2/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.

Voilà, raconté en un
Préambule intitulé : L’accession à un bien foncier n’est pas foncièrement inné.
et diligence 4 étapes sportives titrées
1ère étape : L’Achat de la maison ; le choix m’échoit
2ième étape : Immobilier bilieux
3ième étape : Ça déménage
4ième étape : Propriétaires ; va t-on s’y faire ?

de quelle manière,
à trente ans bis
et quelques escarbilles d’années lumière,
on devient co-propriétaire minoritaire avec son fils
quadragénaire,
après avoir été propriétaire à part entière.

1ère étape : Achat de la maison ; le choix m’échoit
Sarthe chien berger Val d\'Oise
Je ne sais pas à quoi sont confrontés les gens « normaux » qui achètent une maison (épouse avec mari, concubin et sa concubine, pacsés, fonctionnaires, employés de bureau, vigiles,…), toutes personnes partageant un même lieu de vie ou célibataires, mais, pour Cher Fils qui demeure au Mans et moi en région parisienne, la recherche d’une maison qui nous convienne à tous deux n’est pas simple.
C’est d’autant moins simple qu’il n’est absolument pas envisageable que j’emprunte les transports en commun avec Roxane (ma chienne) ce qui restreint bigrement - pour ne pas dire contrecarre carrément – mes possibilités de visites des maisons proposées à la vente.
Roxane est la plus affectueuse des chiennes et, si j’ignore son passé, j’ai l’expérience de son caractère présent et je peux vous assurer que ce n’est pas le genre de « toutou » qu’on peut trimballer avec soi n’importe où et surtout pas dans les transports en commun.
Roxane, c’est la plus froussarde des chiennes qui se cacherait dans un trou de souris, si elle le pouvait, dès qu’éclate un pétard ou que gronde l’orage.
Roxane, devient totalement hystérique, tire sur sa laisse à m’en décrocher les bras, à s’en étrangler ce qui ne l’empêche pas d’aboyer furieusement après tous les camions qui circulent, les trains qui roulent, les poussettes poussées par des dames qui cheminent, les ballons qui volent, les chiens qui déambulent, les chevaux qui caracolent,…
De manière plus attendrissante, Roxane est totalement perdue et me cherche désespérément même quand je ne suis pas éloignée de plus d’une trentaine de mètres. Faut dire qu’elle voit aussi bien que moi lorsque je ne porte pas de lunettes et, croyez-moi, ça ne nous mène pas loin.
De manière plus touchante, Roxane c’est aussi 19 kg d’affection qui quémande les câlineries et se montre d’une patience prodigieuse avec les enfants et les vieux chiens.
Plus drolatique, Roxane, c’est le genre Rantanplan qui marche en surveillant constamment ses arrières et se cogne à toutes les poubelles qui encombrent les trottoirs.
maison home Quand, au mois de juin de l’année 2008, Cher Fils et moi décidons d’acheter conjointement une maison, il est convenu que, puisque je ne peux voyager, lui, Cher Fils, cherchera la maison susceptible de nous convenir à tous trois (Roxane, lui, et moi) et que j’entreprendrai le voyage obligé pour visiter celles qu’il aura privilégiées uniquement pour aller vérifier l’excellence de son choix.
Il est également entendu qu’il restera alors à l’appartement pour y garder Roxane pendant que j’effectuerai le déplacement en utilisant les transports en commun.
Dès le début du mois de juillet, je commence par faire estimer mon appartement afin que nous puissions déterminer le budget qui nous sera nécessaire. Évaluation indispensable pour solliciter les emprunts essentiels auprès des organismes de crédit.
Début octobre (et oui, trois mois après ma demande d’estimation. Mais quiconque a cherché à faire travailler des français pendant les mois d’été sait qu’il s’agit d’une mission impossible), nous obtenons l’assurance que nos demandes de crédit seront agréées ; moi avec un prêt relais sur la vente de mon appartement, Cher Fils avec un emprunt à la hauteur de nos espérances compte tenu des bénéfices réalisés ces trois dernières années par son entreprise.
Aurais-je omis de vous dire que Cher Fils est un as ? ahah
Les médias commencent bien à évoquer une crise financière qui semble pointer le bout de son nez mais avec une telle tiédeur que, connaissant leur fougue pour exagérer le plus petit événement, leurs propos n’ont réellement rien d’alarmant.
Et puis, j’ai d’autres préoccupations ; il devient urgent que je me fasse opérer l’œil droit de la cataracte si je ne veux pas devenir borgne et j’appréhende l’intervention quand bien même mes amis me répètent qu’il s’agit d’une opération des plus banales.
N’en déplaise à mes amis, je suis persuadée que l’intervention ne sera pas aussi cool qu’ils se complaisent à le croire. Je souffre du syndrome de Gougerot-Sjögren (populairement connu sous le nom de la maladie des yeux secs) et il m’étonnerait que ce fichu syndrome ne complique pas une banale opération.
Ensuite, même si mon hospitalisation ne doit pas excéder 48 heures, il me faut trouver une famille d’accueil pour Roxane.
Depuis que mon ophtalmo a pris rendez-vous pour le 17 novembre, je n’ai plus qu’une envie, me défiler… Et je sais que je ne le ferai pas ; je suis le genre de crétine à toujours affronter les situations, aussi épouvantables soient elles.
Je n’ai pas longtemps à me soucier du sort de Roxane. J’ai la chance d’avoir de merveilleuses copines et l’une d’elle se propose pour me la garder le temps de mon hospitalisation.
