Enfants martyrs en vedettes.

12 août 2008

Tous autant que nous sommes partageons un cocktail de réactions unanimes lorsque nous entendons parler du martyr vécu par un enfant. Nous sommes tous choqués, horrifiés, scandalisés.
martinet
Et pourtant, que ce soit par bêtise, par inconscience, ou par indifférence, nous nous rendons parfois coupables du martyr de certains enfants. Un martyr qui n’existerait pas sans notre complicité même si elle n’est que passive. Je parle du martyr vécu par ces enfants que la volonté seule de leurs parents a médiatisés.
Par exemple, qui se souvient encore de Jordy, ce petit garçon devenu star dès l’âge de 4 ans parce que son papa, producteur et sa maman auteur en avaient décidé ainsi et que pour son malheur le gamin, outre la pétulance de son âge, avait une mignonne frimousse alliée à un joli filet de voix.
Jordy a 20 ans cette année. Qu’est il devenu ? Qu’est il advenu de la fortune que ses parents ont engrangée en livrant leur fils à une éphémère vie de paillettes ?
Après cette brève existence de bête de scène, Jordy n’a même pas eu la possibilité de s’épanouir dans un environnement familial ; comme par hasard, la fin de la carrière de l’enfant prodige a marqué la fin du couple qui a divorcé peu de temps après.
enfant musicien Elles sont trop nombreuses, hélas, ces stars filantes comme celles dont le nom a brillé aux frontons des salles de spectacles, dont le nom revenait comme un leitmotiv dans les statistiques gagnantes du Top50 : Douchka, les Ministars, Anne, Billy, Mélody,… Nouvelles divinités du show-biz qui fascinaient et provoquaient l’admiration et l’envie de milliers d’adolescents pré pubères.
Quand bien même certains de ces enfants continuent à exercer une profession artistique maintenant qu’il sont devenus des adultes, comment croire qu’ils n’ont pas gardé des séquelles de ce traumatisme que représente la perte brutale d’une popularité à laquelle on s’habitue si vite ? Comment croire qu’ils ne vivront pas le restant de leur vie avec une certaine frustration mêlée d’amertume sachant qu’ils ne connaîtront plus jamais la célébrité ?
joueuse tennis Et ces sportifs que nous admirons sur les courts de tennis ou dans les piscines olympiques, quelle enfance ont ils vécue ?
Steffi Graf, Monica Seles, Les sœurs Vénus et Serena Williams, smashaient, dit on, leurs premières balles dès l’âge de 4/6 ans. Parce qu’elles rêvaient de devenir des championnes de tennis ? Non, plus vraisemblablement parce que c’était le fantasme de leurs pères.
On est même en droit de se demander si la rébellion de Laure Manaudou qui s’est concrétisée par des tentatives d’escapades amoureuses n’est pas le résultat d’une enfance martyrisée.
Le mot vous offusque ?
Pourtant comment définir autrement l’obligation faite à une gamine tout juste âgée de 6 ans de s’inscrire dans un club de natation par un père entraîneur de handball et une mère joueuse de bagminton qui lui avaient appris à nager deux ans auparavant.
nageuse En quoi ont consisté les loisirs de la fillette Laure Manaudou, de l’adolescente Laure Manaudou ? À subir des entraînements intensifs, participer à des championnats incessants, se livrer à des compétitions frénétiques, s’imposer un régime alimentaire draconien et une discipline de vie spartiate.
Quelle existence jouissive !
Et le libre consentement de ces contraintes excuse t’il la persécution subie ?
Mais le pire n’avait pas été atteint.
C’est chose faite maintenant avec la nouvelle attraction dans l’arène de Michelito, ce gamin franco-mexicain de 10 ans qui exhibe ses prouesses de toréador principalement en Amérique latine.
Là encore, c’est le père de l’enfant qui est à l’origine du ‘job’ de son fils et qui est outrageusement fier de cette carrière. Comme si on pouvait se glorifier d’avoir créé un assassin !
Parce que la mise à mort des taureaux - qui lui serait interdite en France quand bien même on l’autoriserait à toréer - il l’exerce dans d’autres pays moins pointilleux sur l’étique.
Et oui, il a déjà du sang sur les mains le petit Michelito qui, depuis 4 ans déjà, ‘joue simplement à l’aide d’une cape et d’une muleta comme 300 autres enfants de son âge qui appartiennent aux écoles taurines françaises’ ainsi que le déclare le papa ancien torero lui-même qui connut quelques heures de gloire sans doute trop fugitives à son goût.
Nul doute que le papa pompeux sera fier de lui et de son fils quand ce dernier se fera encorner.
Torero
Je repose donc la question :
Spectateurs plus ou moins apathiques, ne sommes nous pas un peu responsables de ces jeunesses sacrifiées, de ces avenirs compromis, au même titre que ces parents qui, oubliant leur mission première qui consiste à veiller au bien-être de leur progéniture, utilisent leurs enfants pour satisfaire leurs ambitions personnelles.
Qui plus est, selon que l’on considère leur parcours de manière optimiste ou pessimiste, les acteurs cités ont connu une période de gloire plus ou moins pérenne, plus ou moins fugace, mais combien sont ils qui se sont vu voler leur enfance pour un résultat complètement stérile ?

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Les gifs suivants ont été empruntés aux sites suivants :
Enfant musicien : http://feeclochette26.centerblog.net/
Joueuse tennis : http://www.gifsmaniac.com/
Nageuse : http://www.camizone.com/
L’image du torero provient du site :
http://ness.centerblog.net/

Une légion bradée ?

27 juillet 2008

megaphone
Voyez comme elle est belle, comme elle est belle ma légion d’honneur !

Êtes-vous, comme moi, de ces naïfs qui croyez que pour être décoré de la légion d’honneur il convient de s’en être rendu digne grâce à des « mérites éminents »
Conviction d’ailleurs logique puisque c’est la condition sine qua none, paraît il, pour prétendre obtenir le droit d’arborer cet insigne si convoité.
Pourtant, quiconque consulte la liste des personnalités récompensées par l’attribution de la légion d’honneur doit avoir l’impression de lire « L’inventaire » de Jacques Prévert.
Tout d’abord, quand on s’intéresse aux bénéficiaires de cette distinction, on découvre que la légion d’honneur n’est pas une et indivisible mais qu’elle regroupe cinq catégories de dignitaires :

Les titulaires du haut de gamme ont pour titre :

    - Grands chanceliers de la légion d’honneur et l’on y trouve surtout des militaires : généraux, maréchaux, amiraux, … Un seul lieutenant-colonel s’y distingue et le militaire le plus anciennement décoré, en 2004, est un général d’armée, Jean-Pierre Kelche dont il s’avère très difficile, voir impossible, de savoir quelles prouesses exceptionnelles lui ont valu cette distinction.

    Vient ensuite une autre sélection qui peut être considérée comme VIP,
    - les Grands-croix de la légion d’honneur, une classe surtout très fréquentée par les différents présidents des différentes républiques françaises. On pourrait toutefois se scandaliser d’y voir un personnage aussi peu sympathique que Vladimir Poutine honoré au même titre que Louis Pasteur.

    En troisième position nous découvrons
    JPaul Belmondo Cambronne soeur emmanuelle
    - les Commandeurs de la légion d’honneur où se côtoient sans complexe l’acteur Jean-Paul Belmondo avec l’officier de l’empire napoléonien Pierre Cambronne et la très béate sœur Emmanuelle, une dévote dame non dépourvue d’humour (en l’occurrence, heureusement pour elle).

    Puis nous trouvons
    - les officiers de la légion d’honneur où se distinguent des représentantes féminines comme l’actrice Françoise Fabian et la cosmonaute Claudie Haigneré et les grands officiers telle la résistante Lucie Aubrac.

