène d’empathie piscicole ? J’entends la wagnérienne « Chevauchée des Walkyries » trompeter à mon ouïe).
Mes amis me manquent.
Me manquent la pétulance des danseuses, Karine et Christine,
Sylviane et sa tendresse pour les ânes… Lorsqu’ils marchent sur quatre pattes,
Patricia qui voit la nature avec le même regard que moi,
Danne, le baroudeur grand prédateur de taupes,
Marc et sa connaissance sans forfanterie de la gente canine,
et, plus que tout autre, mon ami Le Chat avec qui je me sentais en parfaite symbiose.
Moi qui ai toujours goûté le bonheur de la solitude, je souffre de manquer de quelque chose que je ne peux définir mais dont tu es responsable ami Chat.
Ami Chat, je te hais en ce moment de me manquer autant.
Heureusement, si un déménagement occupe, un emménagement donne encore plus d’ouvrage.
Déménager, c’est avant tout un mélange dosé de réflexion et de travail musculaire : il faut étudier la meilleure façon de fractionner les objets à transporter tout à la fois pour répartir les charges de manière raisonnable dans les cartons et pour ne pas avoir à chercher où est quoi quand viendra le moment d’y récupérer les objets emballés.
Emménager c’est récupérer les objets de première nécessité puis prendre le temps de cogiter sur le rangement le plus intelligent à adopter. Et ça, ça prend du temps (surtout lorsqu’on est affligé, comme moi, d’un QI de carassin).
Alors, avec ce genre d’occupation partagée avec Cher Fils le restant de la journée, je n’ai pas le loisir de m’appesantir sur mon spleen matinal.
Cher Fils et moi sommes satisfait du résultat de nos efforts quand nous nous décidons à passer à table pour nous sustenter.
La soirée est déjà bien avancée et nous ne nous attardons pas à déguster le yaourt servi pour dessert.
Demain, Cher Fils doit reprendre la route pour une nouvelle formation à dispenser à Rennes et sa nuit de sommeil va encore être courte.
Afin de lui éviter de perdre plus de temps que nécessaire, je décide d’aller fermer le portillon dès que sa voiture l’aura franchi.
C’est ainsi que dans la nuit claire, je remarque des sacs poubelles en polyéthylène couleur pruneaux posés comme de gros étrons soit à même le sol, soit dans des poubelles pansues au teint charbonneux, devant chaque porte de pavillon, sur chaque trottoir, tout au long de la rue.
Des sacs qui contiennent les déchets qui ne font pas l’objet d’un tri sélectif, bien sûr ! Comme je l’apprendrai à force de surveillance intensive
, des sacs ramassés par les éboueurs deux fois par semaine.
Quand je pense que chaque fois que je me suis inquiétée du ramassage des ordures ménagères auprès du peu de personnes rencontrées dans cette ville, elles m’ont bassinée avec les seuls et uniques rebuts … Écologiques !
Quand je pense que j’en arrivais presque à douter de mes bonnes mœurs concernant mes aptitudes à la propreté !
Quand je pense que j’en arrivais presque à croire que j’étais la seule créature d’Ar..ge à produire des déchets !
Ouf, les habitants d’Ar..ge sont bien des humains ! Ils salissent, ils polluent, comme tous les humains de la planète terre et leur transit intestinal ne métamorphose pas la nourriture qu’ils ingèrent en œufs dignes de la collection Fabergé. Les habitants d’Ar..ge défèquent comme tout un chacun. Voilà qui me rassure sur mes facultés à m’intégrer à cette ville illogique***
Ainsi se termine ma première semaine ar..geoise.

*** Jamais je n’ai vu une ville, une ville qui plus est se prétend écologique, équipée de si peu de poubelles sur ses trottoirs.
Or, tout agent d’entretien de la voirie vous le dira, l’intérêt des poubelles, c’est qu’on repère de loin le tas de détritus que les gens s’empressent de jeter juste à côté.

Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
Point d’interrogation : http://www.animated-gifs.eu/
calendrier juin : http://www.123gifs.com/
chiffres 23 à 26 : http://katbalou.centerblog.net/
chiffres 27 & 28 : http://jacotte26.forumactif.com/
lave-linge, écrans télévision, écran ordinateur :
http://iledebeaute.centerblog.net/
poubelle : http://www.informatiquegifs.com/
main tendue : http://www.anpec.net/pratique/gifs/
chien avec os : http://www.gifsanimes.net/
Barres de séparation : http://colinou.centerblog.net/

31 août 2009 à 16:51
tiens tiens ton site me reconnait et pas besoin de remettre de mot de passe!!! comme c’est bitrange autant qu’hézard..et surtout quelle chance!
il faut vraiment que ce soit toi pour qu’en plein après-midi alors qu’il fait si beau dehors je passe du temps sur la toile.. je suis venue voir si j’avais un mail urgent à répondre pour l’assoc.. et je vois le tien.. alors je me dis que je ne peux attendre ce soir pour te lire.
mais que tu m’as fait rire toi la parisienne qui ne sait pas ce que c’est que le tri sélectif.. moi qui me bat depuis des années pour qu’on l’implante..et quand je pense que dans tes sacs poubelles tu mélanges, les bouteilles et les canettes avec le reste, c’est un sacrilège. et tes coquilles d’oeufs!! que Dieu (s’il existe) protège ton âme impie. Il va falloir que tu apprennes que si tu ne veux pas que tout soit brûlé dans un incinérateur hautement cancérigène, à suivre quelques règles.. déjà réserve un petit coin de ton jardin en demandant à Cher fils de te ramener deux palettes pour le délimiter et tu y mettra tes restes de cuisine, tes coquilles d’oeufs, sopalin, journaux que tu devras mettre en boule (ce qui changera des journaux qui nous mettent en boule ) etc… tout ce qui est fermentessible!!
Pour les bouteilles plastiques, canettes, boites de conserves, journaux tout est recyclables et logiquement tu as des moloks en ville et Arge ne peut qu’en avoir. Et une grande partie ira à la déchetterie.. tu verras que tu auras une toute petite poubelle. Moi je n’en ai qu’une par mois. Et tu t’apercevras surement que sur tes impôts tu auras moins à payer de taxes sur le ramassage des ordures (en principe) Maintenant que je te sauve de l’enfer où tu aurais été surement si tu avais continué… tu vas enfin avoir “un peu” d’esprit écologique et apprécier de vivre dans une ville qui le soit.
Il va falloir que la cite en exemble dans le site de mon association.
Quel dommage que ton récit soit terminé.. mais non, je sens poindre à l’horizon d’autres récits qui font ma joie.
bisous admiratifs de haute savoie
une autre râleuse
1 septembre 2009 à 10:11
Eh, tu charries, Chantal
Je ne mélange pas canettes et bouteilles.
)
Les canettes je ne connais pas.
Et pour cause, quand je me poch’tronne, c’est, en général, avec du Whisky (sans eau et sans glace ; j’ai pas envie d’attraper la bilharziose ou pire encore l’onchocercose
2 septembre 2009 à 2:34
Morte de rire…. j’ai horreur du whisky qui est pourtant une boisson bien plus naturelle que le caca colo (je ne peux m’empêcher cette contrepètrerie ..) boisson qui ramone l’intestin et qui nettoye l’argenterie comme personne!!
Tu signaleras à Monsieur Tricot que les vipères ne piquent pas mais qu’elles mordent.. et sont-ce vraiment des vipères ? quand je suis arrivée ici il y a 20 ans j’étais comme toi au point que si je voyais un rampant, je fermais toutes les portes et ne sortais pas pendant 3 jours.. maintenant j’ai appris à les connaître, et à m’approcher pour les photographier et certains couleuvres sont très belles..