Évidemment, Cher Fils déniche la maison idéale l’avant-veille du jour où je dois entrer en clinique et se voit contraint d’engager une véritable entreprise de séduction pour convaincre « l’agente » immobilière de patienter en attendant ma visite qu’il est impossible de prévoir avant les premiers jours de décembre.
Évidemment, si l’intervention chirurgicale se déroule sans anicroche, la suite est beaucoup moins satisfaisante.
Je suis entrée dans la clinique un dimanche en soirée pour éviter de devenir borgne ; je sors aveugle de la clinique un mardi en fin de matinée.
Bon, d’accord, j’exagère et je ne suis pas totalement et définitivement aveugle. Mais je suis quand même fichtrement handicapée par un œil droit victime d’une tension si démesurée qu’elle l’ empêche de visualiser. Ce qui est quand même son travail d’œil, non ?
Et c’est à bon escient que j’emploie l’adjectif démesuré ; la tension est tellement intense qu’elle foudroie et décime tous les tensiomètres qui osent la braver. Une véritable hécatombe. Si on s’obstine, la Sécurité Sociale va m’accuser d’actes terroristes envers le matériel médical.
Impossible de voyager en empruntant les transports en commun dans ces conditions.
Il le faudra bien, pourtant. « L’agente » immobilière - que je vais baptiser Eulalie pour la commodité du récit - s’impatiente et décide que dès la mi-décembre, le charme de Cher Fils ne suffira pas à l’empêcher d’aller courtiser d’autres acquéreurs.
TGV Rendez-vous est donc pris pour le 13 décembre et même sachant que je vais voyager avec le TGV ce qui, pour moi, sera un baptême du ferroviaire, cela ne me rend pas la perspective du déplacement plus sympathique.
Il bruine quand Eulalie m’accueille à la sortie de la gare.
La maison que je dois visiter se situe à Ar..ge, à un quart d’heure (motorisé) de la ville. Comme je n’ai pas de voiture, Eulalie s’est proposée à me véhiculer.
Une maison visitée en hiver, quand elle n’est pas située en région de montagnes, ne peut vous montrer que son aspect le moins engageant.
En dépit de mon œil invalide, celle-ci me plaît, cependant, dès que je la découvre.
Elle est pourtant des plus banales, campée au milieu d’une rue bordée de maisons de part et d’autre, bâtie au milieu d’un jardinet clos par une barrière côté rue et d’un grillage à demi dissimulé par des thuyas plantés dans les propriétés voisines sur les trois autres côtés.
Elle est des plus banales mais son intérieur m’apparaît tout à la fois commode et accueillant. Tout comme se montre accueillante sa propriétaire qui ignore superbement nos semelles de chaussures boueuses et nous salue avec le sourire.
Pour abréger (parce que, soyez honnêtes, vous n’en avez rien à ficher des détails concernant cette maison), au rez du sol, l’entrée avec une chambre à main droite, une porte au fond qui donne accès à une très grande surface et une autre plus spécialement destinée à usage de garage, à gauche de la porte d’entrée, un escalier qui mène à l’étage avec ses trois chambres, la salle de bain, les wc, la cuisine et le salon/séjour.
Très certainement pour suivre les suggestions d’Eulalie, un feu flambe dans la cheminée au mitan du mur du salon/séjour. Un conseil fort avisé ; la note de chaleur occulte la maussaderie de la bruine qui crachote contre les vitres.
Je m’applique à garder un visage neutre, tout en examinant chaque pièce (autant que me le permet ma vue déficiente avec un œil qui grésille comme une ligne de haute tension), me contentant de demander des précisions à la propriétaire sur la réalité d’un tout-à-l’égout, sur le coût de l’entretien de la chaudière à gaz, pratiquement neuve, et du chauffage, sur le montant payé pour la dernière taxe foncière,…
maison Arnage En réalité, je sais que j’ai approuvé le choix de Cher Fils et que, déjà, je prends possession des lieux.
C’est le moment que choisit la propriétaire pour exprimer une requête inattendue.
Si Cher Fils et moi achetons sa maison, nous en deviendrons propriétaire fin mars/début avril au plus tard (Ah bon ! Elle en sait plus que moi sur la question) mais serait il possible que nous lui en laissions la jouissance jusque fin juin ?
Tout en lui prêtant une oreille distraire tandis qu’elle me fournit les raisons de sa demande, j’affecte de réfléchir intensément (j’adore jouer la comédie) à la réponse que je vais lui donner… Et que je connais déjà.
En fait, je jubile.
Rien ne me presse pour habiter cette maison et je ne vois que des avantages à répondre favorablement à la demande de la dame qui, pour achever de me convaincre, est en train de me proposer le paiement d’un loyer.
Ce délai va me laisser du temps pour vendre tranquillement mon appartement .
Toutefois, avant de conclure un marché qui va engager notre avenir à ma chienne et moi, il me reste à vérifier la proximité des commerces, des centres médicaux, et, plus important encore, des potentialités de promenades pour Roxane, critères fondamentaux, ainsi que je l’ai dit à Eulalie, pour asseoir ma décision.
Le verbe dire est en l’occurrence un euphémisme. En réalité j’ai seriné, ressassé, rebattu les oreilles d’Eulalie de mes desiderata concernant Roxane :
« Elle a besoin de liberté, d’espace.
- Je veux pouvoir la promener sans sa laisse et donc dans des chemins loin de toute circulation.
- Je tiens essentiellement à ce qu’elle puisse s’ébattre dans un parc, baguenauder dans des bois.
- Est-ce que vous me garantissez que je trouverai tout cela à Ar..ge. ? »