    Enfin, la classe la plus « commune » (un qualificatif risqué) se voit décerner le titre de
    - Chevaliers de la légion d’honneur et y méritent leur place (mais ceci est un avis très personnel), le romancier, membre de l’Académie française, Jean Dutourd ainsi que le footballeur Raymond Kopazewski plus connu sous le nom de Raymond Koppa.

légion L’ordre de la légion d’honneur fut créé par décret en 1802 par le Premier Consul Napoléon Bonaparte pour récompenser les actions civiles et militaires et la médaille fut réalisée à partir d’un dessin du peintre David qui était un pote tout dévoué à sa gloire du susdit Napo (tout comme en notre époque le peintre Pal Sarkozy est dévoué à la gloire de son fiston Nicolas) et c’est sous la Restauration que les grades ont pris leurs appellations définitives de chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand-croix.
Aux républicains qui l’interpellèrent sur le bien-fondé de ces décorations, Napo rétorqua, dit-on : « C’est avec ces hochets qu’on mène les hommes ».
Vérité ou légende, le bruit court que Bonaparte Napoléon ne voulait pas que la légion d’honneur soit accrochée sur le revers des redingotes affublant les comédiens.
Il est fort plausible que la répugnance du prince soit réelle sachant que les comédiens furent pendant longtemps considérés comme des saltimbanques, les comédiennes étant de surcroît perçues comme des gourgandines.
Heureusement est enfin arrivée l’Ère de la lumière avec la prise de pouvoir de notre vénéré Chef d’État qui, lui, ne nourrit aucun préjugé vis-à-vis des artistes toutes catégories confondues et qui en cette année 2008 leur a décerné la légion d’honneur à tours de bras.
Se sont vus ainsi décorés (et la liste n’est pas exhaustive) : Claudia Cardinale, Céline Dion, Muriel Robin, Marie-Claude Pietragalla, Claude Brasseur, Michel Polnareff, Jean-Louis Scherrer, Guy Roux, Raphael Poirée, Dany Boon,… Et Christian Clavier (pour son rôle - superbement interprété, il faut le reconnaître - de Napoléon ou pour son personnage de Jacouille le croquant ?)
Non, pas Johnny Halliday. Bon, d’accord, le prédécesseur de Sarko l’avait déjà décoré mais si ce n’avait été le cas, avec la manie du sieur Johnny d’hésiter entre les nationalités française, belge, ou monégasque, notre très impérial Chef d’État aurait eu des raisons de douter qu’il soit capable d’assimiler la devise de la légion d’honneur : « Honneur et patrie ».
Non plus que Dame Carla Bruni. Peut-être parce que son penchant pour la gauche nuirait à l’inclination de la médaille.
Par contre, personne ne doute un seul instant que le talent du chanteur Benabar, de l’acteur Pierre Arditi, de l’humoriste Guy Bedos ne tarderont pas à leur valoir également la légion d’honneur.
Si encore notre très révéré Chef d’État se contentait de distribuer le hochet à ses copains/copines de la jet-set People.
Non, impossible ; modération et ‘sarkozyage’ aigu sont incompatibles. L’empêcher, par exemple, de décorer la dame Isabelle Balkany en mai 2008 aurait déclenché une crise d’eczéma purulent chez notre très auguste Chef d’État ce qui aurait été, chacun en conviendra, nuisible à sa photogénie.
chienne Balkany Hormis le fait qu’elle accompagne régulièrement notre très glorieux Chef d’État lors de ses voyages avec la contrainte d’enfoncer son popotin dans des fauteuils d’avion et, pis encore, celle de séjourner dans des suites d’hôtels, trouver en quoi dame Isabelle Balkany mérite cette distinction relève de l’exploit divinatoire ou inventif. Mais après tout, quand son cheval mourut, Alexandre le Grand l’honora en fondant la ville de Boukephalia sur son tombeau et Caligula avait bien offert une écurie de marbre à son cheval Incitatus. Dame Isabelle Balkany vaut bien un canasson, non ? canasson

Il n’en demeure pas moins que ce genre de distinction et donc de reconnaissance conviendrait mieux à des personnes qui la méritent :

    - tels les travailleurs humanitaires
    Ceux d’Action contre la Faim, par exemple, qui continuent leur activité en dépit d’un lourd tribut payé à leur sacerdoce avec 2 d’entre eux enlevés récemment en Afghanistan et 17 autres tués lors de l’automne 2006 au Sri Lanka avec des coupables toujours non identifiés et l’indifférence générale face à ce crime odieux.

    - tel Coluche, à titre posthume (ce que Messieurs Mitterand et Chirac n’ont jamais accompli ce qui ne leur fait pas honneur),
    pour ses restaurants du cœur qui continuent, plus de vingt ans après leur création, à nourrir les françaises et français que leur gouvernement est incapable de secourir.
    D’autant que Coluche ne risque plus de mettre son chantage (ou sa promesse ?) à exécution, lui qui déclarait : « Si on voulait me décerner la légion d’honneur, j’irais en slip pour qu’ils ne sachent pas où la mettre. »
    Et c’est qu’il en aurait été capable ce bougre de mec !

    - Tel, et pourquoi pas, ce roubaisien du nom d’Hafed Kahoul ?
    Certes, Hafed Kahoul est inconnu du grand public mais une décoration permettrait de remédier à cette regrettable lacune et ce serait l’occasion pour les français d’apprendre comment ce Rmiste de 44 ans a vu son compte bancaire de La Poste bloqué, comment il a été harcelé par un officier ministériel à la demande de la trésorerie de l’hôpital de Roubaix pour non paiement d’une facture de 1327 euros.
    Voilà un personnage bien peu recommandable vous direz-vous, étonnés que l’on puisse suggérer la décoration de la légion d’honneur pour un individu aussi indélicat.
    Mais vous serez moins surpris quand vous apprendrez que Monsieur Hafed Kahoul a subi toutes ces avanies pour avoir sauvé 7 enfants d’un incendie qui s’était déclaré dans un immeuble vétuste du boulevard Beaurepaire de Roubaix, le 20 août 2006 vers 4 heures du matin, et que les frais d’hôpital sont la conséquence de ce sauvetage car, intoxiqué par la fumée, Monsieur Hafed Kahoul y avait été transporté avec les enfants pour quelques soins obligés.

bebe hochet Mais il est à craindre qu’il faille attendre une autre génération de Chef d’État français pour voir accrocher la légion d’honneur sur la poitrine de personnes réellement dignes de la recevoir et pour parodier les paroles de la chanson au caractère frondeur de Michel Sardou : « Lénine, relève-toi, ils sont devenus fous. » on peut allègrement entonner : « Napo, tu peux rester couché, ta médaille remplit bien son office de hochet. »

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Les illustrations proviennent des sites suivants :
le mégaphone : http://pages.globetrotter.net/ de Michel Devost
la médaille de la légion : http://www.axsane.fr/
gif toutou(nette) = http://www.gifsanimes.net/
gif tête canasson = http://waterprof.centerblog.net/
gif bébé avec hochet = http://chezmacha.centerblog.net/

et merci à Wikipédia, une véritable mine d’or comme d’hab.

Sacré numéro ou numéro sacré ?

