Le train-train de la SNCF

Avis : le récit suivant n’est pas une fiction ; sa lecture est déconseillée aux tempéraments sanguins.

Donc, voilà les faits certifiés authentiques (exception faite du nom du héros de l’histoire) :
Pour une raison x, Horace est amené à se rendre - pour un séjour de quelques jours - dans un lieu situé à une distance requérant l’obligation d’utiliser un moyen de transport.
Horace dispose d’une connexion ADSL. Il lui paraît évident de se connecter sur le site SNCF.com pour commander des billets de train qu’il est maintenant possible d’imprimer. Heureux homme, il constate qu’il peut profiter d’un billet de retour bénéficiant d’une petite réduction de 5 euros aux dates et heures qui lui conviennent.
D’un naturel prudent, Horace souscrit néanmoins une assurance annulation (coût 2,50 euros) pour ce billet de retour qui n’est ni échangeable ni remboursable par la SNCF en cas d’imprévu.
Et l’imprévu survient (……) qui le contraint à annuler son voyage deux jours avant le départ prévu.
Faisant contre mauvaise fortune mauvais cœur, il se connecte sur le site SNCF.com pour annuler ses billets et c’est à partir de cette démarche en apparence anodine qu’il va entrer dans l’univers kafkaïen de l’absurdité.
Cela commence par une note l’informant qu’il est impossible de procéder à une annulation sur le site et qu’il convient, pour toutes opérations d’après-vente, de se rendre en gare,…
(La compagnie d’assurance est, elle, beaucoup plus cool, qui, à partir du site SNCF.com enregistre l’annulation de son billet acheté à tarif réduit, l’informe des justificatifs à fournir pour obtenir un remboursement et lui communique un n° de dossier pour le suivi de sa demande.)
Quand faut y’aller, faut y’aller ; Horace se rend donc à la gare et demande (poliment) au préposé embusqué derrière son guichet le remboursement du billet qu’il a acheté à plein tarif.
Là, surprise !!!!

    • Le préposé terré derrière le guichet ne peut pas le rembourser… Parce que notre héros a acheté ses billets sur le site SNCF.com ! Pourquoi ne peut-il pas le rembourser, le préposé camouflé derrière le guichet n’en sait rien mais ce qu’il sait, c’est qu’il ne peut pas.
    • Et puis, en plus, Horace a acheté un billet remboursable et un autre qui ne l’est pas ; faut remplir un dossier. Comment constituer ce dossier ? Le préposé tapi derrière le guichet n’en sait rien mais ce qu’il sait, c’est qu’il faut constituer un dossier.
    • À qui Horace doit il s’adresser pour constituer ce dossier ? Le préposé réfugié derrière le guichet n’en sait rien. Puisque Horace a pris une assurance annulation pour le billet à tarif réduit, il n’a qu’à interroger la dite compagnie d’assurances.

Notre héros est doté d’un naturel sottement obstiné.
De retour chez lui, il compose le 3635 sur son clavier téléphonique pour appeler la SNCF et tenter d’obtenir - à raison de 0.34 euro la minute - les renseignements qu’il n’est pas parvenu à extorquer au préposé guichetier de notre merveilleuse compagnie ferroviaire.
Évidemment, il a le bonheur d’être accueilli par l’un de ces mélodieux enregistrements vocaux (SVI : Serveur Vocal Interactif) qui psalmodie d’interminables discours à la gloire de la société que l’on contacte pour, neuf fois sur dix, exprimer une réclamation ou un sujet de mécontentement. Évidemment l’enregistrement vocal lui offre le sempiternel choix d’appuyer sur telle ou telle touche de son clavier téléphonique pour obtenir tel ou tel service (celui dont vous avez besoin figure rarement dans la liste) et après bon nombre de minutes, il entend la voix inespérée d’un humain qui lui déclare qu’il été mal dirigé et qu’il lui faut composer le 3635#77.
Horace découvre, à cette occasion, qu’il souffre d’un problème d’audition car il n’a, à aucun moment, entendu ce renseignement dans la litanie des propositions aimablement débitées par l’enregistrement vocal.
(À noter que si les frais de communication étaient facturés non pas aux appelants mais aux sociétés qui ont recours à ces enregistrements, le service serait certainement beaucoup plus performant.)
Miracle derrière le 3635#77 se cache un autre humain qui :