« Je vous le promets » M’affirme t-elle, tout en regrettant :
«C’est dommage que le temps ne s’y prête pas. Autrement, je vous aurais emmenée faire un tour dans les environs. » Et s’adressant à la propriétaire :
« Vous êtes bien d’accord qu’il n’y a pas beaucoup de chemin à parcourir pour trouver un lieu de promenade ? »
« Oh, il suffit de marcher sur une centaine de mètres en tournant le dos à la maison, de traverser un passage à niveau - mais je vous rassure, il y a très peu de passage de trains - et là, il y a des champs pour qui veut promener son chien. »
Certifie cette dernière.
Fine mouche, Eulalie qui n’a pas manqué de remarquer mon froncement de sourcil à l’évocation d’un passage à niveau propose, c’est le cas de le dire… Sur le champ :
« Mais, j’y pense.
- Il y a, à deux pas d’ici, un ravissant petit parc que je peux vous emmener voir si vous êtes prête à braver le mauvais temps.
- En plus, nous passerons devant le cabinet vétérinaire et vous pourrez constater qu’il est vraiment on ne peut plus proche. »

Moi, habituée à être promenée par Roxane qu’il pleuve, neige, vente ou grêle, ce n’est pas un petit crachin qui va m’impressionner et sans pitié pour les fragiles escarpins de « l’agente » et son impeccable brushing qu’elle tente de protéger sous un parapluie, je la laisse m’emmener dans le parc évoqué.
pont parc Il me semble bien riquiqui ce parc auquel on accède par un ravissant pont d’inspiration japonaise et dont la rivière Sarthe fait office de frontière à son extrémité.
« Ce que la pluie nous empêche de voir au fond du parc, ce sont deux chemins de terre qui longent le cours d’eau de part et d’autre et je peux vous assurer que vous avez de bons trajets de promenade le long du fleuve. »
Commente Eulalie qui se hâte de rappeler
« Malheureusement, je ne suis pas assez bien chaussée pour vous emmener plus loin et nous sommes également un peu pressées par le temps puisque vous devez repartir par le TGV à … heures et qu’il nous faudra encore remplir les documents pour le compromis de vente si la maison vous intéresse. »
Naïve que je suis, je m’attendais à des documents remplis, des documents qu’il aurait juste suffit de compléter de l’identité des acquéreurs, des documents que j’aurais eu tout loisir de lire (et de me faire éventuellement expliquer) malgré le handicap d’un œil monté sur ressort.
En réalité, lorsque nous arrivons à l’agence, Eulalie étale des formulaires sur son bureau tout en m’invitant à m’asseoir devant elle et commence à les remplir avec moult hésitations tout comme si elle s’essayait pour la première fois à cet exercice.
Quand elle me déclare qu’il lui faut téléphoner à son chef pour l’éclairer sur un point qu’elle ne comprend pas, je commence à m’inquiéter avec d’autant plus de raison qu’un bon quart d’heure lui a été nécessaire pour noter les renseignements basiques nous concernant Cher Fils et moi (identités, adresses, profession, n° de téléphone), qu’il lui faut encore inscrire les modalités financières prévues avec noms et adresses des organismes de crédit contactés et à contacter, etc. et qu’il ne nous reste qu’un peu plus d’une heure avant le départ de mon TGV.
Je lui demande si je peux aller satisfaire un besoin naturel pendant qu’elle téléphone à son chef. Manque de pot (Le petit plaisantin qui a claironné « de chambre » est prié de se retirer), la secrétaire ne trouve pas la clé du lieu réservé à cet acte intime et suppose que sa collègue l’a emmenée avec elle par inadvertance.
Du coup ce besoin qui s’était signalé discrètement à mon attention devient une envie des plus pressantes que je vais m’appliquer à tente d’étouffer pendant l’heure qui suit en serrant les cuisses.
Eulalie a eu son renseignement pendant un entretien téléphonique qui a duré un autre quart d’heure (dont une dizaine de minutes consacrée à échanger des potins avec chef d’agence) et ahane pour terminer son pensum tout en m’annonçant, avec une désinvolture qui me donne envie de lui faire subir une strangulation en bonne et due forme, l’obligation de photocopier en trois exemplaires la vingtaine de pages que comprend le formulaire, pages que je n’aurai plus qu’à parapher et à signer.