20 juillet 2008

Nous ne sommes plus que des numéros !
Tel est notre lamento chaque fois que nous sommes confrontés à un problème bureaucratique - souvent kafkaïen, il faut en convenir, lorsqu’il est lié à l’administration, qu’elle soit fiscale ou sociale.
Et il est parfaitement exact que le nouvel esclavagisme de notre monde moderne nous rend tributaires de numéros sans lesquels nous ne pourrions exister : numéro d’immatriculation d’assuré social, numéros de téléphone, de carte de crédit sans oublier le numéro de code qui y est adjoint,…
La liste est longue et, ironie suprême, bon nombre d’entre nous sont même obligés de connaître un numéro de digicode pour pouvoir avoir accès à leur domicile. Pire encore, obligés à des efforts de mémoire permanents car ce numéro de digicode est changé régulièrement.
C’est dire si notre accusation est fondée.
auto aauto uauto tauto 0
deux chiffrezero chiffrezero chiffreneuf chiffre Pourtant, avec cet esprit frondeur qui nous est commun à nous, les françaises et les français, nous voilà prêts à défendre avec bec et ongles un numéro que le Ministère de l’Intérieur s’apprête à supprimer progressivement. Il s’agit, bien sûr, du numéro de département qui complète et personnalise le numéro d’immatriculation de nos véhicules.
La contestation est sérieuse puisque, volant au secours de leurs concitoyens (et accessoirement électeurs) un nombre non négligeable de parlementaires s’oppose à ce projet.
Le 1er mai 2008, un collectif parlementaire comprenant 2 élus Nouveau Centre, 26 socialistes, 44 UMP et 2 non inscrits, soit un total de 74 députés agissant sous le nom de : « Jamais sans mon département » était en guerre déclarée contre cette nouvelle mesure qui doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2009. À ma connaissance, ils sont près de 200 maintenant sur, je crois, un ensemble de 577 répertoriés.
D’aucun pourront juger qu’il existe des causes bien plus nobles dignes de faire l’objet d’une rébellion de parlementaires, des problèmes bien plus importants à régler que le numéro de département figurant sur les plaques d’immatriculation des voitures et il est difficile de leur donner tort. Sauf qu’à bien y penser c’est un peu comme si on s’interdisait de déplorer l’excédent de poids contre lequel on lutte alors que des enfants périssent de malnutrition ou se plaindre de souffrir d’une rage de dents au prétexte que d’autres se meurent d’un cancer.
Cependant il est tout aussi certain que ce numéro de département, parce qu’il personnalise notre appartenance à une région, son histoire, ses coutumes, jouit d’un attachement affectif et il est donc tout à fait compréhensible que sa disparition provoque un sentiment de nostalgie, voire de chagrin.
C’est d’ailleurs une même protestation qui a été formulée par les françaises et les français lorsqu’ils ont eu connaissance de cette nouvelle mesure : « Comment nos enfants vont-ils apprendre leurs départements, maintenant ? »
Il est vrai que pendant des années jouer à deviner à quel département correspondait un numéro sur une plaque minéralogique a représenté le passe-temps ludique le plus apprécié pendant les longs trajets en voiture. Et pour les enfants curieux et les parents pédagogues ce jeu d’apparence anodine représentait une inestimable source d’enseignement.
immatric.2 Pour ceux là, deviner que 79 correspondait au département des Deux-Sèvres ne suffisait pas et ils prenaient plaisir à approfondir leurs connaissances en cherchant dans une encyclopédie quelle est la région dont dépend le département des Deux-Sèvres. Ils s’amusaient de découvrir que la Charente fait également son beurre en concurrençant le melon provençal d’Avignon. Ils poursuivaient leurs investigations pour connaître les spécificités de ses principales villes et apprenaient ainsi qu’à Niort Le “Moulin du Roc”, au bord de la Sèvre, abrite une des plus anciennes bibliothèques de France, …
Cette désapprobation à propos de la suppression du numéro de département sur les plaques d’immatriculation des véhicules peut sembler exagérée quand on s’aperçoit que la plupart des adultes qui prétendent avoir appris leurs départements grâce à ces plaques minéralogiques est bien incapable de faire la relation entre un numéro et le nom du département auquel il appartient sauf peut-être pour certains comme les 83, 66, 64, 73, 20, 44,… (Et on devine sans difficulté les raisons de cette mémorisation). Et honnêtement, hormis ceux qui y résident, qui est capable de dire à quel département correspond le numéro 08, ou 23, ou encore 55 ?
Ce genre de récrimination peut prêter à sourire tant il paraît candide maintenant que les enfants préfèrent se distraire au moyen de jeux vidéos. Cette doléance peut sembler puérile eu égard aux impératifs que constitue la réglementation des immatriculations de véhicule avec un système qui arrive à saturation.
Pourtant qui songerait à s’en étonner quand le succès d’un film comme « Bienvenue chez les ch’tis » démontre à quel point les françaises et les français se sentent désemparés dans ce monde robotisé qui leur paraît de plus en plus cruel, de plus en plus effrayant et tentent de se rassurer en se cramponnant à leurs racines.
gendarme rapport La remarque d’un gendarme paraît plus sagace qui déclarait dans une émission radiophonique : « La suppression du numéro de département sur les plaques numérologiques des véhicules pourra être dommageable lors de recherches de témoins car les gens se souviennent plus facilement d’un numéro que d’une suite de lettres. »
De fait, sauf une association de lettres comme par exemple « JAG » pour qui regarde cette série télévisée américaine, ou « JFK » qui évoque désormais plus prosaïquement un aéroport qu’un président américain, ou « COQ » qui se lit différemment selon que l’on ait ou non l’esprit facétieux, il est évident que la mémoire photographie plus facilement un numéro surtout sachant qu’il représente un département.
Aux moralisateurs qui seraient tentés de déclarer vertueusement que la dénonciation est un acte vil, il paraît bon de rappeler qu’il est du devoir civique (et moral, justement) de tout citoyen témoin d’un hold up ou d’un rapt de communiquer aux enquêteurs judiciaires le numéro de plaque minéralogique du véhicule des auteurs de ces crimes.
roulotte Que les précoces nostalgiques du numéro de département inclus sur la plaque d’immatriculation de leur voiture se consolent ; dans un petit demi siècle l’assèchement des puits de pétrole aura résolu cette question puisque la circulation terrestre n’existera plus qu’en véhicules hippomobiles ou à bicyclette.

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Les illustrations proviennent des sites suivants :
gifs lettres : http://cretnad.centerblog.net/
gifs chiffres : http://gifdunet.unblog.fr/
gif gendarme : http://www.clipart-fr.com/

Conte… À rebours

17 juillet 2008

Il était une fois un petit homme du nom de Calinos, qui cultivait une ambition titanesque puisqu’il ne désirait pas moins que régner sur tout un continent.
Non pas de manière tangible, il convient de le préciser (l’époque n’étant plus aux conquêtes militaires qui, seules, vous assuraient cette suprématie) mais par la reconnaissance universelle de sa gloire souveraine.
Rien pourtant n’autorisait Calinos à croire qu’il était voué à un destin exceptionnel. Il était dépourvu de tout génie intellectuel tel celui d’un Talleyrand qui force l’admiration. Il ne détenait pas le charisme ensorceleur qui séduit les individus tel celui d’un John Fitzgerald Kennedy. Il ne possédait pas la facilité d’élocution qui envoûte les foules telle celle d’un Martin Luther King. Et, pire encore, sa diction laissait même fortement à désirer.
nain quelconque Bref, si on y réfléchit bien, Calinos était un petit homme presque quelconque si ce n’était son ambition qui lui conférait une pugnacité prodigieuse.
Et parce que point n’est besoin de jouir d’un énorme quotient intellectuel ou d’une remarquable élocution quand on est pourvu de suffisamment de malice pour savoir manipuler ceux qui possèdent ces dons, quand on a une réelle aptitude à savoir utiliser ceux qui peuvent vous être profitables, quand on est doté de l’éloquence et la faconde d’un bonimenteur à la verve coruscante, Calinos parvint à atteindre le premier but qu’il s’était fixé : devenir roi d’un pays de moyenne importance mais reconnu pour sa richesse artistique, admiré pour ses grands philosophes, respecté pour son passé historique et, pour le moins, traité d’égal à égal par nombre d’autres pays.
Il faut dire que les circonstances se prêtaient à l’élection de tout individu sachant flatter l’égo des êtres susceptibles de favoriser sa carrière, qu’ils soient hommes de pouvoir en quête d’honneurs, politiciens déçus par leurs partis, jeunes loups avides de s’emparer de postes lucratifs. Il faut dire que les circonstances se prêtaient à l’élection de tout individu sachant rassurer et convaincre avec forces promesses d’une vie meilleure un peuple qui sombrait peu à peu dans la désespérance par la faute d’une crise économique qui traînait la misère dans son sillage.
Et c’est ainsi que Calinos 1er accéda au trône du pays qui avait pour nom Kokufie.
nain simplet Les premiers temps de son règne, Calinos 1er s’agita beaucoup ce qui (tous les employés malins qui souhaitent se faire bien voir de leur employeur dans le but d’en obtenir une récompense vous le diront) est le moyen le plus sûr de donner l’illusion que l’on travaille énormément.
Malheureusement pour lui, parce qu’il était plus rusé que futé, il commit une énorme boulette en s’allouant des vacances beaucoup trop tôt et des vacances surtout trop luxueuses quand bien même elles ne lui coûtaient rien pas plus qu’aux kokufiais (qui, on l’aura deviné, étaient les habitants de Kokufie) et du coup, non seulement il n’obtint pas l’admiration qu’il estimait mériter mais en plus il s’attira un début de méfiance de la part de ses administrés sur ses réelles capacités à les gouverner.
Cette méfiance empira au fur et à mesure que le temps passait car les kokufiais constataient chaque jour un peu plus que les actions désordonnées de Calinos 1er, loin de les aider à recouvrer une vie meilleure, les plongeaient de plus en plus dans le marasme et le dénuement.
À défaut d’être compétent pour le poste qu’il avait brigué et dont il s’était emparé, Calinos 1er était assez finaud pour savoir que s’il voulait perdurer et asseoir son autorité, il devait détourner l’attention des kokufiais sur ses incapacités à résoudre les problèmes auquel son gouvernement était confronté. Et quelle meilleure façon de détourner l’attention que distraire ceux que l’on souhaite continuer à abuser.
Il faut reconnaître que Calinos 1er fit preuve d’une louable imagination pour accomplir la double mission qu’il s’était fixée, à savoir :

    - divertir les kokufiais de toutes les manières possibles afin qu’ils le laissent gouverner le pays à sa convenance sans manifester rancœur ou impatience,
    - accéder à la gloire et l’établir aux yeux du monde entier afin que son nom passe à la postérité.

