Mon combat citoyen :
« militer pour la légalisation du vote blanc » sachant que je ne le revendique pas pour me défiler mais parce que c’est une nécessité.
Sauf évènement fortuit, sauf désillusion imprévue, je connais le nom qui figurera sur mon bulletin de vote au premier tour des élections pour la présidentielle mais je n’ai aucune certitude que ce nom soit celui de l’un des deux candidats lors du deuxième tour ; ce deuxième tour qui est décisif.
Je serai alors confrontée à une situation cornélienne.
1ère option : ne pas voter - et mon sens du devoir civique m’interdit cette solution.
2ième option : déposer un bulletin blanc - alternative qui, dans le contexte actuel, ne me satisfait pas puisque mon bulletin sera utilisé pour élire à la présidence quelqu’un que je ne souhaite pas y voir accéder.
En effet, si j’ai bien tout compris, en cas de recours à un bulletin blanc pour marquer son refus de choisir entre tel ou tel candidat, le vote est arbitrairement attribué à l’un ou à l’autre des deux candidats selon qu’il est ou non majoritaire. Quid de la démocratie ?
Moi j’appelle ça une spoliation d’intention et je ne vois aucune différence entre cette manière d’agir on ne peut plus fourbe et la déclaration de l’impudent violeur qui prétend sans vergogne : « Je savais bien que son non voulait dire oui ».
Choisir entre déposer un bulletin blanc dans l’urne ou ne pas voter est un dilemme pour beaucoup de citoyens et ce dilemme explique l’abstentionnisme tant décrié qui n’est jamais que la résultante d’un déni de démocratie.
Il est déjà assez difficile de se décider pour tel ou tel candidat. Un grand nombre de citoyens ne vote d’ailleurs plus « pour » mais « contre » un candidat. Je ne livre pas là une information ; c’est un secret de Polichinelle.
Refuser de reconnaître la liberté d’avoir recours au vote blanc, refuser la légalisation du vote blanc, démontre une attitude hypocrite et malhonnête de la part de ceux mêmes qui prétendent prôner la démocratie. Il est tellement plus facile de fustiger les abstentionnistes.
Je considère que le refus du vote blanc est assimilable au refus de la liberté d’expression.
J’apprends - par le biais du concert de protestations de ses détracteurs - que le vote électronique va s’insinuer dans nos bureaux électoraux à l’occasion des prochaines élections législatives. Ce que je retiens, surtout, c’est que la machine utilisée offre le choix du vote blanc. Il est vrai que ces ordinateurs sont conçus par des industries étrangères, dans des pays moins rétrogrades que notre nation si orgueilleuse actuellement de son identité.
Quel argument peut on m’opposer pour proscrire la légalisation du vote blanc ? La possibilité que les votes blancs plongent le pays dans le marasme en remportant les suffrages lors du deuxième tour d’élections présidentielles ?
Que je sache, il est arrivé que le poste de Président de la République se retrouve vacant suite à un impondérable. Il est arrivé, par exemple, qu’un Président de la République décède en cours de mandat (Félix Faure, Georges Pompidou) et le Président du Sénat l’a alors remplacé sans que la France subisse le moindre préjudice pendant son intérim.
Une majorité de votes blancs au deuxième tour des présidentielles signifierait simplement qu’une majorité de français ne se reconnaît pas dans l’un ou l’autre des candidats ce qui ne pourrait qu’être salutaire en les obligeant à réellement prendre les aspirations des citoyens en considération au lieu de dispenser des promesses dispendieuses et donc irréalistes.

30 mars 2007 à 12:33
Je n’ai rien à redire, je défends comme toi la reconnaissance du vote blanc. Bravo donc pour ce billet que je me suis permis de citer dans ma revue des citoyen(ne)s favorable à la reconnaissance du vote blanc.
Des élus sont favorable à cette cause civique qu’il soit de droite ou de gauche. Et la pression est croissante pour obtenir cette évolution majeure de notre démocratie.