Vous croyez que j’ai le temps de relire et de vérifier ce que je signe alors que je suis affligée d’un œil qui s’exerce au trempoling, lancinée par une envie de faire pipi qui m’étrangle, obsédée par la terreur de voir mon TGV partir sans moi ?
Pour me venger - et aussi et surtout parce que ni Cher Fils ni moi ne disposons des fonds nécessaires - je déclare à Eulalie que sa commission ne lui sera payée que le jour où nous signerons l’acte d’achat devant notaire.
Sans rancune et sans doute parce que satisfaite de voir le compromis de vente dûment signé, Eulalie se montre tout à fait disposée à m’emmener à la gare dans sa petite auto.
voiture fusee Tout en effectuant le court trajet à un rythme et avec une virtuosité dignes de Schumi, elle m’annonce d’un ton désinvolte que nous disposons de 45 jours pour obtenir un crédit à partir de la présente date. (Vous avez remarqué comme cette agente se montre désinvolte chaque fois que ça l’arrange ?)
Finalement, elle doit quand même être plus rancunière que je ne le croyais car elle me glisse subrepticement que sa commission (12000 euros) lui resterait acquise si les crédits nous étaient refusés pour des motifs nous incombant qu’elle s’empresse de me détailler : quantité restreinte d’organismes de crédit contactés, refus de leur procurer des justificatifs demandés,….
Je digère l’information en gravissant in extremis et à toute allure les marches aqueuses de l’une des voitures du TGV.
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Les illustrations ont été empruntées :
diligence : http://www.gauget-family.net/
maison “home” et train :
http://www.123gifs.biz/
as de trèfle : http://www.contact-voyance.com/
rire : http://kriscounette.centerblog.net/
voiture fusée : http://www.gifsanimes.net/

2 commentaires pour “2/5 - Histoire vécue d’une accession à la propriété.”

  1. chantal74 dit :

    Coucou ma râleuse, malgré la chaleur et les “feux de l’amour” qui vont bientôt commencer (et oui personne n’est parfait) je suis avec délectation venue lire ton épisode 2.. vivement que ce soit édité que je puisse lire allongée tranquillement avec qqs carrés de chocolat.. et sans que je passe par un mot de passe.. grrr. alors ça m’énerve tu ne peux pas savoir (lol..)oui moi aussi il faut bien que je râle !!
    bon avec ton syndrome de machin truc… des yeux secs, je sais ce qui m’attends ayant le même…
    je te fais plein de bisous et j’attends le numéro 3 avec impatience.
    la fille des cimes

  2. Hélène dit :

    Bonjour Claude ! Je sais que tu n’aimes pas que l’on te flatte mais il faut que je te dise : “Toutes tes narrations sont fluides, drôles, passionnantes, authentiques et excellentes” donc tu ne pourras m’empêcher de te dire que je suis béa d’admiration devant elles. Tu aurais beau être une piètre cusinière, une mauvaise couturière et ne pas avoir la main verte, que j’éprouverai toujours autant de plaisir à lire tes récits. L’écriture est comme un tableau devant lequel on aime s’attarder car les couleurs correspondent aux mots, les reliefs aux émotions et rien n’est en demi teinte. De plus, beaucoup de personnes n’expriment que leurs insatisfactions et j’estime qu’il est juste d’exposer aussi ses contentements. Donc, j’ai hâte de découvrir la suite de tes épopées, je m’en pourlèche les babines, je jappe d’impatience de savoir si tu as trouvé un acquéreur pour ton appartement et si malgré toutes les galères que tu as vécu à cause d’Eulalie, tu es heureuse d’avoir fait cette acquisition. En attendant la suite, je t’embrasse affectueusement sans oublier de transmettre à tes 19 kilos d’amour, de tendres caresses virtuelles.

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