Afin de parvenir à ce double but, Calinos 1er chercha une noble cause dans laquelle s’investir et c’est ainsi qu’il mit son épouse à contribution pour l’aider à faire délivrer les membres d’un personnel hospitalier séquestrés par un méchant dictateur oriental. Mission dont la gente dame s’acquitta magistralement.
Mais les gouvernants des autres pays qui tentaient d’obtenir un même résultat depuis bon nombre d’années en usant de la seule diplomatie le battirent froid pour les avoir ostensiblement ignorés.
Mais les kokufiais qui avaient loué cette action ne lui pardonnèrent pas d’avoir par la suite reçu en grandes pompes – et à leurs frais – le dictateur oriental en son palais.
nain pleureur Calinos 1er tenta bien de faire oublier leur opprobre aux kokufiais et de les amadouer en affichant le chagrin provoqué par le départ deux mois auparavant de son épouse ; ces égoïstes, obnubilés par leurs propres problèmes firent preuve d’un consternant manque d’empathie.
Pour divertir les kokufiais, Calinos 1er s’employa alors à faire voter des réformes ainsi qu’il le leur avait promis mais ces réformes furent modifiées de telle sorte qu’ils ne les reconnurent pas et se montrèrent insatisfaits, ces ingrats.
Pour les réjouir (et aussi pour son propre plaisir, il convient de ne pas en douter), il épousa une belle princesse mais les kokufiais ne s’ébaubirent pas, ces goujats.
La gloire était décidément une garce difficile à conquérir mais Calinos n’était pas homme à renoncer à son accession.
Il devait bien exister un moyen de provoquer l’admiration universelle de ses contemporains avec pour consécration son nom promis à la postérité.
Dans cette optique, il avait envisagé de postuler un rôle de sauveur d’une autre victime séquestrée dans une jungle profonde par des bandits infâmes et qui offrait bien des avantages : celui d’être célèbre grâce au soutien médiatisé de sa famille et de nombreux admirateurs, celui d’être pour moitié (par son mariage… Sans jeu de mot) kokufiaise, celui de s’être attirée la sympathie du monde entier, celui non négligeable d’être belle et photogénique.
Las ! La belle dame fut délivrée par les preux chevaliers de son autre moitié de pays.
nain grincheux Il fallait posséder l’orgueilleuse combativité de Calinos 1er pour s’entêter dans son désir d’accéder à la gloire car en l’espace de quelques mois de règne le seul résultat acquis se résumait à une aversion quasiment unanime de la part des différentes classes sociales qu’il avait entrepris de gouverner. Il était parvenu, à force d’arrogance, de déclarations inconséquentes et d’actions brouillonnes à se faire détester des journalistes, des juges, des syndicats, des militaires. Son incorrigible suffisance était même parvenue à provoquer la réticence des gouvernants des autres pays.
C’est alors que lui vint l’idée géniale (à moins qu’elle ne lui fut soufflée par ses subordonnés ?) de provoquer la réunion de plus d’une quarantaine de chefs d’états souvent en conflit les uns avec les autres, certains d’entre eux étant des individus peu estimables (l’un d’eux, une espèce de potentat oriental se distinguant par sa vilenie et fortement soupçonné d’être à l’origine d’actes terroristes particulièrement sanglants) dans le but méritoire de les amener non seulement à coexister en bonne intelligence mais à œuvrer dans un but commun et bénéfique à tous.
Et quoiqu’on puisse penser de Calinos 1er, et même si ce projet était dicté par une ambition fort égotiste, la mission qu’il s’était fixée était fort louable.
Il est donc infiniment regrettable que pour justifier les égards accordés au potentat oriental il ait fait dire que l’un des attentats qui lui était imputé et qui avait coûté la vie à près d’une soixantaine de soldats était une « erreur historique ». Ce genre de déclaration donnant à penser que les événements contés dans le roman de George Orwel, « 1984 », ne sont peut être plus une fiction.
Il est donc infiniment regrettable qu’il ait choisi le moment de l’année où l’on célébrait la fête nationale avec défilé des troupes pour cette réunion de chefs d’états et invité le potentat oriental à parader dans la tribune officielle ce qui obligeait les militaires à rendre les honneurs à l’assassin de leurs congénères.
bourriquet N’eussent été ces monstrueuses bourdes, à n’en point douter, Calinos 1er aurait été nominé VRP (Vénéré Rassembleur Pacificateur).

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Tous les gifs illustrant cette chronique ont été copiés sur le site :
http://gifs-animes.skynetblogs.be/

Pub or not Pub

2 juillet 2008

L’un des plus ardents combats de notre président de la république Tsarkozy est incontestablement la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publique.
guerrier Nul ne songerait à s’en étonner ou à le discuter tant il est évident que ce combat est primordial et supplante naturellement la lutte contre certains maux comme par exemple les méfaits causés par l’alcoolisme au volant ou les problèmes écologiques.
La publicité, c’est un chancre qui vole la place d’émissions culturelles.
La publicité, c’est un attrape-nigauds.
La publicité, c’est « beurk ».
Quand je vois celle qui a été concoctée par le site Rue du Commerce.com : « Les 1 euros », je suis assez tentée d’être d’accord avec le président de la république. Il y a, en effet, matière à s’interroger sur le quotient intellectuel de gens qui paient une publicité imaginée par des ignares et sur la probité des producteurs de chaînes de télévision qui se rendent complices de sa diffusion.
Pourtant, n’était son but incontestablement mercantile, la publicité pourrait être considérée comme un art mineur et il est tout aussi indéniable qu’il faut un réel talent créatif pour inciter les consommateurs à acheter tel produit plutôt que tel autre vu la richesse du choix qui leur est proposé.
Mais pour en revenir au sujet de cette chronique, ce qui, donc, avait été un projet du candidat Sarkozy au trône présidentiel devenait une décision qu’il convenait de mettre en œuvre du président Tsarkozy. Ne restait plus qu’à trouver le budget pour pallier au manque à gagner que représentait la publicité éjectée. Ça représentait quoi ce manque à gagner ? Environ 800 millions d’euros ? Une bagatelle.
Y’avait qu’à…
seppuku Après quelques tâtonnements, après quelques terreurs infligées aux contribuables, la solution a été trouvée et le gouvernement s’est empressé de rassurer les français déjà si déprimés que seule la perspective des vacances d’été retarde un raz de marée collectif de seppukus.
C’est décidé, dans un avenir proche, la publicité ne polluera plus les chaînes de télévision publique et les quelques 800 millions d’euros qui étaient obtenus grâce à sa diffusion seront désormais payés par les FAI (fournisseurs d’accès Internet) ; ainsi les consommateurs ne seront pas mis à contribution.
Là, on est en droit de s’interroger : le gouvernement est il composé de grands naïfs ou d’êtres cyniques qui nous prennent vraiment pour des débiles profonds ?
Parce que fournir l’accès à Internet est bien un acte de commerce que je sache ? la vocation première des commerçants n’est pas la philanthropie, n’est ce pas ? Par ailleurs, pour être commerçant, il faut bien avoir des clients, non ? Et que sont les clients sinon des consommateurs ?
On peut donc se poser la question de savoir si le gouvernement est composé d’ingénus ou d’impudents mais depuis ce mois de juin on peut avoir la certitude qu’il est constitué de personnes dotées du sens de l’humour.
Il faut en effet posséder une sacrée dose d’humour pour dépenser l’argent de l’État en publicité programmée sur une période de 3 semaines alors que le chef de ce même État s’apprête à mettre son veto à ce mode d’expression lorsqu’il s’agit des chaînes de télévision publique.
N’en doutons pas, c’est uniquement par goût pour la facétie que depuis le 23 juin, et sur une période qui va perdurer jusqu’au 11 juillet, le gouvernement fait SA pub pour glorifier SA lutte pour le pouvoir d’achat :

    - avec des bandeaux sur neuf sites commerciaux utilisant Internet,
    - avec trois annonces thématiques dans la presse quotidienne écrite, payante et gratuite, nationale et régionale,

et….