Bon pour parfaire ton éducation en écologie je te conseille vivement de lire l’article que je viens de mettre en ligne sur le blog de mon assoc
http://notrevalleearveetgiffremarignierinfos.chezblog.com lol…
et si par hasard tu mets un com.. on ne se connait pas.. c’est le blog officiel lu par les élus (je dirais plutôt épié..)
Voilà chère râleuse.. je viens de rallumer l’ordi car je ne trouve pas le sommeil et nous avons eu de gros orages qui m’avaient forcé à l’éteindre ! je me demande si c’est la pleine lune ou pas !
7 septembre 2009 à 17:45
Je suis persuadée que tu vas t’adapter à la vie rurale, mais c’est sûr ! ça doit faire un sacré contraste entre la ville de lumière et la ville sans âmes qui vivent. Quoique, Mr et Mme Tricot sont là pour veiller à ce que tu ne tombes nez à nez avec un rampant !! Brrr !!! J’ai la même phobie que toi, vis à vis d’eux ! J’espère que Mr et Mme Tricot ne se feront pas rappeler à l’ordre si le voisinage constate que ces deux charmantes personnes ne respectent pas les consignes de vie collective qui ne sont autres que : “Pour vivre heureux, vivons cachés” Quelle horreur !
Concernant Harry avant que tu nous fasses part de qui il s’agissait, j’ai bien cru que tu parlais d’un hérisson, dès que nous voyons une de ces adorables bestioles grignoter quelques croquettes dans le jardin, nous l’appelons Harry ! Mdrr !!! Quand j’ai lu qu’il s’agissait du prénom de ton lave linge ! Sinon, j’aime beaucoup ton expression :”Mettre les mollets au pas” ton humour est intact ce qui signifie que tu t’es parfaitement adaptée à cette ville d’A….. Quant au coup de ton inscription sur la liste électorale afin d’y quêter des renseignement concernant le ramassage des ordures, j’ai trouvé ça très fin, je dirais même GENIAL !!!
Heu… Dorénavant, je ne dirai plus, je vais farnienter dans mon jardin (de 600 mètres carrés) mais dans mon PARC ! Wow !!!
J’espère que tu souffres moins de l’absence de tes ami(es) parce que quelque part, il est vrai qu’un déménagement équivaut à un déracinement.
Je connais l’enseigne ED et sincèrement, je te plains d’être pour le moment obligée d’aller te ravitailler dans un truc aussi pourri ! Jean-Pierre Coffe, ne trouverait pas autre chose à dire que :”Tout ce qu’ils vendent là dedans, c’est d’la M…. !!!” Vivement que tu aies un vélo parce que le U, il est SUPER !!!!
Cool ! Je ne suis pas non plus une intello ! Vivement d’main ! pour la suite de Desperate Housewives !!! Mysteria Lane, un petit coin de paradis où les habitants cohabitent en bons voisins et bien, je crois que la fiction dépassera toujours la réalité !!! C’est un mythe, bouh hou hou !!!!!
(Ce matin, j’ai croisé une de mes voisines qui m’a demandé si je lui faisais la gueule parce que nous laissons les volets clos. Je lui ai répondu que non, quand soudain elle me dit :”Beu !!! qu’est-ce que t’as sur la lèvre ?”
“Un herpès pourquoi ?”
“Beuuu ! bah dis donc !!”
Je m’étais pourtant abstenue de lui faire la bise, mais je me suis sentie tellement offusquée par ses “Beuuuuuu” que j’ai décidé de lui faire la gueule au moins jusqu’à l’hiver prochain !!!!
J’aurais pu lui répondre :”Beuuu !!! Ton cul est aussi gros que celui d’un percheron et ton double menton ne met pas ton décolleté en valeur !!” Mais je ne me permets jamais de telles réflexions. Aux chiottes les voisines bêtes et méchantes !!!
Gros gros bisous virtuels avec lesquels tu ne risques pas de t’choper mon herpès et tendres caresses à ton adorable Roxane.
24 juin 2010 à 13:27
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