    • lui déclare qu’il aurait été préférable de penser à annuler les billets avant le départ (Horace s’entend ironiser que c’est bien ce qu’il cherche à faire.)
    • n’est pas en mesure de l’aider puisque qu’il a acheté ses billets sur le site SNCF.com ce qui est différent (sic) ?!?!?!!! (Horace s’entend persifler qu’il ignorait l’existence de deux réseaux SNCF distincts)
    • lui conseille de s’adresser à la compagnie d’assurances qui… (Horace s’entend brailler que c’est la SNCF qui doit lui rembourser le billet acheté à plein tarif et non pas la compagnie d’assurances)
    • lui enjoint de retourner à la gare et d’insister jusqu’à ce qu’on le rembourse (Horace s’entend hurler que s’il s’y rend ce sera avec un fusil mitrailleur - ce qui n’impressionne pas du tout son auditeur)
    • et non l’employé de la SNCF ne connaît aucune adresse postale où les acheteurs peuvent écrire pour se faire rembourser des billets non utilisés. Non, il ne connaît aucune adresse postale ou numéro de téléphone où les clients puissent faire parvenir une réclamation. (Horace en vient à regretter la voix harmonieuse du robot vocal)

En désespoir de cause, Horace se reconnecte sur le site SNCF.com où, après bien des recherches, il finira par découvrir les renseignements cherchés dans la rubrique « aide » qui figure dans le bandeau du bas d’écran « aide conditions générales de vente et d’utilisation ». Il fallait simplement deviner qu’un esprit tordu a conçu l’obligation machiavélique de devoir cliquer sur le seul mot « aide » du lien.
train-train SNCF
Moralité n°1 - Heureusement pour Horace qu’il a bénéficié d’une réduction nette de 2,50 euros sur son achat.
Moralité n°2 - « www.SNCF donner au train des idées d’avance » annonce le slogan en page d’accueil.
- Et si la SNCF donnait l’idée à ses agents administratifs de faire preuve de compétence ?
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Illustration gracieusement prêtée par : http://www.blagmail.fr/
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2 commentaires pour “Le train-train de la SNCF”

  1. Grigrifounet dit :

    Je crains ne pas partager totalement les conclusions de cet article.

    Je doute que les agents administratifs soient vraiment en cause. Ma SNCF, elle, l’est évidemment. Un seul but : le profit. Il n’est plus dès lors question de tenter de plaire autant que possible au client, mais simplement de lui prendre le plus d’argent possible. En partant de là, pourquoi faciliterait-on l’accès au remboursement ?

    Bah c’est simple, on ne le fait pas.

  2. Plume Fille du Vent dit :

    Bonjour La Râleuse en voyant un lien sur un autre site, je me suis dis par curiosité … tiens voyons !

    Je ne pensais pas que tu râlais à propos de tout et de rien lol

    Pour la SNCF le sujet est long et épineux, pour le reste chacun son avis car à la base la racine de chaque “conflit” est toujours politisé donc à terme une engueulade entre humain est une issue évidente et je ne viens pas dans ce but.

    Je pensais trouver un peu d’humour dans tes textes, car on peut râler bien sur mais autant le faire avec art, humour pour faire passer la pilule.
    Un râleur invétéré peut vite devenir lourd et hop ….. on va voir ailleurs.

    Aussi je me demande quel est le but “constructif” de ton déballage ?
    On peut râler pour faire rire ou pour lancer une action dans ton cas, je ne vois rien de tel …. donc à terme à force de râler à tout bout de champ tu vas finir par te coller un ulcère :)

    Essaie de voir ce qui va bien au lieu de t’attarder sur ce qui ne va pas car bien heureusement il y a des choses qui apportent des petits bonheurs chaque jour.
    Je ne suis pas une béate chronique, juste une personne qui a des coups de gueule aussi mais qui pense que la vie est bien plus belle qu’on veuille bien le croire et le voir.

    C’est un état d’esprit positif ….

    Bonne journée

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