    - à la télévision sur les grandes chaînes nationales, vingt chaînes de la TNT, du câble et du satellite !

radio Non, non, pas à la radio ; la diffusion de spots à la radio coûtait trop cher et le gouvernement (c’est tout à son honneur) se refuse à galvauder l’argent que lui confient les français sous forme d’oboles diverses connues plus généralement sous le nom d’impôts et taxes.
À la télévision, la durée de chaque spot thématique est prévu pour une durée de 20 secondes mais il est complété par un spot « générique » de 45 secondes. Un total fort raisonnable de 1630 spots est prévu entre le 23 juin et le 11 juillet pour nous persuader que le gouvernement est bien décidé à garantir notre pouvoir d’achat ainsi que l’a promis le président Tsarkozy lors de la campagne présidentielle du candidat Sarkozy.
Les slogans sont très convaincants qui commencent chaque spot par le rappel d’un but commun aux français et à ceux qui les gouvernent : « Vous êtes impatients. Nous aussi » pour se terminer par une promesse qui, personnellement, m’enchante par la qualité soigneusement élaborée de son imprécision : « C’est mois après mois que nous gagnerons la bataille du pouvoir d’achat ».
Mois après mois, hein ?
C’est ce que devait promettre Bertrand du Guesclin à ses troupes pour les motiver : « mois après mois nous gagnerons la bataille contre les anglois. »
Il faut rendre cette justice au gouvernement qu’il a su marchander auprès de l’agence Young & Rubicam chargée d’orchestrer cette campagne publicitaire puisqu’elle ne coûte que 4,33 millions d’euros.
Chacun jugera selon l’enseignement qu’il retirera de ce matraquage. Pour ma part, cette propagande me rappelle trop une phrase reprise dans un sketch de l’un de mes maîtres à penser, le regretté Michel Colucci : « Écrivez nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer. » et je trouve que 4,33 millions d’euros dépensés pour ce résultat, c’est cher payé.
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Le gif radio provient du site :
http://www.gifsmaniac.com/

Chômeur : qu’est ce qu’un chômeur ? Définition.

24 juin 2008

a anpe Chômeur - Définition donnée par les chômeurs dépressifs : personne sans emploi
n anpe Chômeur - Définition revendiquée par les chômeurs dynamiques : personne en recherche d’emploi.
p anpe Chômeur - Définition avouée par les travailleurs : personne… Dérangeante. Être à part assimilé un peu à un handicapé physique ou un grand malade et vis-à-vis de qui on ne sait jamais quel comportement adopter.
e anpe Chômeur - Définition tranchée des patrons d’entreprises en quête de personnel : individu qui engendre des tas d’interrogations. Interrogation concernant la qualification du prétendant pour l’emploi proposé, interrogation à propos de sa réelle motivation, interrogation sur sa productivité souhaitée,…
Somme toute, ni les chômeurs, ni les travailleurs, ni les patrons n’ont une véritable vision du chômeur et pourtant, si l’on en croit Monsieur Serge Dassault, il est évident que le chômeur est tout simplement un cumulard.
Cette évidence, il l’a démontrée le 19 juin 2008, une date que l’histoire retiendra sans aucun doute. Et on peut faire confiance à Monsieur Serge Dassault pour savoir de quoi il parle puisqu’il est, de même, un cumulard.
Mais qui est Serge Dassault ?
Et bien, le principal mérite de Serge Dassault est d’être le fils de Monsieur Marcel Dassault ce qui lui aura permis d’associer les charges de patron d’industrie et de presse avec, maintenant, celle d’homme politique.
Aussi lorsque Serge Dassault qui affiche, à juste titre, une très haute estime de lui-même parce que sa filiation, le résultat de son travail (n’en doutons pas) et le cumul de ses charges font de lui une des personnes les plus fortunées du monde, déclare que le chômeur cumule fainéantise et profit illicite, on peut le croire sur parole.
fainéant 1 Bon, d’accord, il ne l’a pas dit en ces termes concis.
Mais vous concevez une autre traduction, vous, à ces déclarations :

    - « Prime pour l’emploi, et bientôt RSA… C’est quand même anormal de vouloir donner de l’argent de l’État, qui n’en a pas beaucoup, à des gens qui ne veulent pas travailler parce qu’on les paye trop et coûtent aussi beaucoup d’argent à l’État.»
    - « On réduirait carrément les aides aux chômeurs, ce serait quand même plus efficace si on veut les faire travailler que de vouloir donner de l’argent sur le denier de l’État. »
    - « Le problème n’est pas seulement de trouver de l’emploi mais aussi que l’assistance et les aides diverses aux chômeurs sont trop élevées, à mon avis, pour qu’ils aient une certaine envie de travailler. »

Et bien, il a raison Monsieur Serge Dassault et c’est une ancienne chômeuse qui vous le dit.
Ainsi, moi, quand j’étais chômeuse, j’étais payée à me prélasser et j’en profitais.
Mais que je vous raconte ma vie de rêve de femme entretenue - non par l’État mais par l’ASSEDIC qui avait prélevé des cotisations sur mes salaires pendant bon nombre d’années.
journal 1 appel téléph.Je l’avoue, je dépensais les sous de l’Assedic à acheter des journaux dont un qui s’appelle Le Figaro (qui appartient à qui, déjà ?) pour le seul plaisir d’y lire les annonces d’offres d’emplois. Je dépensais les sous de l’Assedic en achetant les timbres postaux pour affranchir les courriers que je passais mon temps à écrire (sans jamais utiliser les facilités du copié/collé offertes par mon ordinateur pour être certaine de retenir l’attention des lecteurs auxquelles elles étaient destinées et qui exigeaient des lettres manuscrites). Je dépensais les sous de l’Assedic en téléphonant pour connaître les résultats obtenus par mes courriers, pour solliciter des rendez-vous. Je dépensais les sous de l’Assedic pour voyager dans le seul but de rencontrer ces gens qui avaient dépensé les sous de leur entreprise pour faire publier une annonce dans les journaux dont l’un qui s’appelle Le Figaro (et qui appartient… Mais à qui donc ?)
Il est donc avéré qu’à l’instar de la majorité des chômeurs je dilapidais allègrement les sous généreusement alloués par l’ASSEDIC en distractions oiseuses.
Mais je ne pense pas que Serge Dassault, qui ne connaît pas et ne risque pas de jamais connaître le chômage, dont l’entourage et les personnes qu’il fréquente ne connaissent pas et ne risquent pas de jamais connaître le chômage, ait une idée bien précise de la vie du chômeur.
Pour Serge Dassault le chômage représente une multitude d’individus rétribués… À ne rien faire… Et donc son raisonnement est cohérent, son inquiétude compréhensible.
Dans la logique de Serge Dassault, quel individu serait assez fada pour aller gagner un salaire à la sueur de son front ou de ses neurones alors qu’il peut se voir offrir de l’argent en se contentant de fainéanter devant son écran de télévision, le derrière confortablement posé sur les coussins d’un sofa ?
Or, le désarroi de Serge Dassault peut s’expliquer à partir du moment où on découvre qu’il ne connaît pas l’existence de l’Assedic et qu’il croit les chômeurs assistés financièrement grâce aux fonds de l’État.
On pardonnera cette légère erreur à Monsieur Serge Dassault ; un patron/employeur n’est pas forcément informé de ces subtilités. Serge Dassault sait il seulement qu’en février dernier, Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du groupe Figaro, incitait 40 journalistes à quitter « volontairement » leur emploi alors que le journal réalisait un bénéfice de 2 millions d’euros ? Depuis le nombre de salariés invités à faire leur bagage a encore évolué, pratiquement doublé mais, comme on le sait, en ce moment tout augmente.
Toujours est il que l’on peut comprendre l’angoisse de Serge Dassault à partir du moment où il croit que l’argent de l’État est généreusement distribué à des chômeurs.
avion Rafale La prodigalité de l’État lui fait en effet courir le risque de voir disparaître des subventions que lui mérite plus que tout autre - et certainement plus que des oisifs dispendieux -. Comme la subvention accordée pour Le Rafale, par exemple. Vous savez, cet avion que les marocains ont refusé d’acheter.
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Les lettres ANPE et l’illustration avec le téléphone
proviennent du site : http://corigif.free.fr/
L’homme dans le hamac est un gif du site :
http://www.lesgifsa-bijou.com/
La lectrice de journal a été emprunté au site :
http://www.stage-emploi.com/premier-emploi/

Les assassins sont (toujours) parmi nous

16 juin 2008

Pour plagier une légende attribuée à notre regrettée Samaritaine, on trouve tout sur le Net. À cette variante près que la Samaritaine avait pour vocation d’offrir un choix de marchandises utiles et tangibles alors que l’univers incorporel du Net propose le meilleur comme le pire.
Le meilleur, ce sont les multiples informations qu’il met à notre disposition, les connaissances qu’il nous permet d’acquérir, l’évasion qu’il nous procure.
gangster Le pire ce sont les sites pédophiles ou xénophobes ou encore la publication de photos intimes livrées à la curiosité malsaine de tous sans l’accord des intéressés.
Le pire c’est, hélas aussi, la possibilité offerte à une agence spécialisée dans le crime d’y commercer en toute légalité.
Il m’est pénible de lui faire de la publicité en dévoilant ici les coordonnées de son site : http://www.voyage-chasse.com et je vais donc tenter de me consoler, à défaut de me disculper, en communiquant l’adresse d’un site beaucoup plus honorable qui se fait un devoir de dénoncer tous les scélérats qui exercent leur malfaisance sur la gente animale.
Sur ce site, http://www.stop-animals-genocid.com/,une pétition vous est proposée que vous signerez si, comme je l’espère, je suis parvenue à vous faire partager mon indignation après avoir lu ce qui suit.
Je tiens de suite à préciser que, si je n’aime pas la chasse, je n’éprouve aucune hostilité vis-à-vis des chasseurs et reconnais même leur utilité. Sans eux, la prolifération des lapins de garenne dévoreurs de racines, des renards prédateurs qui s’aventurent jusque dans les villes, des cervidés rongeurs d’écorce d’arbres, favoriserait une véritable nuisance écologique.
Ce que, par contre, je hais, c’est cette programmation de la mort créée pour remplir les poches d’individus qui se donnent bonne conscience en la combinant avec le tourisme.
Si vous avez la curiosité de découvrir la bobine du concepteur de ce projet qui se veut spécialiste de la cynégétique (et qui est assez cynique pour s’en vanter) ainsi que de ses quatre acolytes, il vous suffit, alors que vous êtes sur la page d’accueil, de positionner votre curseur sur la ligne « L’agence de voyage » et de cliquer sur la rubrique « présentation ».

    (En ce qui me concerne, cela m’a permis de copier les photos de ces énergumènes et de m’offrir le plaisir de les utiliser comme cible pour jouer aux fléchettes.)

***affiche film chasse dragon Recommandation aux clones de Gwizdo et Lian-Chu* qui caresseraient l’espoir de voir exhiber leurs trophées de chasse sur le site marchand de rêves sanglants : évitez de cliquer sur la rubrique « vos souvenirs » accessible sur la ligne « Spécial chasseurs ». En effet, des photos non revendiquées grâce aux signatures de leurs auteurs m’incitent à fortement douter qu’elles soient représentatives des exploits réellement réalisés (ou des meurtres réellement commis) par les clients de l’agence.
Ceci dit, voici une agence qui sait allécher le chaland, qui sait interpeller le sniper qui sommeille dans tout être anormalement constitué.
Que vous soyez riche ou misérable, l’agence voyage-chasse.com est capable de vous satisfaire comme l’indiquent ses programmes.
Songez donc que pour un safari de 21 jours consacré à traquer un malheureux éléphant à Johannesburg, il vous en coûtera seulement un peu moins de 23.000 euros et que pour un prix encore plus abordable d’environ 10.700 euros vous pourrez poursuivre un buffle pendant 7 jours au Bénin. Et, toujours au Bénin, si vous acceptez de débourser un peu plus de 14.500 euros vous disposerez de 12 jours pour affronter et tirer un lion. (Le surcoût de 3800 euros m’a laissé expectative. Est-il motivé par les 5 jours supplémentaires ou par la noblesse de seigneur lion ?)
Mais il se peut que ces programmes soient trop onéreux pour votre budget de chasseur sans emploi Rmiste ou de chasseur travailleur smicard.
Peu importe, voyage-chasse.com se fait fort de solutionner tous vos problèmes et vous propose une expédition en Bulgarie pour une modique somme de moins de 2.100 euros. (À titre de comparaison, c’est actuellement le prix de quelques pleins d’essence pour aller bosser ou pour chercher un boulot ; alors vous n’allez pas mégoter, n’est ce pas ?)
Mais quid, vous inquièterez-vous à juste titre, d’un programme de chasse à si bas prix ? Pratiquement un prix discount.
cerf Et bien, il s’agit de 6 jours prévus pour la chasse du cerf au brame. Le brame étant, je le rappelle, un appel rituel qui sert de démonstration de puissance aux mâles et qui est destiné à appeler les femelles. Abattre un cerf au moment du brame alors qu’il est forcément distrait et donc moins vigilent aux dangers possibles, quel exploit !
L’agence fait même commerce de vêtements. Une activité rentable et très utile à ceux qui partent sans en avoir préalablement mûri le projet. Par exemple, comme tel ou tel qui, après avoir saisi leur fusil de chasse dans un moment de folie meurtrière, pour abattre leur chef de service vraiment trop odieux ou l’inspecteur des impôts qui les harcèle, retrouvent une partie de leur sang-froid et préfèrent transférer leur agressivité sur d’innocentes bestioles.
Mesdames, Messieurs les assoiffés de sang, vous avez enfin trouvé l’agence idéale qui va vous dorloter, vous chouchouter, vous mignoter, pour faire bref, vous concocter un voyage digne des aventuriers intrépides que vous êtes.
Elle vous fournit tout, absolument tout : l’armurier, le taxidermiste, les guides, et bien sûr, comme toute agence de voyages qui se respecte, les transports, séjour, assurances,…
Elle affiche :

    - des programmes de voyages dans tous les pays représentant des territoires de chasse potentiels et ils sont bien rares les endroits du monde qui échappent à leur rage destructrice. Parmi eux, je citerai l’Inde (par pure vacherie ? Vous croyez ?), les pays du Moyen Orient (que les valeureux chasseurs, bravaches mais pas téméraires, préfèrent éviter de peur, sans doute, de s’y retrouver gibier), les Pôles, celui du nord et celui du sud (des régions que le froid extrême rend sans doute peu attractif aux assassins prêts à sacrifier de malheureuses bêtes mais pas leur petit confort), la Chine (sans doute jalouse de sa priorité à commettre des exactions sur la faune qui peuple son territoire et ne supportant pas la concurrence),…
    capibara sitatunga
    - un tableau de chasse avec tous les gibiers susceptibles de devenir les victimes des forcenés de la gâchette, qu’ils soient gibiers d’eau, dans les airs ou sur terre, gros, petits ou ailés, et bien peu échappent à la liste prometteuse de massacre. Je remarque que la chasse aux requins ou aux orques n’est pas prisée et on se demande pourquoi ? Je doute que ce soit par souci d’écologie.
    Ceci dit qui ne rêverait d’étaler un patchwork composé de fourrures de capibaras devant sa cheminée ou d’orner le mur de son salon de la ravissante tête d’un sitatunga ; des animaux dont je ne connaissais ni le nom ni l’existence avant d’arriver sur le tableau de chasse de cette agence spécialisée dans l’horreur.

J’ose espérer que les tartarins clients de cette agence ne sont pas les mêmes individus qui maudissent les guerres tueuses, qui se scandalisent de la peine de mort encore infligée dans certains pays, qui s’indignent du meurtre d’un être humain commis par un autre être humain, car ils sont responsables de ce commerce abject qui s’enrichit du massacre d’animaux innocents.
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l’illustration du bandit est une image partielle extraite du site :
www.clipart-fr.com
le gif du cerf provient du site :
http://www.vracimages.com/
un clic sur l’affiche du film dévoile son synopsis
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Cette chronique est dédiée à Hélène du site : http://greatcats.fr/
qui m’a alertée sur la présence de cette agence sur La Toile

La chrétienté martyre ; vocation ou fatalité ?

11 juin 2008

inquisition Comme tout agnostique, je suis respectueuse des croyances religieuses des autres. Encore que j’avoue professer une certaine défiance à l’égard de l’Église catholique qui, dans son passé, s’est montrée trop souvent dominatrice en faisant usage de violence et de cruauté. Encore que je reconnais éprouver un mépris certain s’agissant de certains chrétiens qui se sont montrés si peu charitables en organisant ou en tolérant les pogroms, en commettant des agressions contre d’autres communautés religieuses.
Or, et alors que je croyais naïvement la chrétienté encore et toujours souveraine dans le monde, j’entends évoquer une discrimination de plus en plus prononcée, de plus en plus active, de plus en plus inquiétante, à l’égard des chrétiens.

    - En Corée du Nord où le christianisme est considéré comme une menace pour la stabilité du pays, des milliers de chrétiens sont pourchassés et enfermés dans des camps de travail. Un grand nombre d’entre eux est torturé et exécuté.
    - Au Bhoutan, la religion chrétienne n’a pas d’existence officielle et les chrétiens ne sont pas autorisés à prier ou se réunir en public. Le gouvernement interdit également toute réunion privée religieuse réunissant plusieurs familles. Les enfants de familles chrétiennes ont le droit d’aller à l’école mais l’accès aux hautes études est refusé aux étudiants dont la foi chrétienne est connue.

Pr Schirrmacher Selon le professeur Thomas Schirrmacher, directeur de la Commission sur la liberté religieuse de l’Alliance évangélique allemande, au moins 55 000 chrétiens sont tués chaque année à cause de leur foi. Les chrétiens d’Inde, d’Indonésie et du Pakistan sont le plus en danger.

Et ce n’est pas nouveau.

    - Ainsi, depuis 2006 l’Algérie restreint de façon significative le droit à l’exercice d’autres religions que la religion musulmane ainsi que le démontre l’ordonnance n°06-03 adoptée par les députés de l’Assemblée Populaire Nationale Algérienne et publiée au Journal Officiel en Algérie le 1er mars 2006, ordonnance qui fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulman.
    - Au Yémen, la Constitution garantit la liberté de religion mais elle déclare aussi que l’islam est religion d’Etat et que toute législation a pour source la loi islamique (charia). Les habitants ne sont pas autorisés à se convertir au christianisme (non plus d’ailleurs qu’à toute autre religion) et les convertis d’origine musulmane risquent la peine de mort s’ils sont découverts.
    - En Somalie où l’islam est la religion officielle, les chrétiens représentent moins de 1% des Somalis. Ils sont contraints de pratiquer leur foi en secret et subissent de très fortes pressions sociales surtout dans les zones rurales du pays. La justice est conduite selon des règles locales dans chaque région : arbitrage sur les traditions des clans, justice séculière ou charia.
    - En Iran, et surtout depuis que l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a été élu président en 2005, même si les chrétiens font partie des minorités religieuses reconnues et que la liberté de religion leur soit garantie, ils sont souvent en but au harcèlement et à la discrimination à cause de leur foi.
    - En Afghanistan, la liberté de religion est prévue dans la Constitution du pays, mais cette même Constitution interdit aussi toute loi ou disposition qui serait contraire à l’islam. Le nombre de chrétiens existant en Afghanistan est estimé à 0,01% de la population totale. Ceux qui se convertissent au christianisme doivent affronter les pressions de la part de la famille et de la société : insultes, intimidations, agressions physiques, perte d’emploi, voire prison.

catacombes Pourtant, je ne crois pas que le prophète Allah ait commandé des principes de haine à l’encontre des chrétiens et je ne crois pas non plus que la religion islamiste enseigne l’antagonisme vis-à-vis des autres cultes.
Les chrétiens vont ils de nouveau être contraints de se réfugier dans des catacombes pour avoir des chances de survivre ?

Parce que vous le voulez bien

4 juin 2008

Si le sujet de cette chronique faisait l’objet d’un rébus, voici comment je le présenterais :

    Mon premier est bouche bée
    devant mon deuxième qui attribue une note de bon ton
    à mon troisième qui rime avec estival,
    le tout révélant le nom d’une marque de cosmétiques.

Vous avez trouvé, bien sûr, le nom de cette marque rendue célèbre par sa publicité qui vous prend pour des gogos en prétendant que « Vous le valez bien » et qui a bien raison puisque vous enrichissez son Groupe car « Vous le voulez bien ».
Pin Up Je sais que le but d’une publicité est de faire vendre, que pour vendre il faut savoir donner l’envie d’acheter - CQFD – et, comme le montrent les images à chaque spot télévisé ou par voies d’affichages divers, comme le serinent les slogans radiophoniques, l’exagération à outrance ne gêne pas les publicistes.
Cela, Coluche l’a démontré bien mieux que moi dans un sketch qui a assuré la postérité à des dragées laxatives dont il a décrit la performance des résultats avec un luxe de détails absolument hilarant. Mais ce qui me gêne plus particulièrement dans la publicité faite par ce Groupe distributeur de marques de cosmétiques c’est sa puissance financière qui lui offre une force de matraquage qui confine au « bourrage de crânes » ; terme que j’emploie pour ne pas risquer une plainte pour diffamation en usant de celui qui me venait tout naturellement à l’esprit : « lavage de cerveaux ».
bouche oreal Et je dois l’avouer, à ma grande confusion, si nous, femmes, nous gaussons de la propension des mâles à se juger en fonction de leur virilité, force m’est de reconnaître que nous manquons de logique quand nous voulons qu’on nous apprécie pour notre intelligence plus que pour nos attraits physiques mais que nous complexons dès que notre miroir nous renvoie l’image affolante d’un bouton sur le nez ou traumatisante d’un herpès sur la lèvre.
Que dire alors de notre aspect général dont nous ne sommes jamais satisfaites (jambes trop courtes ou trop maigres, seins inexistants ou hypertrophiés, fesses tombantes ou exagérément callipyges, etc. etc.) et qui, effectivement, ne répond jamais aux critères de beauté tels que nous les présentent les magazines de mode.
Étonnez-vous ensuite que des adolescentes deviennent anorexiques dans l’espoir de ressembler aux stars du mannequinat alors que des diplômées d’études supérieures, des agrégées, des polytechniciennes, font preuve d’une naïveté inconcevable, se montrent incapables d’esprit critique eu égard à l’arnaque que constituent les promesses fallacieuses des marchands de produits cosmétiques.
Quiconque demanderait à ces intellectuelles de haut niveau si elles se complaisent à lire des romans de la collection « Arlequin » se verrait rabrouer ou toiser avec mépris tant il leur paraîtrait insultant de les croire capables de rêver en lisant des récits à l’eau de rose. Pourtant ces mêmes intellectuelles de haut niveau se rendent allègrement complices des marchands de cosmétiques en se berçant de l’illusion que leurs produits va transformer avantageusement leur physique.
regard oreal Nous sommes donc des victimes toutes trouvées, des proies consentantes et crédules pour le Groupe qui trompette avec la force de conviction d’un bonimenteur que « Nous le valons bien » .
Et bien, sachez le mes amies, mes sœurs,

    • Si vous avez le cheveu raide, rachitique et fadasse, utiliser les colorations « Excel-Intensity-Natur. » ou « Frisures sublimes » ne vous permettra pas d’obtenir une chevelure luxuriante ou mutine telle celles qui parent Andie Mac Dowell, Scarlett Johansson, Pénélope Cruz, ou Rachida Brakni
    • Si vous avez la paupière tombante, l’œil globuleux, des poches sous les yeux, demander le secours de la palette « Color Appât » ou du Mascara « Volume » ne vous donnera pas le regard intense, lumineux ou ombrageux de Noémie Lenoir, Aishwarya Rai ou (et oui, toujours elle) Pénélope Cruz (qui d’ailleurs s’est vue affublée de faux cils pour répondre aux exigences sans concession de la caméra)
    • Si vous avez la lèvre mince que l’on attribue à un tempérament avaricieux, vous farder avec un rouge de la gamme « Star’S » ne la rendra pas charnue et gourmande à l’image de celles de Linda Evangelista ou Laetitia Casta
    • Si vous avez le buste un peu trop mamelu, un ventre qui vous attire des félicitations pour l’heureux événement que bien à tort on lui attribue, le bas du dos un rien trop fessu, user et abuser du « Gel Perfect » ne vous donnera en aucun cas la silhouette voluptueuse et sensuelle d’Eva Longoria
    • Et si vous avez le teint plombé ou bilieux, n’espérez pas obtenir un visage juvénile et radieux identique à celui de Virginie Ledoyen en vous tartinant de crème « Happy D »

Aucune génération n’est épargnée par les filets de pêche du plus important groupe vendeur de cosmétiques ; même les flétries, les ridées, les abîmées par les ravages du temps, celles dont la peau est joliment et poétiquement qualifiée de « mature » par le Groupe flagorneur, ont droit à leur dose d’illusion avec le remodeleur collagène ou la crème Perfect qui leur garantissent la fraîcheur de Claudia Schiffer ou le visage lisse et serein de Jane Fonda.
Il semble toutefois que certaines peaux résistent effrontément à l’efficacité des cosmétiques du Groupe alors qu’elles ne sont même pas encore atteintes par la maturité. Je ne vois que cette explication à l’exclusion par le Groupe de la chanteuse australienne, Natalie Imbruglia, virée manu militari en juillet 2007 après 5 ans de loyaux services.
Pour en revenir à vous, mes amies, mes sœurs, comment vous rendre un peu de la jugeotte qui vous dissuadera d’engraisser ce Groupe vendeur d’illusions ?
Et bien vous pourriez vous demander, par exemple, comment il se fait qu’il soit dirigé par une très grande majorité masculine ?
Vous pourriez également regarder les photos des quelques rares femmes appelées à des postes à responsabilité telles que Odile Roujol, Directrice générale, Brigitte Liberman, Directrice Générale de la Division cosmétique Active, ou encore la jeune marocaine Ghalia El Yacoubi, toute dernière, à ma connaissance, à avoir été nommée Directrice Générale de la Division des Produits Professionnels au Comité de Direction du Maroc. Des femmes certes agréables à regarder mais pas au point de rivaliser avec les ravissantes sirènes qui vantent avec leurs adorables accents exotiques les performances des produits cosmétiques distribués par le Groupe.
Enfin, quelle garantie avez vous que ce soit grâce à l’utilisation des produits dont elles font l’éloge que ces vamps « Valent bien » leur éclatante beauté ? Vous êtes vous seulement posé la question ? Et tant qu’à vous poser des questions, pensez-vous réellement que ressembler à ces modèles stéréotypés vous procurerait automatiquement le bonheur ?
visage oreal Avec juste un peu de jugeotte vous sauriez qu’il suffit d’un sourire mutin, un œil pétillant de malice, un corps gentiment potelé pour vous assurer un charme incomparable qui occultera toutes les petites imperfections naturelles propres à votre personnalité irremplaçable.
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La pin up a été empruntée à :
http://bylbie.over-blog.com/
La bouche, à :
http://koukoucesmoi.centerblog.net/
Le visage est un format réduit d’une illustration empruntée à :
http://mimi40.centerblog.net/

Un capitaine courageux

21 mai 2008

Drapeau Israël.1 C’est le 14 mai 1948 que l’État hébreu a proclamé son indépendance mais les israéliens célèbrent cette commémoration le 8 mai en fonction du calendrier juif et, ce 08 mai 2008, Israël a fêté le 60ième anniversaire de sa naissance.
La date exacte n’a d’ailleurs pas d’importance pour Yossi Harel qui est décédé à Tel Aviv le 26 avril dernier à l’âge de 90 ans et je trouve dommage que la Grande Faucheuse, assez coutumière de ce genre d’injustice, ait empêché Yossi Harel de fêter le 60ième anniversaire d’Israël, lui qui a amplement contribué à sa naissance.
Yossi Harel et son frère jumeau sont nés sous le nom de Hamburger le 04 janvier 1918 à Jérusalem.
Alors que l’histoire n’a aucune raison de mémoriser le prénom de son frère jumeau, il est à espérer qu’elle ne laissera jamais tomber dans l’oubli celui de Yossi Harel puisque c’est sous ce nom que Yossi Hamburger a connu un destin exceptionnel et que des milliers d’israéliens de plusieurs générations lui doivent la vie.
Après avoir exercé plusieurs petits métiers, Yossi Harel, âgé de seulement 14 ans, quitte sa famille pour joindre la Haganah, l’organisation paramilitaire juive qui opérait alors en Palestine sous mandat britannique et qui deviendra plus tard le noyau des militaires d’Israël. Pendant la deuxième guerre mondiale, il rejoint l’armée britannique et sera sérieusement blessé en combattant en Grèce. Il travaille ensuite pour transporter autant de juifs qu’il le peut en Palestine que ce soit de manière légale ou illégale. Selon le Daily Telegraph Yossi Harel aurait même été envoyé en mission secrète en 1946 pour fournir de l’or à des agents en Grèce en vue de subordonner les gouvernements européens afin d’accélérer le passage des juifs en Palestine.
Shoah Car Yossi Harel est entré dans la légende en introduisant en Palestine plus de 24.000 immigrants juifs rescapés du génocide orchestré par les nazis soit près d’un tiers des réfugiés juifs arrivés illégalement en Palestine placée sous le mandat de la Grande-Bretagne qui imposait à l’époque de strictes limitations du nombre d’immigrants juifs autorisés à s’installer en Palestine.
C’est alors qu’il était devenu membre du Palmach, unité de commandos de la Haganah, qu’il avait été remarqué par David Ben Gourion, futur fondateur d’Israël, et par Shaul Avigur, qui dirigeait alors l’immigration illégale en Palestine. Tous deux décidèrent de lui confier l’organisation du convoiement des juifs vers un Etat qui n’existait pas encore et c’est ainsi qu’entre 1945 et 1948 Yossi Harel a transporté des transfuges sur quatre navires : le Knesset Israel, l’Atzmaut, le Kibbutz Galuyot, et bien sûr, le plus célèbre d’entre eux, l’Exodus.
Exodus Celui que le romancier israélien, Yoram Kaniuk, appelle « un cow-boy sioniste » dans son livre « « Il commanda l’Exodus » a transporté 4.500 survivants de la Shoah de France en Palestine en 1947 sur le navire rendu mythique grâce au film - tiré de son odyssée et réalisé par Otto Preminger - qui montre comment des bâtiments de la marine britannique ont arraisonné l’Exodus à une trentaine de kilomètres des côtes de la Palestine. (La Grande-Bretagne a ensuite renvoyé les passagers de l’Exodus en Europe sans se soucier du risque qu’ils courraient d’y être exterminés.)
Lors de son enterrement le 28 avril 2008, au cimetière du kibboutz Sdot Yam, au sud de Haïfa, le président Shimon Pérès et le ministre de la Défense Ehoud Barak lui ont rendu hommage.
Le président a déclaré : « Je suis venu me séparer de toi Yossi, pas seulement d’un ami cher que j’ai connu et apprécié. Je suis venu te dire un grand merci. Le peuple ne sait pas toute la gratitude qu’il te doit et il convient de le rappeler d’une voix forte et puissante. Aucune fonction, aucun niveau, ne pourront raconter ton histoire. Yossi était doté d’une profonde faculté de compréhension. L’adage : “Se battre contre la ruse, et réussir grâce à l’intelligence”, lui convient parfaitement, lui qui a appliqué les deux. »
Yossi Harel
Moi, qui admire le héros, celui qui, à mes yeux incarne la vaillance et la détermination d’Israël à exister, je souhaite à Yossi Harel de reposer en paix et, si un paradis existe au delà de la mort, je lui souhaite d’y séjourner pour l’éternité.